Luc Jean voit grand pour sa salle d’arcade, la première à voir le jour à Granby depuis dix ans. «La principale critique des clients, c’est qu’il n’y a pas beaucoup de machines», dit celui qui veut notamment augmenter à 20 le nombre d’appareils électroniques offerts.

Amusement centre-ville : «Ça va marcher longtemps»

Assiste-t-on au retour des jeux d’arcade ? Luc Jean en est convaincu et a investi 175 000 $ dans l’ouverture de son Amusement centre-ville, situé rue Centre.

Le coloré commerçant de 54 ans, aussi propriétaire d’une entreprise d’extermination et de plusieurs immeubles, est fier de faire visiter sa salle de jeux nichée dans un ancien café chrétien et, pour ceux qui s’en souviennent, un ancien poste de police.

« J’ai commencé avec des machines à boules que j’avais dans mon sous-sol », dit M. Jean, qui achète régulièrement de nouveaux appareils afin de renouveler sa flotte.

En tout, il possède près de 80 appareils de type « machine à boule » ou jeu vidéo, mais la règlementation municipale ne lui permet, pour l’instant, que d’en avoir dix dans son local longiligne et aux lumières tamisées. Les autres sont placées au Zoo de Granby et dans certains campings et bars des environs.

Il espère convaincre la Ville d’augmenter à 20 le nombre d’appareils électroniques qu’il peut avoir dans sa salle d’arcade, la première à voir le jour à Granby depuis dix ans. « La principale critique des clients, c’est qu’il n’y a pas beaucoup de machines, alors ça va améliorer la rentabilité. »

Granby ne lui avait accordé au départ que quatre permis. « Ils avaient peur que ça devienne une place de délinquants, dit M. Jean. Mais on n’a jamais eu de problème. C’est des familles et des nostalgiques qui viennent ici ! Les jeunes n’ont pas connu les arcades. »

Ils étaient quand même quelques-uns lors d’un passage de La Voix de l’Est, mais plus intéressés par les tables de billard, de bowling et de air hockey que par les traditionnels flippers ou jeux vidéo de combat et de course automobile.

Réparation

L’endroit, admet Luc Jean, est encore peu fréquenté. Mais le commerçant aguerri a plus d’un tour dans sa manche. D’abord, Amusement centre-ville — dont le nom changera bientôt pour Funtastic — abrite aussi un atelier de réparation.

Tous les appareils en salle ou en voie d’être revampés peuvent aussi être achetés — mais attention, ces bidules sont dispendieux. Il faut allonger plusieurs milliers de dollars pour une machine usagée et jusqu’à 25 000 $ pour une neuve.

M. Jean caresse aussi le projet d’une salle d’arcade « tout compris » où contre un prix d’entrée de 12 $, tous les jeux — hormis les machines à boules — seraient gratuits. Il envisage aussi un centre d’amusement où de l’alcool serait servi, mais si ce projet voit le jour « ça sera ailleurs qu’à Granby », précise-t-il.

Il songe aussi à promener certains appareils « d’habileté » (jeu de boxe, de masse et de ice ball) à travers les festivals estivaux. Bref, c’est un retour aux sources pour celui dont le premier emploi fut de travailler comme homme à tout faire chez Amusement Harolds de Granby, dans les années 1960, puis chez Amusement GPG.

Il s’est ensuite lancé à son compte, mais le retrait des appareils de vidéopoker des arcades, au début des années 1990, a sonné le glas de cette industrie, estime-t-il. « On est passé de 535 opérateurs à 15. »

Mais ces commerces vont renaître, assure-t-il, citant les nombreux établissements du genre à avoir récemment ouvert leurs portes à Montréal. « Ça va marcher longtemps ici parce que je suis solvable ! », dit Luc Jean.