Techno

Facebook s’attend à une amende allant jusqu’à 5 milliards $

SAN FRANCISCO — En raison de sa gestion très controversée des données personnelles, Facebook table sur une amende record d’au moins 3 milliards $ aux États-Unis, une nouvelle qui a divisé par deux son bénéfice net au premier trimestre, malgré de solides résultats.

Le réseau social, qui a quand même affiché 2,43 milliards $ de bénéfice, indique avoir inscrit dans ses comptes la somme de 3 milliards en prévision d’une probable amende de l’agence de régulation fédérale (la FTC), mais précise que le total pourrait atteindre jusqu’à 5 milliards $.

L’agence de régulation cherche à savoir si Facebook n’a pas enfreint un accord à l’amiable datant de 2011, selon lequel le réseau social s’engageait au respect des données personnelles et à la transparence quant à leur utilisation.

Le régulateur avait ouvert des investigations après l’éclatement en mars 2018 du scandale des fuites de données vers la firme britannique Cambridge Analytica.

«Au premier trimestre, nous avons raisonnablement estimé une perte probable et inscrit 3 milliards $ liés à l’enquête de la FTC concernant notre plateforme et les pratiques liées aux données des utilisateurs», a écrit le groupe.

«Nous estimons que la fourchette de perte dans ce dossier se situe entre 3 et 5 milliards $. Le dossier reste en cours et il n’y a aucune certitude quant à la date et aux termes définitifs» de cette affaire, dit encore le réseau social.

La presse américaine a évoqué ces dernières semaines des négociations entre Facebook et la FTC sur le montant de la pénalité, dont le montant évoqué jusqu’ici tournait plutôt autour de 2 milliards $.

Résultats solides

Également, à cause de cette provision de 3 milliards $, le bénéfice ressort à 85 cents, moins qu’attendu.

Toutefois, à 15,1 milliards (+ 26 %), le chiffre d’affaires est un peu au-dessus des attentes. Le nombre d’utilisateurs mensuels actifs est de 2,38 milliards, conformes aux attentes des marchés, de même que le nombre d’usagers quotidiens (1,56 milliard).

Deux chiffres qui ont réjoui les investisseurs, qui se concentrent en règle générale sur l’activité des entreprises : vers 16h45, le titre prenait 4,8 % dans les échanges électroniques après la clôture de Wall Street.

En partie à cause de cette amende probable de la FTC, les dépenses de Facebook ont explosé de 80 % à 11,8 milliards $.

Le groupe est depuis plus de deux ans aux prises avec les controverses à répétition, de la manipulation du réseau à des fins politiques à la gestion des données de ses utilisateurs, qui constituent le fondement de son modèle économique.

Élus ou régulateurs tirent à boulets rouges sur le groupe, qui fait l’objet de poursuites et d’enquêtes tous azimuts dans plusieurs pays, outre les États-Unis.

Techno

Samsung reporte le lancement de son téléphone pliable

SAN FRANCISCO — Samsung a dû se résoudre lundi à repousser la sortie de son téléphone intelligent pliable Fold pour des problèmes d’écran, un nouveau coup dur dont les conséquences restent à déterminer, trois ans après le fiasco des batteries explosives du Galaxy Note 7.

Le lancement de cet appareil, présenté comme une prouesse technologique et proposé à près de 2000 dollars aux États-Unis, était attendu vendredi. Sa sortie est repoussée à une date indéterminée.

Des utilisateurs «nous ont fait part du fait que l’appareil avait besoin d’améliorations (...). Pour étudier entièrement ces retours, et réaliser des tests approfondis, nous avons décidé de reporter le lancement du Galaxy Fold», a affirmé le leader mondial des téléphones intelligents, promettant des «mesures pour renforcer la protection de l’écran».

Écrans brisés et affichage défectueux

Certains journalistes et analystes qui avaient reçu le Fold en test aux États-Unis avaient fait état de problèmes ces derniers jours, notamment des écrans brisés ou présentant un affichage défectueux.

Sans que l’on sache si cela était à l’origine de ces soucis, il semble que certains aient ôté à tort une couche de protection qui ressemblait fort au film plastique habituel que l’on trouve sur les téléphones intelligents neufs: Samsung préviendra les clients qu’il ne faut pas l’enlever.

