Le grand patron de la station de montagne Au Diable Vert, Jeremy Fontana, planche avec son équipe depuis plus d’un an et demi sur ObservÉtoiles. Il s’agit un projet s’articulant autour d’un planétarium à ciel ouvert bonifié d’un casque novateur plongeant celui qui le porte en pleine réalité augmentée.

Au Diable Vert décroche les étoiles

Depuis quelques années déjà, Au Diable Vert fait sa marque en sortant des sentiers battus. Après le VéloVolant, voilà que la station de montagne récidive, cette fois en se tournant vers la voûte céleste. L’entreprise phare de Sutton a dévoilé en primeur à La Voix de l’Est ObservÉtoiles, une activité s’articulant autour d’un planétarium à ciel ouvert alliant une technologie unique à travers le globe. À cela s’ajoute un projet d’hébergement.

Du plus loin qu’il se souvienne, le grand patron du Diable Vert, Jeremy­ Fontana, a toujours été fasciné par les étoiles et l’astronomie en général. L’idée d’exploiter ce thème pour en faire un attrait touristique a germé il y a quelques années déjà. Le concept s’est toutefois cristallisé il y a un peu plus d’un an et demi. « Avoir un projet, c’est une chose. Mettre les morceaux en place pour que ça se concrétise, c’est plus complexe, a-t-il confié. Je veux réinventer la façon d’interpréter le ciel, pas présenter une variation sur un thème déjà vu. Après avoir mis énormément d’efforts, je crois qu’on touche quelque chose de génial. »

Au cours des derniers mois, l’entreprise a donc construit un amphithéâtre de 180 sièges, répartis sur cinq rangées aménagées à même la pente de la montagne. « On souhaite que notre activité soit ouverte au grand public presque à l’année. Ce sera possible grâce à nos sièges qui peuvent être chauffés jusqu’à 50 degrés Celsius, même lorsque le mercure baisse à 30 degrés sous zéro ».

On parle d’un projet dont le budget global avoisine 600 000 $. Plus du tiers de cette somme sera subventionnée par Québec, via le ministère du Tourisme. Une annonce a été faite en ce sens vendredi. Au total, le gouvernement provincial octroie près de 330 000 $ à la station pour ses deux initiatives.

Multisensoriel

Question de bonifier l’expérience d’ObservÉtoiles, Au Diable Vert a aménagé un sentier « multisensoriel » qui guidera les participants vers le vaste amphithéâtre sur le site de 148 hectares (365 acres). « On a quelque chose d’unique à présenter. Je ne veux pas seulement voir de larges sourires dans le visage des gens. Je veux créer un effet “wow” pour que les spectateurs vivent quelque chose d’inoubliable », a indiqué Jeremy Fontana. 

S’échelonnant sur 600 mètres, le tracé en pleine nature promet de l’animation virtuelle à profusion. « On aura des sculptures de constellations en DEL (diodes électroluminescentes), des projections laser. En fait, on mise sur un sentier “son et lumière” pour éveiller les sens des gens. Un peu comme Foresta Lumina à Coaticook », a mentionné le maître d’œuvre du projet. 

La techno à l’avant-scène

Côté technologique, Au Diable Vert n’a rien laissé au hasard. L’entreprise de Sutton s’est associée à Aryzon, une compagnie des Pays-Bas, pour mettre au point un casque novateur, spécifique à ObservÉtoiles, dans lequel on insère un téléphone intelligent. Celui-ci présente alors une carte virtuelle du ciel étoilé en temps réel via l’application Star Chart, une des plus populaires à travers le monde. Les images sont ensuite réfléchies dans une lentille Fresnel haute-résolution, plongeant le porteur du casque en pleine réalité augmentée. Cet équipement à la fine pointe sera la pierre angulaire de l’activité.

Une fois que les gens prendront place dans le planétarium à ciel ouvert, un guide entrera en scène. À l’aide d’un laser astronomique, il fera vivre aux participants un « voyage unique à travers la galaxie », a indiqué M. Fontana. « Les gens auront droit à une soirée immersive incroyable au cours de laquelle ils pourront se familiariser avec l’histoire derrière chaque constellation. Au-delà de l’aspect scientifique et éducatif du projet, on veut aussi que le public découvre toute la beauté des étoiles dans le ciel. Ce sera magique », a-t-il assuré.

Question de proposer un événement constamment renouvelé, le grand patron d’Au Diable Vert s’est allié un partenaire de choix. Il s’agit d’Andrew Fazekas, un collaborateur de National Geographic dans le milieu de l’astronomie. Le vulgarisateur scientifique produira toutes les deux semaines de nouveaux scripts pour le spectacle.

Les six nouvelles unités d’hébergement aux murs végétalisés et aux toits vitrés, pouvant accueillir quatre personnes, seront implantées en pleine nature.

Hébergement

En parallèle à son projet de planétarium, Au Diable Vert souhaite augmenter sa capacité d’hébergement, qui lui permet actuellement d’accueillir 120 personnes. Les visiteurs ont à ce jour accès à 24 refuges et trois appartements. Dans cette optique, la station de montagne mise sur l’implantation de six nouvelles unités aux murs végétalisés dans le secteur du planétarium. Un projet avoisinant 250 000 $. Celles-ci seront abondamment vitrées afin de permettre à leurs occupants d’observer le ciel. « On voulait que les unités [se fondent] dans l’environnement. On veut créer ce sentiment de liberté quand les gens seront à l’intérieur. La nature sera au premier plan. Ce sera magnifique ! », a indiqué M. Fontana, précisant que les petits chalets de style « cabin » seront disponibles en 2019. 

« Réserve nocturne »

Situé dans le secteur Glen Sutton, Au Diable Vert s’enracine au cœur d’une nature luxuriante presque exempte de pollution lumineuse. Ce qui favorise l’observation d’étoiles. « Le ciel est une attraction en soi ici. Sur 88 constellations, 35 sont visibles chez nous. C’est énorme », a dit M. Fontana.

Par ailleurs, selon l’homme d’affaires, la station serait en voie de devenir le second site au Québec, après l’observatoire du Mont-Mégantic, à obtenir l’accréditation de « réserve nocturne ». Celle-ci serait décernée par la Royal Astronomical Society of Canada, qui célèbre cette année ses 150 ans. « On devrait obtenir notre accréditation juste avant le lancement de l’activité [prévu le 19 mai]. Le momentum est là, a-t-il fait valoir. Vraiment, je suis très enthousiaste de présenter le fruit de notre travail au public. »