Les trois partenaires, Michel Benoit Papineau, Geneviève Thériault et Alexandre Arès, ont investi près de 250 000 $ dans l’aventure.

Atelier Ulric et associés: faire du beau avec du vieux

Le centre-ville de Waterloo affiche une nouvelle vitalité depuis quelque temps. Mus par l’audace et la passion, des entrepreneurs s’y installent et en changent l’allure, petit à petit, un commerce à la fois. Le petit dernier en lice, l’Atelier Ulric et associés, a choisi de faire honneur à la réutilisation créative.

Michel Benoit Papineau, sa conjointe Geneviève Thériault et Alexandre Arès ont ouvert, le 5 octobre dernier, cette boutique-atelier où se côtoient des objets décoratifs neufs, des gourmandises maison, des chandelles au soya et plusieurs meubles « relookés » avec soin. « C’est un hybride de plusieurs choses, laisse entendre Mme Thériault. Ça tourne beaucoup autour du concept art de vivre. »

Mais le dada des propriétaires, c’est d’abord et avant tout le « upcycling » — ou surcyclage —, ce mouvement écoresponsable qui consiste à donner une seconde vie à des objets à l’apparence démodée. En évitant de les jeter, on réduit du même coup leur trace sur l’environnement, fait remarquer le trio d’associés.

« Il y a de super belles choses qui ne demandent juste qu’à être remises au goût du jour », constate M. Papineau, qui assure que l’Atelier Ulric n’a aucun comparable dans la région.

On y trouve en effet des pièces différentes et exclusives, comme cet ancien fauteuil berçant en bois massif — originaire du Japon, dit-on — joliment retapé qui trônait au beau milieu de la boutique lors du passage de La Voix de l’Est vendredi.

Les pièces choisies proviennent d’encans, de ventes de succession et de ventes-débarras, puis sont transformées sous les soins des deux artisans. Car parmi le trio, la dame ne porte pas le tablier, mais plutôt le chapeau de styliste. « On est complémentaires », affirme-t-elle, en précisant que l’atelier accepte aussi de rajeunir sur mesure les meubles des clients qui le souhaitent. Geneviève Thériault peut même se déplacer chez les gens pour les conseiller dans leur projet de design.

M. Papineau, quant à lui, donne des ateliers de transformation de petits meubles, les dimanches. Suffit de s’inscrire et d’apporter sa pièce.

L’Atelier Ulric et associés réinvente les objets démodés, mais offre aussi du neuf et des petites gâteries.

Histoire de famille

L’enseigne d’Ulric et associés porte la curieuse inscription « Depuis 1961 ». Pourquoi donc ?

Disons d’abord que Michel Papineau était fortement attiré par le 4796 Foster, un ancien bureau de notaire vacant depuis 2014. Désireux d’avoir pignon sur rue pour son nouveau projet, il trouvait l’endroit idéal. Or, le hasard a voulu que l’édifice ait été construit, en 1961, par le grand-père de M. Papineau, Ulric Petit. En apprenant cela, la décision du couple était prise : c’est là qu’il ouvrirait son atelier, en le baptisant Ulric, naturellement.

Les deux entrepreneurs ont ensuite approché M. Arès, un Waterlois d’origine avec qui ils avaient déjà fait affaire à l’époque où ils possédaient le Studiotel de Bromont, qu’ils avaient complètement rénové. « On s’était toujours dit qu’on referait quelque chose ensemble. »

C’est donc sur un coup de coeur, sans étude de marché, que les trois partenaires ont choisi la municipalité de Waterloo qui, disent-ils, est « en effervescence » en ce moment. « Il y a une renaissance du magasinage en boutique. Les gens cherchent une saveur locale », estime M. Papineau. Détail non négligeable, le coût de la vie abordable à Waterloo leur permet d’offrir leurs produits à meilleurs prix, ajoute-t-il.

Grâce à la vision des trois partenaires — et un investissement de près de 250 000 $ —, l’endroit arbore désormais une allure contemporaine, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, qui suscite un intérêt certain. À peine deux semaines après l’ouverture, la réaction du public semble d’ailleurs surpasser les attentes des propriétaires. « Il y avait beaucoup plus de choses à l’ouverture. On s’est littéralement fait dévaliser ! », rigolent-ils.

Ceux-ci se projettent déjà dans l’avenir, en disant vouloir pousser plus loin le concept des ateliers de restauration, qui pourrait être « exporté » ailleurs en région.