Samsung, actuellement dans une passe compliquée financièrement, avait indiqué la semaine dernière qu’il inspecterait ses Galaxy Fold, mais sans parler de report.

Selon le communiqué de lundi, l’écran semble bel et bien présenter des fragilités, en particulier au niveau de la charnière, où des «impacts» peuvent se former. Le groupe évoque aussi un cas où des «substances trouvées à l’intérieur de l’appareil ont affecté la performance de l’écran».

Fermé, le Fold est un téléphone intelligent classique. Ouvert, il devient une petite tablette.

Carolina Milanesi, analyste chez Creative Strategies, n’a quant à elle pas eu de problème en testant le Fold, a-t-elle expliqué à l’AFP.

«Peut-être que certains tests en conditions réelles n’ont pas été menés», a-t-elle ajouté, tout en estimant que le retard ne devrait pas avoir un impact majeur sur Samsung, car le Fold, vu son prix et le temps nécessaire pour que systèmes et applications soient pleinement compatibles, n’est pas destiné à être un best-seller.

Vitrine

Mais c’est un produit vitrine pour Samsung, note son confrère Bob Enderle (Enderle Group), qui au contraire trouve la bévue très inquiétante, d’autant que Samsung aurait sans doute pu se l’épargner en donnant les bonnes informations aux testeurs.

Du coup, «l’impact indirect pourrait être important» pour l’entreprise, poursuit M. Enderle.

«Si un produit vitrine échoue, les gens ne croient plus que vous faites des produits de qualité. Cela peut créer des dégâts énormes», ajoute encore l’analyste, qui pense aussi que cela pourrait être du pain béni pour le chinois Huawei.

En tout état de cause, cela semble donner raison à certains analystes, qui estimaient déjà que la technologie des écrans pliables reste rudimentaire et les prix trop élevés.

Samsung avait présenté son appareil en grande pompe à San Francisco en février, prenant alors une longueur d’avance sur ses rivaux, Apple en particulier, en devenant le premier fabricant majeur à lancer un tel téléphone intelligent.

D’autres avaient suivi, comme Huawei, l’un des trois leaders du marché, avec Samsung et Apple.

C’est un nouveau revers pour Samsung, dont la réputation avait pris un sérieux coup en 2016 avec le rappel mondial du Galaxy Note 7 à cause de batteries qui explosaient. Il avait dû procéder à un humiliant rappel planétaire.

Une affaire qui lui a coûté des milliards de dollars et entamé son image, à l’instar de la condamnation de l’héritier de l’empire Samsung Lee Jae-yong dans un énorme scandale de corruption.

Le groupe semblait toutefois remonter la pente en terme de réputation et avait présenté en février, outre le Fold, le Galaxy S10 5G, le premier téléphone intelligent fonctionnant avec l’internet mobile ultrarapide.

Le groupe prévoit un plongeon de 60 % de son bénéfice d’exploitation au premier trimestre, en raison du ralentissement de son activité de puces mémoire, plombée par une demande en berne.

Le marché mondial du téléphone intelligent a nettement calé en 2018, poussant les fabricants à se lancer dans une course aux innovations pour le redynamiser.

Techno

Fini le papier pour les physiothérapeutes! Hexfit lance une application

EXCLUSIF / Après les kinésiologues et les nutritionnistes, Hexfit lancera, jeudi, une nouvelle application pour les physiothérapeutes avec des centaines d’exercices et un suivi personnalisé des patients.

Fini les papiers et les dessins pas toujours compréhensibles. Les patients des physiothérapeutes pourront exécuter leurs exercices en toute quiétude grâce à l’application d’Hexfit — disponible sur les cellulaires, les tablettes, et les ordinateurs — et à la présentation animée des exercices. 

La jeune entreprise de Québec a signé des partenariats avec l’Association québécoise de la physiothérapie et Physiopédia pour une créer les exercices, intégrer des données médicales explicatives, et de nombreux filtres.

«L’Association a eu son mot à dire pour la création du logiciel. Nous, on est des développeurs, on avait besoin de leurs connaissances et de leurs besoins pour créer un outil complet», a expliqué le pdg d’Hexfit, Étienne Dubois. «Les physiothérapeutes souhaitaient entre autres pouvoir utiliser leur téléphone. Il n’y a personne qui faisait ça. Ils sont toujours sur leur ordinateur où l’interface est vraiment vieille. C’était quelque chose d’important pour eux», a-t-il poursuivi. 

