Jean-Philippe Provost, Jean-Nicolas Dupéré et Bryan Furlong transformeront l’ancienne chaufferie de l’Imperial Tobacco en microdistillerie. Ils se lancent dans cette aventure avec Benoit Galipeau et le distillateur, Vincent Van Horn.

Du gin et de la vodka façon Granby

Du gin et de la vodka seront produits au centre-ville de Granby dès l’an prochain. Près d’un million de dollars sera investi pour rénover l’ancienne chaufferie de l’Imperial Tobacco et y aménager une microdistillerie qui portera le nom de l’immeuble : La Chaufferie.

Cinq amis et partenaires d’affaires se lancent dans cette aventure. Il s’agit de Jean-Nicolas Dupéré et Jean-Philippe Provost, tous deux d’Avenue Finance, de même que des avocats Bryan Furlong et Benoit Galipeau, de la firme Archer Avocats. Le maître distil­lateur, Vincent Van Horn, qui habite Frelighsburg et a fait ses classes auprès de la Cayman Spirits­ Co., dans les îles du même nom, complète le groupe. Un « pool » d’investisseurs pourrait aussi s’ajouter. 

C’est la passion du gin qui les a réunis, a lancé en riant à La Voix de l’Est Bryan Furlong, lors d’une visite des lieux cette semaine. Lui-même envisageait de transformer la grange de sa terre agricole en microdistillerie. Mais une rencontre fortuite avec Jean-Nicolas Dupéré et Jean-Philippe Provost, qui travaillaient déjà sur le projet avec Vincent Van Horn, l’a incité à revoir ses plans. 

À la recherche de l’emplacement parfait, le groupe d’actionnaires a eu un véritable coup de coeur pour les installations centenaires de la Chaufferie, rue Saint-Jacques, voisine du restaurant l’Attelier d’Archibald­. Le propriétaire de l’endroit, Gérald Scott, n’a pas été bien long à convaincre, semble-t-il. La Ville de Granby a modifié le zonage pour permettre ce type d’activités et un bail a été signé. 

Du gin et de la vodka seront fabriqués dès l’an prochain au centre-ville de Granby, dans les installations revampées de la Chaufferie.

Travaux

La Chaufferie avait déjà été vidée de ses équipements de chauffage et décontaminée depuis quelques années. Elle était en attente d’une nouvelle vocation. Bryan Furlong affirme que l’immeuble est taillé sur mesure pour une microdistillerie.

Le cachet patrimonial et industriel des lieux sera d’ailleurs mis en valeur. « Ça va probablement être une des seules distilleries du genre au Québec, à cause de sa location — habituellement, les distilleries sont plus dans les quartiers industriels —, mais aussi à cause de l’immeuble », estime M. Furlong. 

Les travaux de rénovations débuteront en février ou en mars 2018. Les fenêtres seront entre autres fabriquées par des artisans. Les associés prévoient être pleinement opérationnels en juin ou en juillet.

L’endroit est réparti sur deux paliers, dont le plus bas offre des plafonds d’une hauteur d’une trentaine de pieds. C’est précisément à cet endroit que les équipements de fabrication, dont l’alambic, seront installés. 

Jean-Nicolas Dupéré souligne que les lieux seront aussi pourvus d’un silo à grains, ce qui permettra à La Chaufferie de se distinguer. « On va partir du grain, contrairement à d’autres qui achètent de l’alcool de grains, ne le distillent pas et ne font que l’aromatiser », dit-il. 

Un salon de dégustation et une boutique sont prévus à l’étage supérieur. Des activités corporatives pourront y être organisées. 

Produits 

La Chaufferie prévoit offrir pour débuter un gin et une vodka. Les produits locaux seront favorisés puisqu’un calvados, élaboré avec des pommes, et un brandy, avec des raisins, sont projetés. 

Selon les associés, les premiers échantillons passent déjà les tests de goût haut la main. Leur gin aurait aussi des adeptes parmi la clientèle féminine. « On a déjà soumis certains de nos produits à des gens qui seraient prêts à les exporter ou à les vendre. Tout le monde en raffole. (...) On a hâte de gagner des concours. On le souhaite, en tout cas », affirme Bryan Furlong.

Éventuellement, les actionnaires de la microdistillerie aimeraient aussi aménager une terrasse extérieure, entourée des aromates (genévrier, lavande, romarin, coriandre, etc.) utilisés dans la préparation des alcools.

Selon Jean-Philippe Provost, cela fait plus d’un an que le projet est dans l’air et que le groupe fait ses devoirs, établit des contacts avec des fournisseurs d’équipements et d’accessoires et visite d’autres distilleries. 

Les associés de La Chaufferie espèrent maintenant que, d’ici à ce que leur premier gin soit prêt, des modifications seront apportées à la réglementation provinciale pour permettre aux titulaires d’un permis de distillateur de vendre leurs produits sur place et d’y organiser des dégustations.