Les membres des caisses Desjardins de Granby-Haute-Yamaska et de Brome-Missisquoi exhortent la Fédération à mettre fin à ses investissements dans les sables bitumineux.

Desjardins et les sables bitumineux: deux caisses de la région s’y opposent

Le mouvement appelant au retrait des caisses Desjardins des projets liés aux sables bitumineux en Alberta s’est propagé à la région. Les établissements de Granby-Haute-Yamaska et de Brome-Missisquoi ont adopté mardi des résolutions appelant la Fédération Desjardins à ne plus financer de projets pétroliers.

Lors des assemblées générales annuelles des deux caisses, les membres de la caisse de Brome-Missisquoi ont appuyé la résolution à près de 95 % tandis que ceux de la caisse Granby-Haute-Yamaska l’ont approuvée à 61 %.

Richard Leclerc est heureux d’avoir appuyé la résolution proposée par Gilles-Arthur Barrette lors de l’assemblée de la caisse de Brome-Missisquoi. « Je ne m’attendais pas à ce qu’on en parle. Mais comme beaucoup de gens, c’est un sujet qui me préoccupe. Et de savoir que Desjardins investit notre argent dans des projets comme ça, dans le pétrole le plus polluant de la planète... Je ne suis pas d’accord. Il y a plusieurs autres choses dans lesquelles on peut investir. On peut le faire dans la recherche et le développement d’énergies propres. »

En date du 21 avril, les assemblées générales de 16 caisses avaient adopté une résolution similaire, rapportait Le Devoir. Les résolutions exhortaient Desjardins de retirer le financement de 145 millions de dollars accordé à Kinder Morgan en lien avec la construction de l’oléoduc Trans Mountain. Cet oléoduc, qui est au cœur d’une guerre politique opposant la Colombie-Britannique au tandem formé de l’Alberta et du gouvernement canadien, vise à permettre le transport de pétrole provenant des sables bitumineux à travers la Colombie-Britannique jusqu’à ses côtes. De là, le pétrole serait exporté par bateaux-citernes.

Les résolutions adoptées demandent aussi que la Fédération Desjardins cesse de financer tout projet d’oléoduc relié aux sables bitumineux.

La direction de Desjardins devra prendre acte du choix de ses membres, soutient M. Leclerc. « On sent que quelque chose se passe, que les gens veulent que ça change. Ils sont de plus en plus sensibilisés aux impacts des sables bitumineux sur l’environnement. On fait partie du Mouvement Desjardins. On a le droit de dire qu’on est contre ce pétrole. Et il va falloir continuer de le dire », a-t-il indiqué.

Résolutions non contraignantes
Malgré cette contestation, la Fédération Desjardins entend maintenir le cap sur ses investissements pétroliers, a indiqué Jean-Benoit Turcotti, conseiller en communications de la coopérative. « On est sensibles à ce que pensent et disent nos membres. On en prend acte. Mais on a fait connaître notre position sur nos investissements énergétiques. On va continuer », a-t-il expliqué en entrevue jeudi.

Les résolutions des caisses ne sont pas contraignantes pour la Fédération, a par ailleurs souligné M. Turcotti.

Le Mouvement Desjardins compte 293 caisses au Québec. M. Turcotti n’a pu dire combien d’entre elles avaient adopté une résolution d’opposition.

Les directions des caisses de Granby-Haute-Yamaska et Brome-Missisquoi ne nous ont pas rappelés.