Granby Industriel accueille cette semaine un groupe d’une dizaine d’industriels du secteur de l’aéronautique français.

Automatisation: visite d'entrepreneurs français à Granby

Le modèle français de l’usine du futur pourrait aider les entreprises granbyennes à pallier le manque de main-d’oeuvre. C’est du moins ce qui ressort de la rencontre entre un groupe d’industriels français spécialisés en aéronautique et des entreprises de la région.

Granby Industriel accueille cette semaine une dizaine de représentants d’un regroupement d’industriels originaire de l’ouest de la France. Si Granby Industriel a déjà organisé des visites en sol français, il s’agit de la première fois que l’organisme accueille des industriels européens dans les Cantons-de-l’Est.

Selon Daniel Lelièvre, consultant et conférencier qui cumule de nombreuses années d’expérience dans l’industrie mécanique européenne et nord-américaine, les entreprises québécoises pourraient bénéficier de l’avance des Français en matière de robotisation et d’automatisation des opérations.

Louis Pernat, directeur commercial et actionnaire de la société Bouvernat-Pernat, explique que son personnel d’atelier compose moins de 40% de ses ressources humaines. «Le reste, ce sont des improductifs aurait-dit mon père», blague-t-il. Pourtant, son entreprise dépasse les 15 millions en chiffre d’affaires avec une poignée d’employés.

Bien que des projets d’investissements soient discutés, aucune usine de la région n’atteint ce degré d’automatisation. Éric Tessier, directeur du développement industriel chez Granby Industriel, croit que l’industrie régionale s’apprête à prendre un tournant décisif.

«Je pense que la crise actuelle de main-d’oeuvre sera un déclencheur, mais ça va nous prendre des infrastructures pour accueillir ce savoir-faire», explique-t-il.

Daniel Lelièvre souligne qu’il existe une importante différence de mentalité entre le modèle français et celui nord-américain.

«En France, les entreprises ont une approche plus théorique. On se lance lorsque tous les problèmes sont réglés. En Amérique du Nord, nous sommes plus pratiques: on y va et on règle les problématiques au fur et à mesure.»

Il ajoute toutefois que les sociétés de l’Amérique du Nord sont souvent de meilleures vendeuses et entretiennent des liens plus solides avec leur clientèle. «L’idéal serait de développer une approche hybride, c’est d’ailleurs pourquoi nous organisons des missions comme ça.»

Quelques industriels français en visite ont d’ailleurs manifesté lors de leur passage leur intérêt d’investir en sol québécois pour percer davantage en Amérique du Nord.

Le groupe d’hommes et de femmes d’affaires sera au Québec jusqu’à samedi prochain. Ils visiteront notamment les usines d’A7 Intégration et Prinoth à Granby jeudi.