Les 17 nouveaux soudeurs formés dans les locaux de Tremcar ont reçu mercredi leur attestation d’études professionnelles. Ils sont accompagnés du président de l’entreprise, Daniel Tremblay.

De la main-d’oeuvre formée sur mesure chez Tremcar

La formation en usine est une formule porteuse pour Tremcar. Une deuxième cohorte de 17 soudeurs formés dans les locaux du fabricant de remorques-citernes a été diplômée mercredi. Un nouveau groupe sera lancé dès février.

Les 17 nouveaux soudeurs, qui ont reçu leur attestation d’études professionnelles au terme de cinq mois de formation en entreprise, joignent ainsi les rangs du personnel de Tremcar à Saint-Césaire, à une période où la pénurie de main-d’œuvre oblige les entreprises à rivaliser d’ingéniosité pour combler leurs besoins de travailleurs spécialisés.

« Tremcar a décidé de prendre l’approche de qualifier les gens en les rémunérant », a fait valoir le copropriétaire et président de l’entreprise, Daniel Tremblay.

Comme la formation professionnelle offerte en soudure dans les institutions scolaires s’étire sur environ 18 mois, le défi, dit-il, a été de l’adapter aux besoins de l’entreprise, tout en offrant un salaire aux participants.

Daniel Tremblay croit que le défi a non seulement été relevé, mais il correspond aussi à la « vision » du nouveau premier ministre du Québec, François Legault. Celui-ci a déclaré en campagne électorale, rappelle-t-il, vouloir miser sur une augmentation de la qualification des Québécois pour améliorer leur qualité de vie.

Le président de Tremcar se réjouit d’avoir ainsi pu donner un tremplin à 17 personnes, âgées de 18 à 52 ans. Le salaire horaire de plusieurs, avant la formation —théorique et pratique —, tournait autour de 12 $ ou 13 $. Durant leur période d’apprentissage en usine, ils étaient rémunérés 15,68 $ l’heure. Leur formation complétée, ils gagnent désormais 22 $ l’heure. « On a presque doublé leur qualité de vie en cinq mois. J’en suis très fier. On donne vraiment une chance d’espérer mieux », lance M. Tremblay.

Une opportunité qu’un des nouveaux diplômés en soudure et employé de Tremcar, Antoine Olivier Robitaille, se félicite d’avoir saisie. Il a ainsi mis un terme, dit-il, aux « jobines » et aux autres emplois en rénovation qu’il occupait pour acquérir les compétences d’un travail avec des perspectives à long terme. Pierrick de Montigny Rhéaume a pour sa part troqué son travail dans la restauration pour la soudure. La formation lui a confirmé qu’il y est à sa place, dit-il.

École du 21e siècle 

L’entreprise se réjouit également d’avoir pu compter sur la collaboration de la commission scolaire des Hautes-Rivières (CSDHR) pour cette deuxième cohorte. « Je pense qu’il faut entrer dans l’école du 21e siècle. (...) Mais il faut aussi que l’école du 21e siècle sorte des murs et qu’elle aille à la rencontre des entreprises et de leurs besoins. Et ça prend des entreprises qui ont une vision pour elles-mêmes, mais aussi pour toute la société », a pour sa part affirmé la présidente de la commission scolaire, Renée Bouchard.

Un enseignant de la commission scolaire a travaillé de pair avec un formateur de Tremcar pour guider la cohorte dans son apprentissage de la soudure au cours des derniers mois.

Tremcar n’a d’ailleurs pas lésiné sur les moyens pour mettre son projet sur pied. Le succès d’un premier groupe de cinq participants au début de 2018 a convaincu l’entreprise d’investir pour acquérir de nouveaux locaux rue Saint-Michel et les transformer en lieu d’apprentissage. Une salle de formation technique avec 20 postes de soudeurs a entre autres été aménagée. L’opération a été bouclée en trois mois, avec la collaboration de la ville de Saint-Césaire.

Cette deuxième cohorte plus nombreuse a ainsi pu prendre son envol en août.

Les soudeurs représentent environ 70 % des quelque 300 employés de Tremcar à Saint-Césaire. Les postes à pourvoir y sont réguliers. L’entreprise, qui emploie au total quelque 750 personnes, a aussi des installations à Saint-Jean-sur-Richelieu, dans l’Ouest canadien ainsi qu’aux États-Unis.

Croissance

Une autre cohorte de 28 soudeurs est par ailleurs en formation, mais cette fois-ci en Tunisie, selon les méthodes de travail de Tremcar. En principe, ils devraient être entrés en fonction dans les usines de l’entreprise vers la fin mars.

Un autre groupe, qui n’est pas encore complet, envahira les locaux de l’usine-école de Saint-Césaire au début février pour en sortir, fraîchement diplômé, vers la fin mai ou le début juin. L’amalgame de la formation de la main-d’œuvre étrangère et locale devrait permettre à Tremcar de poursuivre sa croissance, croit Daniel Tremblay.