Marie-Jasmine Fortier, propriétaire de Distribution Pro-Vert, et Pascal Fréjeau, son conjoint.

Distribution Pro-Vert au coeur de l’économie locale en temps de crise

Marie-Jasmine Fortier travaille sans arrêt depuis deux semaines. Elle est sur l’adrénaline. La demande exponentielle en produits d’entretien, équipements de protection et emballages alimentaires fait de Distribution Pro-Vert une entreprise très recherchée.

« On se concentre sur des produits et des besoins essentiels qui n’ont aucune valeur ajoutée pour une entreprise, présente Mme Fortier. Mais si l’entreprise ne les a pas, c’est l’hécatombe. »

La propriétaire de cette petite entreprise familiale — quatre employés — la définit comme une « one-stop-shop » : c’est le même principe qu’un magasin général, on y trouve de tout. Elle dessert autant les petites et moyennes entreprises que les particuliers ou les multinationales.

Ses activités tournent à plein régime. « Tout ce que les gens veulent en ce moment, c’est ce qu’on distribue depuis dix ans. »

Désinfectants, lingettes désinfectantes, savons de tous genres, papier toilette... certains produits dans lesquels Distribution Pro-Vert se spécialise connaissent une demande exceptionnelle.

Plusieurs sont d’ailleurs introuvables depuis plusieurs jours. Oubliez par exemple les masques, les gants jetables ou le gel assainissant (Purell).

« Nos clients comprennent, on tente ensemble de trouver des produits de rechange », dit-elle.

Parmi ses clients, on retrouve autant des services gouvernementaux (Postes Canada) que des services de santé, une entreprise de fabrication de bouchons ou des particuliers. L’entreprise distribue principalement ses produits dans un rayon de 50 km — Distribution Pro-Vert est située à l’angle des routes 112 et 243, à la limite des municipalités de Waterloo et Shefford. « On est très local. Plusieurs clients sont devenus des amis. »

Aider ses clients

Mme Fortier ne profite pas de la crise actuelle, comme d’autres le font, dit-elle, citant un reportage d’enquête journalistique récent ayant mis en lumière ces pratiques malveillantes.

L’entrepreneure insiste. « Des gens abusent de la situation, alors que nous faisons des pieds et des mains pour aider nos clients. Après la crise, je veux qu’ils se souviennent de moi comme quelqu’un qui les a aidés. »

La boucherie locale — c’est son nom —, à Bromont, est depuis près de deux ans l’un des clients de Distribution Pro-Vert pour tous les produits d’emballage, les produits ménagers et désinfectants. Ces jours-ci, la propriétaire de ce commerce recommande le service. « Pendant la crise, Marie-Jasmine prépare nos commandes et elle prend la sécurité sanitaire au sérieux. C’est du monde que tu veux avoir autour de toi », assure Nathalie Girard.

L’aspect local, notamment en temps de crise, est aussi important pour celle-ci. « J’aime le service personnalisé de Marie-Jasmine et je voulais faire affaire localement plutôt qu’avec une grosse entreprise de distribution », explique la propriétaire de la boucherie située boulevard Bromont.

Équitable

Mme Fortier s’assure par ailleurs de limiter la distribution de produits en très forte demande, comme les emballages alimentaires par exemple. « Je refuse de livrer quelqu’un qui me demande un demi-camion de telle ou telle chose. J’essaie avant tout de servir le maximum de clients possibles, quitte à limiter les quantités. »

Aussi, les produits devenus plus rares ont vu leur prix monter en flèche. Un désinfectant valant habituellement 20 $ peut être désormais affiché au double du prix.

Là encore, pas question de profiter de la crise, souligne-t-elle. « Certains de nos fournisseurs ont dû augmenter leurs coûts de production pour pouvoir produire plus vite, et cela se répercute sur nos prix. C’est transparent. Mais on essaie de rester le plus possible accessible. »

La petite entreprise continue ses activités pendant la crise, et ce, même si plusieurs des clients de Distribution Pro-Vert arrêtent leurs activités mercredi. Néanmoins, l’entrepreneure demeure optimiste. « Je crois qu’on va sortir de cette crise collectivement plus fort, imagine Mme Fortier. On va trouver de nouvelles façons de faire et de penser. Je souhaite que l’on apprenne de cette période. »