La compagnie québécoise Protect-YU a développé un système de gestion de crise de la COVID-19 à l’aide de bracelets géolocalisés. La technologie suscite l’intérêt de plusieurs États, mais pas encore de Québec ni d’Ottawa.
La compagnie québécoise Protect-YU a développé un système de gestion de crise de la COVID-19 à l’aide de bracelets géolocalisés. La technologie suscite l’intérêt de plusieurs États, mais pas encore de Québec ni d’Ottawa.

Des bracelets géolocalisés québécois suscitent de l’intérêt à l’international

La compagnie québécoise Protect-YU a développé un système de gestion de crise de la COVID-19 à l’aide de bracelets géolocalisés. La technologie suscite l’intérêt de plusieurs États, dont l’Afrique du Sud, la Colombie, l’Argentine et la ville de Dubaï, mais ce n’est pas encore le cas de Québec ni d’Ottawa.

«Notre communiqué de presse international a suscité des demandes spécifiques en provenance de ces pays-là», indique le spécialiste en sécurité nationale et PDG de l’entreprise, Michel Juneau-Katsuya.

Ces pays prévoient que leur système de santé sera débordé et qu’il leur faudra une technologie pour faire le suivi des patients qu’on souhaite garder en isolement à la maison, explique-t-il.

Le bracelet permet aussi de prendre les signes vitaux fondamentaux — la température et le rythme cardiaque — des personnes qui le portent. Mieux encore, cette technologie permet aussi au personnel de la santé de réaliser des consultations à distance. «Il y a tellement de demandes à l’heure actuelle qu’on ne peut pas se rendre partout et ça évite de mettre le personnel du réseau de la santé à risque», avance Michel Juneau-Katsuya.

La technologie permet donc de protéger les gens qui sont malades, mais aussi de faire un suivi plus restrictif des personnes récalcitrantes et de protéger la population. «Si une personne délinquante sort de son périmètre de sécurité, le bracelet se met à lancer une alarme sonore donc il avise les gens autour que cette personne est supposée être en isolation», précise-t-il.

Une alerte est aussi envoyée au centre de contrôle qui peut la relayer à l’agent de la paix le plus proche.

Les bracelets, «pas plus gros qu’une Apple Watch», selon le PDG de l’entreprise, sont assignés et enregistrés à l’aide d’une application par les intervenants de première ligne.

Produit au Québec

«On veut faire la production ici parce qu’on veut contribuer à la relance de l’économie québécoise et c’est une façon pour nous de pouvoir contrôler la qualité», explique le PDG.

Avant de lancer la production, Protect-YU doit avoir des contrats assurés de la part des clients internationaux. « On est début de ces discussions », indique M. Juneau-Katsuya.

Il croit toutefois que les procédures iront plus rapidement qu’à l’habitude, puisque de nombreux pays se sont dotés, à l’instar du Québec, de mesures spéciales en raison de la situation de crise sanitaire, permettant ainsi d’attribuer des contrats plus rapidement.

Des manufacturiers québécois ont déjà été identifiés et sont prêts à lancer la production lorsque le temps sera venu.

Québec et Ottawa

Québec et Ottawa n’ont pas encore donné de réponse quant à une utilisation possible de cette technologie. « On n’a pas cette réponse-là, mais bon, si on a une réponse à l’international on va fonctionner avec ça et on va aller de l’avant », affirme le PDG.

«On voit le besoin de protéger la population se manifester de plus en plus. À un point tel qu’on voit les chefs de gouvernement canadien et québécois devenir de plus en plus prescriptifs et parler de manière coercitive. Ce qui est bien avec notre système, c’est qu’il permet d’alléger le système de santé et de sécurité publique, car on ne peut pas avoir des policiers partout. Le système permet à la fois de sécuriser les patients, de donner un suivi médical, d’empêcher les intervenants de première ligne et les patients d’avoir à se déplacer constamment, pouvant alors devenir des vecteurs de contamination supplémentaires.»