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Été comme hiver, la présence des camions mobiles de Sylvain Ayotte a ajouté un peu de douceur dans le quotidien confiné de la population.
Été comme hiver, la présence des camions mobiles de Sylvain Ayotte a ajouté un peu de douceur dans le quotidien confiné de la population.

Des queues de castors aux grands pouvoirs

Roxanne Caron
Roxanne Caron
La Voix de l'Est
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Vous les avez sans doute aperçus dans un village de votre région. De l’autoroute 30 jusqu’en Gaspésie, les camions mobiles Queues de Castor de Sylvain Ayotte prennent les routes du Québec d’assaut depuis plus d’un an pour répandre du bonheur sucré partout où ils passent. Zoom sur un modèle d’affaires adapté à la crise sanitaire.

Sans vouloir se lancer de fleurs, M. Ayotte raconte qu’il y a un an, en pleine pandémie, il a mis sur pied son idée : installer son camion de rue dans le stationnement d’un commerçant et remettre 10 à 15 % des ventes réalisées avec les queues de castor à un organisme de charité ou encore à l’école du village visité.

L’an dernier, tous les événements estivaux ont été annulés. M. Ayotte, habitué de payer un espace pour installer son camion dans les festivals, s’est alors posé la question à laquelle tous les entrepreneurs se sont butés : « Qu’est-ce que je ferais bien ? »

Entre-temps, il a vendu la franchise de son restaurant La Piazzetta qu’il a détenu pendant 17 ans à Saint-Hyacinthe. Bref, une pandémie assez mouvementée !

Ne reculant devant rien, il a alors amené un de ses deux food trucks dans le stationnement du dépanneur de son patelin, Saint-Dominique, un petit village de la Montérégie.

« J’ai fait un premier week-end et la réponse a été très, très bonne. Et, j’en ai fait un deuxième... » Puis, voulant se rendre utile, il a décidé de remettre une partie des ventes à l’école de La Rocade pour les repas à la cafétéria coopérative.

L’idée, on s’en doute, a fait boule de neige.

Épiceries, écoles... et quoi encore ?

« Ça a commencé aux IGA de Saint-Hyacinthe, qui cherchaient une façon de remercier leurs employés pour leurs efforts durant la pandémie », se remémore l’homme originaire de Shawinigan. Il tenait à donner les pâtisseries au personnel, estimant qu’il allait du même coup profiter de l’achalandage généré par l’épicerie.

À Farnham, le week-end dernier, presque 50 employés ont pu se sucrer le bec gratuitement. « Ça fait un beau petit bonbon pour eux. »

De fil en aiguille, il a visité de nombreux IGA et Marchés Tradition à travers la Rive-Sud de Montréal. Il sera d’ailleurs présent au IGA Saint-Pierre, à Granby, les 24 et 25 avril, de 12 h à 20 h. L’épicier a choisi de remettre une partie des ventes à la Fondation du CHG pour la santé mentale.

Ainsi, en échange de ses produits, M. Ayotte emprunte environ six cases des stationnements le temps d’un week-end et remet une partie des ventes à un organisme choisi par l’épicerie visitée.

L’homme a ensuite décidé de continuer dans cet esprit en se rendant dans les villages pour redonner aux écoles.

Quelque chose qu’il adore. « J’ai beaucoup de succès dans les villages. Tu débarques là-bas, et souvent ils n’ont pas de restaurant. Une queue de castor, c’est festif, on en voit juste à La Ronde, au zoo ou dans les foires », soulève le marchand de bonheur.

Été comme hiver, sa présence a ajouté un peu de douceur dans le quotidien confiné de la population.

Sans dévoiler la somme exacte, il affirme avoir remis un montant important à la Fondation Bon départ de Canadian Tire, bannière avec laquelle il s’est affilié.

Son idée pourrait faire un bon bout de chemin, alors que le franchisé des camions Queues de Castor de Montréal a lui aussi emboîté le pas quelques mois plus tard.

À Farnham, le week-end dernier, presque 50 employés ont pu se sucrer le bec gratuitement.

Les lieux convoités par M. Ayotte semblent sans limites. Cet été, des campings — il remet souvent une partie des recettes à leurs comités des loisirs — sont dans sa mire.

De plus, un camion sera en poste tout l’été au Miller Zoo en Beauce, à partir du 22 mai. « Ça va faire du bien de se poser, car depuis le 15 juin dernier, j’ai trois camions et il n’y a pas un week-end qu’ils ne sont pas en déplacement ! », termine M. Ayotte.