Des statistiques qui n’ont rien de réjouissant

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Les entrepreneurs sont plus nombreux à souffrir de détresse psychologique et de problématiques de santé mentale que la moyenne de la population, nous apprennent plusieurs sondages.

Une étude publiée en 2018 par le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec avait révélé que 71,5 % des entrepreneurs répondants affirmaient souffrir de détresse psychologique, dont 17,7 % manifestaient des symptômes de dépression modérée ou sévère.

« Cela peut paraître élevé puisque, à titre indicatif, 12,2 % de la population québécoise souffre d’un épisode dépressif au cours de sa vie », mentionnait-on dans l’étude, où les semaines de travail de plus de 50 heures (43 % des répondants) et la difficulté à prendre plus de deux semaines de vacances par année (69 % des répondants) ont été identifiées comme des facteurs aggravants.

Plus largement, la difficulté de concilier travail et famille est aussi source de stress pour les entrepreneurs, dont les plus jeunes seraient plus susceptibles d’être en proie à la détresse psychologique, indique-t-on.

Un autre sondage, cette fois réalisé par l’Association canadienne pour la santé mentale et la Banque de développement du Canada, a révélé en juin 2019 que près des deux tiers des propriétaires d’entreprises au pays vivaient au moins un épisode de déprime par semaine; un entrepreneur sur cinq estime pour sa part être constamment insatisfait de l’état de sa santé mentale.

Sur 500 répondants, 140 (28 %) avaient obtenu un diagnostic de troubles de l’humeur ou d’un trouble anxieux dans la dernière année. Dans la population générale, on parle d’un individu sur cinq.

De plus, tout près de la moitié des entrepreneurs sondés estimaient que leurs problématiques de santé mentale nuisaient à leur capacité de travailler.

Une statistique qui reflète le constat de Jessica Carson, qui est notamment directrice de l’innovation à l’American Psychological Association : selon celle-ci, 96 % des entrepreneurs voient leur capacité de concentration et leur motivation limitées par le stress et la fatigue. Ce faisant, les propriétaires d’entreprise seraient deux fois plus susceptibles de souffrir de dépression et six fois plus nombreux à avoir un trouble du déficit de l’attention.