Le Mila mise sur les applications de l’intelligence artificielle qui influencent la vie de tous les jours.
Le Mila mise sur les applications de l’intelligence artificielle qui influencent la vie de tous les jours.

Google réinvestit quatre millions $ sur trois ans au Mila, pour la recherche sur l'IA

Jessica Beauplat
La Presse Canadienne
MONTRÉAL — Google renouvelle son engagement envers l’Institut québécois d’intelligence artificielle, le Mila, avec un investissement de quatre millions $ sur trois ans. Dirigé par Yoshua Bengio, l’un des pionniers de l’intelligence artificielle (IA) dans le monde, le Mila poursuivra ses recherches sur les différentes applications de l’IA, notamment dans le secteur de la santé et de la lutte contre la COVID 19.

 Selon M. Bengio, «l’investissement de Google nous permettra de faire des recherches pour repousser les limites de l’intelligence artificielle».

Google avait déjà versé 4,5 millions $ sur trois ans en 2016, ce qui a permis au Mila de croître et de passer de 25 à 519 chercheurs.

Le directeur de Google IA à Montréal, Hugo Larochelle, résume en deux mots la raison de cet appui au Mila : Yoshua Bengio. Partout au monde, de grandes avancées dans le domaine de l’IA découlent directement des travaux du professeur de l’Université de Montréal et directeur du MILA, explique-t-il.

«Il s’est lancé dans la production d’un écosystème, pour créer un environnement de première classe, pour soutenir la formation de la prochaine génération de chercheurs et ses efforts portent fruit», selon M. Larochelle.

L’IA pour combattre la COVID-19

Le Mila mise sur les applications de l’IA qui influencent la vie de tous les jours. L’équipe du Mila travaille actuellement sur LambdaZéro, un algorithme qui aidera les scientifiques à trouver les molécules les plus efficaces pour fabriquer de nouveaux médicaments. Ce système permettra de prédire quelles combinaisons auront le plus de chances de fonctionner.

Pour le moment, le processus pour trouver un bon remède prend en moyenne dix ans, puisqu’il existe une si grande quantité de molécules que les combinaisons possibles sont quasi infinies. Les scientifiques sous la gouverne de M. Bengio veulent développer un outil qui prédira la bonne combinaison beaucoup plus rapidement.

En janvier, grâce au projet LambdaZéro, ils entameront d’ailleurs des tests pour identifier un nouveau médicament capable de combattre la COVID-19.

Investir pour l’avenir

Montréal poursuit son marathon pour conserver sa place dans le peloton de tête de l’écosystème mondial de l’intelligence artificielle (IA) grâce à différents investissements du secteur privé, mais également grâce au soutien financier des gouvernements provincial et fédéral.

Dans le cadre de la Stratégie pancanadienne en matière d’intelligence artificielle lancée en 2017 par le gouvernement fédéral, 125 millions $ ont été octroyés à différents groupes de recherche. La directrice de la Stratégie, Elissa Strome, estime que 30 % de cette somme a été versée au Mila.

Ces investissements sont nécessaires, non seulement pour attirer des étudiants et chercheurs de talents, mais également les garder au pays. La compétition dans ce secteur est très forte, rappelle-t-elle, d’où le besoin de créer un environnement favorable au développement de l’IA pour encourager la relève.

En trois ans à peine, Mme Strome a vu le visage de l’industrie se transformer. Elle a noté une augmentation de 50 % de l’investissement étranger en IA au Canada.

C’est un secteur novateur qui met au point une variété d’applications intelligentes qui peuvent permettre de réduire les coûts du système de santé avec des outils qui gèrent l’horaire des patients, des employés ou des salles d’opération, donne-t-elle en exemple.

Ce reportage a été préparé dans le cadre du programme de Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.