Louis Lévesque a confié la recherche et le développement de nouveaux produits prêts-à-manger de Cowie Inc. à Robert Villeneuve, l’ancien chef du géant de l’alimentation Metro.

Cowie Inc: plein cap sur la R et D

L’industrie alimentaire vit une grande transformation au Québec, soutient Louis Lévesque. Le nouveau patron de Cowie Inc. veut y participer. Il mijote différents produits pour faire découvrir les délices de la mer aux consommateurs québécois et ailleurs au pays.

L’homme d’affaires bourdonne d’idées. Sa première, en achetant l’usine de transformation de poissons et de fruits de mer de la rue Bernard en octobre, a été d’embaucher Robert Villeneuve, l’ancien chef du géant alimentaire Metro. Sa mission : mettre plein cap sur la recherche et le développement de mets préparés. « La valeur ajoutée, c’est ce qui est intéressant pour les entreprises. C’est par là qu’on va assurer notre croissance, aller chercher de nouveaux marchés », explique M. Lévesque.

Plusieurs produits de Cowie Inc. sont déjà disponibles dans les congélateurs des IGA, des Costco et de poissonneries au Québec, dont un tartare de saumon de l’Atlantique et des pétoncles au bacon. M. Lévesque est déterminé à enrichir sa gamme avec l’ajout de nouveaux produits prêts à manger. Il fait le calcul qu’ils combleront les besoins des consommateurs.

Les gens vivent à toute vitesse et disposent de peu de temps pour préparer leurs repas, constate M. Lévesque. Ils veulent manger des aliments faciles à préparer, mais n’osent pas s’aventurer vers des produits moins connus comme ceux provenant de la mer, dit-il. « Aujourd’hui, on peut acheter du porc effiloché, des côtes levées, des ailes de poulet déjà prêts à cuire. C’est très populaire. Pour les poissons, c’est autre chose. Les gens ne savent pas toujours comment l’inclure dans des recettes, comment les cuire. Ils veulent quelque chose de relevé, mais sans y mettre beaucoup de temps. On veut le faire pour eux », promet-il.

L’entreprise, qui compte une cinquantaine d’employés, offre également des services d’emballage aux grands de l’alimentation. Elle emballe au nom de Costco et IGA certains de leurs produits. C’est une partie importante des opérations de l’usine, indique M. Lévesque.

Rien ne prédestinait Louis Lévesque à atterrir dans le domaine alimentaire. « Je ne connaissais à peu près rien là-dedans. Je sais faire du tartare, mais c’était à peu près tout. Mais j’ai appris avec des gens qualifiés, j’ai fait mes devoirs », dit-il. L’écoute est l’outil des spécialistes du marketing. Il adhère entièrement à cette philosophie.

L’entreprise propose plusieurs produits de la mer aux consommateurs, dont le tartare de saumon de l’Atlantique et les pétoncles au bacon.

De la Floride à Valcourt
Avant de tenter l’aventure de l’entrepreneuriat, il a fait ses premiers pas après sa maîtrise en administration des affaires chez Procter & Gamble à Toronto, puis chez Labatt à Montréal. Il est entré dans la grande famille Bombardier en 2000 en tant que directeur des produits de BRP en Floride. En 2003, de retour au Québec avec sa famille, il s’est installé dans la région pour occuper un poste dans la direction de l’usine de Valcourt. Lorsqu’il a quitté au printemps 2017, il agissait en tant que vice-président marketing global et expérience client. « J’ai laissé tombé un très bon emploi dans une belle entreprise, qui me donnait une sécurité financière. Mais il me manquait quelque chose. Un nouveau défi. C’était peut-être une crise de la mi-quarantaine », dit-il le ton amusé.

Il a fait part de son idée d’être entrepreneur à sa conjointe, l’avocate Vanessa Gravel. Elle l’a encouragé à vivre son rêve, à tenter l’aventure. « Elle m’a suivi aux États-Unis en laissant derrière elle sa carrière. On a eu notre première fille là-bas. Elle est associée dans un cabinet d’avocats de Granby. C’est une femme talentueuse et déterminée. Son appui est vraiment important pour moi et pour notre famille », dit l’homme de 47 ans.

Ne restait plus qu’à trouver une entreprise. Le futur homme d’affaires souhaitait prendre les rênes d’une boîte déjà en marche. Il a rencontré près d’une centaine de propriétaires de PME désireux de s’en départir, de tous les secteurs d’activités. « J’ai eu tellement de dîners d’affaires, avec tellement de gens. Dans des rencontres comme ça, il faut que ça clique rapidement. Ç’a été le cas avec quelques-uns, mais les propositions n’étaient pas toujours intéressantes. C’est émotif vendre son entreprise. On n’a pas toujours le recul pour bien évaluer le prix que ça vaut. La plupart des gens exagèrent. »

Sa rencontre avec Jacques Martin s’est avérée la bonne. « Je l’ai tout de suite aimé. C’est un artiste, un gars d’idées, un talent incroyable de création. Il a bâti une belle entreprise et il était rendu à un moment de sa vie où il était prêt à la vendre à un bon prix. Il a répondu à toutes mes questions. Ç’a été facile aussi de vérifier les états financiers et de préparer la transaction. »

Quelques mois plus tard, le 2 octobre 2017, Louis Lévesque est devenu le seul actionnaire de Cowie Inc. Le nouvel entrepreneur joue un rôle actif à titre de président directeur général. S’il garde un œil sur toutes les activités de l’entreprise, il a compris qu’il ne peut pas tout faire. « On a des gens très compétents dans l’équipe, qui ont de l’expérience et des idées. Ils ont ma confiance », assure-t-il.

M. Lévesque se concentre sur sa spécialité : les ventes et le marketing. Il a pu rencontrer de nombreux clients potentiels pour leur faire part de ses projets. Parmi ceux-ci, de grandes compagnies de l’agroalimentaire. « C’est stressant. Il me reste tellement à apprendre. On a beaucoup de travail devant nous. »

La semaine dernière, Cowie Inc. a signé une entente avec Sushi Taxi. L’entreprise fournira du saumon déjà coupé à la chaîne de restaurant. D’autres annonces sont prévues dans les prochains mois, a dit M. Lévesque.

Le jeune entrepreneur est maintenant à l’aise comme un poisson dans l’eau !