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Bromont cumule 275 000 pieds carrés de salles blanches, notamment au sein du centre de recherche en microélectronique (C2MI).
Bromont cumule 275 000 pieds carrés de salles blanches, notamment au sein du centre de recherche en microélectronique (C2MI).

Bromont veut devenir la prochaine Silicon Valley

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
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Le parc scientifique de Bromont pourrait rayonner davantage à l’international au cours des années à venir. Pour ce faire, la Ville mise sur son expertise en technologies numériques afin de devenir une zone d’innovation, une prestigieuse appellation attribuée par Québec. 

Depuis des décennies, Bromont fait sa marque dans le domaine des hautes technologies, notamment en microélectronique, dans la sphère aérospatiale, puis en fabrication de pointe. Le centre de recherche en microélectronique (C2MI) est le catalyseur de ce succès.

En fait, la création de zones d’innovation a pour objectif de favoriser l’essor de créneaux de pointe à travers la province qui permettront entre autres de générer de nouveaux emplois. « Elle vise aussi à procurer une marque de commerce spécifique au Québec, dans sa stratégie de prospection d’investissements directs étrangers et de talents d’ici et d’ailleurs », peut-on lire dans le guide de présentation de projets.

Bromont est d’avis qu’elle a l’ensemble des atouts pour contribuer à propulser la province à un autre niveau sur les plans économique et de l’innovation, par le biais de la zone Technum Québec. « Notre écosystème est unique. C’est indéniable que Bromont doit devenir une zone d’innovation. Et on est prêts à entrer en action dès maintenant », a indiqué en entrevue le maire de Bromont, Louis Villeneuve.

C2MI

Créé en 2012, le centre de recherche en microélectronique a permis d’accélérer la commercialisation de nombreuses technologies novatrices. Au cours des huit dernières années, 388 millions $ ont été investis en recherche et développement. Durant cette période, plus de 500 projets d’innovation technologique industriels ont été bouclés, desquels découlent près de 300 brevets.

Le maire de Bromont, Louis Villeneuve, et le DG de la Ville, Éric Sévigny, misent sur plus de 12 millions de pieds carrés de terrains «prêts à bâtir» dans le parc scientifique pour attirer des entreprises de classe mondiale.

Selon le document de présentation de la Ville, 341 entreprises font partie de « l’écosystème », qui génère près de 2000 emplois. De plus, Bromont est un chef de file à travers le pays en terme de superficie de salles blanches en électronique, cumulant 275 000 pieds carrés.

Le C2MI a également fait ses preuves au niveau de la collaboration « industrie-académie » en s’associant à de multiples établissements d’enseignement. Notamment l’Université de Sherbrooke, le Cégep de Granby, l’UQAM, l’Université Laval, McGill, Concordia, puis l’École de technologie supérieure. « Chaque année, le C2MI accueille plus d’une centaine d’étudiants universitaires, dont plus de 60 % de doctorants et post-doctorants », indique-t-on dans le document de présentation de candidature de Bromont. « Depuis le tout début du C2MI, on s’est mis à la tâche afin d’avoir un transfert technologique optimal. On a déjà quatre chaires de recherche associées au centre et de plus en plus d’industriels utilisent les académies pour développer des technologies », a fait valoir en entrevue le président-directeur général du C2MI, Normand Bourbonnais.

Orientations

La vision derrière Technum Québec repose sur le fait « d’être l’ambassadeur technologique d’un Québec numérique, appuyé par un réseau académique et d’entreprises en pleine croissance qui mise sur les connaissances, l’innovation, la collaboration et l’intégration durable des systèmes électroniques intelligents dans toutes les sphères économiques. »

Technum Québec s’articule ainsi autour de trois grands axes. La première de ces grandes orientations consiste à « accélérer le passage de l’idée au marché dans les technologies numériques ».

Le second volet propose de « développer le savoir pour propulser l’innovation dans les entreprises ». Le troisième axe consiste à « faire de Technum Québec une zone d’innovation attractive à l’international ».

Le PDG du C2MI, Normand Bourbonnais et la directrice du développement stratégique – SODEB, Sylvie Adam, sont au coeur de la candidature de Bromont comme zone d’innovation.

Projets

Pas moins de 18 projets figurent dans le plan de développement de Technum Québec. Parmi ceux-ci, la Ville prévoit l’implantation sur 1,5 million de pieds carrés d’une usine de semi-conducteurs, qui sont au cœur de la fabrication de composantes électroniques. Une initiative d’envergure dont le budget avoisinerait 1,5 milliard $. « Un tel projet engendrerait des retombées d’envergure. Cela nous permettrait d’avoir une souveraineté au niveau de notre capacité de production en électronique. C’est inacceptable de ne pas avoir d’usine de semi-conducteurs au Canada. Et c’est à Bromont que ça devra se réaliser », a mentionné le grand patron du C2MI.

Bromont a par ailleurs été proactive en matière de développement de son territoire, car plus de 12 millions de pieds carrés de terrains « prêts à bâtir » sont à la disposition d’entreprises qui souhaitent venir s’établir dans le parc scientifique.

Un des autres projets qui sort du lot est la construction d’un campus au cœur de la zone d’innovation à Bromont. On y consacrerait une enveloppe avoisinant 10 millions $. L’aménagement comprendrait notamment un incubateur-accélérateur industriel.


« J’ai la prétention que Bromont devienne une Silicon Valley. »
Louis Villeneuve, maire de Bromont

Le campus intégrerait un nouveau concept « biophile » misant sur la qualité de l’environnement de travail pour accroître entre autres la productivité, la créativité et la concentration du personnel tout en réduisant le stress et l’absentéisme. « La biophilie vise à tirer profit de certains aménagements naturels ou construits qui sont similaires à ceux auxquels nous sommes attirés depuis des millénaires afin d’améliorer notre bien-être », mentionne-t-on dans la présentation de Bromont.

Parmi les nombreux projets de la zone d’innovation Technum Québec à Bromont figure la construction d’un campus qui inclurait notamment un incubateur-accélérateur.

Le campus regrouperait sept bâtiments. Outre l’incubateur, on y retrouverait des locaux d’entreprises, des fournisseurs de services aux compagnies ainsi que des appartements pour le personnel temporaire. Plusieurs sentiers pédestres y seraient aussi aménagés.

Aucun échéancier n’est établi par Québec pour décerner les zones d’innovation. On peut toutefois s’attendre à un dévoilement durant le premier trimestre de 2021, espère le maire Louis Villeneuve. « J’ai la prétention que Bromont devienne une Silicon Valley, a-t-il dit. On est déjà en action. Avoir cette attestation de zone d’innovation, c’est crucial pour le développement de notre parc scientifique. »