Edward Henderson et Michel Jacob, respectivement directeur de l’usine ContiTech Canada (une division du géant Continental) et directeur ingénierie et maintenance, posent devant les rouleaux de toiles qui seront dorénavant transportés par deux robots plutôt que par trois personnes.

ContiTech Canada et le « 4.0 »

L’usine de fabrication de boyaux en caoutchouc ContiTech Canada vient de faire son entrée dans l’ère du 4.0, celle de la robotisation. Symboles de la 4e révolution industrielle, les robots — il y en aura deux — feront leur entrée à l’été 2018 dans le bâtiment de l’entreprise de Saint-Alphonse-de-Granby. Ils entraîneront un agrandissement des installations de 4080 pi2. Coût de l’investissement pour cette division du géant Continental : 3 millions de dollars.

Si les deux robots remplaceront le travail de trois personnes, ils n’entraîneront pas de perte d’emplois, a-t-on appris jeudi, en conférence de presse. Sur les
250 employés actuellement en poste, huit d’entre eux seront cependant transférés de poste.

Les futures machines auront pour mission de transporter et de découper des rouleaux de toiles, dont le poids peut aller jusqu’à 1000 livres. Elles permettront aussi de gérer automatiquement l’inventaire de ces produits.

« Les deux robots vont permettre d’améliorer la qualité, l’efficacité et la santé-sécurité [de cette opération] », indique Michel Jacob, directeur ingénierie et maintenance chez ContiTech.

ContiTech Canada est d’ailleurs la lauréate 2017 du Grand prix santé et sécurité du travail dans la région de la Yamaska dans sa catégorie.

De l’alimentaire aux plateformes pétrolières

Les boyaux fabriqués par ContiTech peuvent autant être destinés à transporter des produits alimentaires que des produits chimiques ou du pétrole, et ce, jusqu’à une très forte pression.

Plus précisément, la toile en question enrobe et renforce l’intérieur du boyau. La sorte de toile choisie différera selon l’usage que l’on voudra faire du boyau : alimentaire, chimique ou autre.

Certains boyaux sont par exemple utilisés dans l’industrie de la pêche. « Ils permettent de souffler directement les poissons, du bateau de pêche jusqu’à l’usine de transformation », explique Edward Henderson, directeur de l’usine de Saint-Alphonse.

« Bonne nouvelle »

Cet investissement — le deuxième plus important dans l’histoire de l’usine alphonsoise — est « une bonne nouvelle », selon M. Henderson. « La maison mère [Continental, ndlr] nous fait confiance », assure le directeur d’usine.

Le maire de Saint-Alphonse, Marcel Gaudreau, présent lors de la pelletée de terre symbolique et de la visite d’usine à laquelle La Voix de l’Est a eu droit, était tout aussi enthousiaste. « C’est bon pour la région, dit-il. Quand on crée des emplois chez nous, je suis heureux. »

Diversification après le crash pétrolier

En 2016, la chute des prix du pétrole avait porté un coup à ContiTech Canada, dont l’entreprise s’est vite remise.

Quarante-six personnes avaient alors quitté l’usine — la plupart dans le cadre d’un programme de préretraite. Les personnes mises à pied ont été réembauchées depuis, précise Julie Audet, directrice des ressources humaines.

« Début 2016, le crash pétrolier a entraîné une grosse baisse de commandes, car on vendait beaucoup de boyaux à des plateformes de forage pétrolier », explique Mme Audet.

Depuis, l’entreprise a diversifié ses produits. « On a déniché de nouveaux clients pour développer nos ventes », indique-t-elle.

Aujourd’hui, ContiTech compte 1800 clients dans plus de 50 pays. Quinze millions de pieds de boyau sont produits annuellement dans l’usine qui tourne 24 heures par jour, sept jours sur sept.