Hexfit s’était fait connaitre en 2015 avec le lancement d’une application destinée aux kinésiologues et à leurs clients. S’en est suivi peu de temps après une seconde application pour les nutritionnistes. Il aura fallu six mois de travail à l’équipe d’Hexfit pour ajouter la physiothérapie. Ils en ont profité pour optimiser le logiciel. 

«Concernant les filtres, le concept existait déjà avec les kinésiologues. Toutefois, la méthode de recherche d’un kinésiologue et d’un physiothérapeute est vraiment différente. C’est pourquoi nous avons complètement repensé les filtres, les mots clés, les grandes catégories», a-t-il indiqué. L’entreprise a par le fait même ajouté des exercices et modifié le créateur de plan d’exercices pour combler la différence.

Centraliser le dossier du patient

Les professionnels de ces trois corps de métier ont accès à l’ensemble des données des patients, ce qui permet un travail en équipe pour de meilleurs résultats. «Notre objectif est de centraliser le dossier entre les divers professionnels. Si vous voulez par exemple gagner de la masse et que vous voyez un kinésiologue et un nutritionniste, vous pouvez centraliser le dossier. Les deux professionnels vont pouvoir communiquer ensemble et le nutritionniste avec le module de nutrition va pouvoir faire des plans nutritionnels et le kinésiologue des programmes d’exercices», a fait valoir Étienne Dubois. 

«Le dossier appartient aussi au patient. Lorsqu’il change de professionnel, celui-ci a accès à son historique, pas besoin de tout réexpliquer.»

Plus de 3500 kinésiologues et nutritionnistes utilisent Hexfit. L’entreprise s’est également alliée avec plusieurs centres sportifs comme Nautilus Plus et l’Institut national du sport ainsi que des écoles et des équipes nationales canadiennes. On retrouve plus de 8000 exercices sur l’application et de nombreux plans alimentaires. 

L’application est disponible dans 21 pays et cinq millions d’exercices sont utilisés chaque mois.

Prochaine étape pour Hexfit, créer des applications pour les chiropraticiens, les massothérapeutes, et les ostéopathes.

Techno

Ubisoft offre la version numérique de Notre-Dame d’«Assassin’s Creed» en guise de réconfort

Alors que la cathédrale Notre-Dame de Paris, ravagée par les flammes, se prépare à des années de reconstruction, un jeu vidéo conçu à Montréal peut apporter un peu de réconfort virtuel à ceux qui souhaiteraient revisiter l’église, de sa flèche à ses tours, en passant par sa voûte caverneuse.

Les artistes et les historiens responsables du jeu Assassin’s Creed Unity, paru en 2014, ont passé 14 mois à parcourir des photos, des vidéos et des plans architecturaux afin de recréer un modèle numérique si réaliste que certains se sont demandé s’il pourrait aider à la reconstruction de la cathédrale du XIIsiècle.

L’historien Maxime Durand, de l’éditeur de jeux Ubisoft, doute que les plans numériques de la société soient nécessaires à ces efforts, mais il espère que le jeu puisse malgré tout contribuer à la rénovation, si ce n’est qu’en rappelant aux gens la beauté de la structure.

«Je crois que les architectes n’auront pas besoin de nos plans numériques pour reconstruire la cathédrale», a-t-il affirmé lors d’une entrevue téléphonique.

«Ceci dit, si la reconstruction que nous avons faite pour le jeu peut servir à enthousiasmer les gens pour sa reconstruction, si elle peut permettre à une personne de la visiter [virtuellement] en attendant de pouvoir y aller un jour [...] ce serait déjà notre contribution.»

M. Durand souligne que ce ne serait pas la première fois que l’art contribuerait à la rénovation de Notre-Dame.

Le roman de Victor Hugo Notre-Dame de Paris paru en 1831, a permis de faire mieux connaître la cathédrale gothique, qui était alors négligée depuis un certain temps. Le livre a conduit à un important projet de restauration et à la construction de sa flèche, qui s’est effondrée lundi.

Un demi-million d’euros

Victor Hugo espérait que son roman «enthousiasmerait les gens à propos du monument, ce qui a notamment contribué à revitaliser le monument, à le rénover de la façon dont nous le voyons de nos jours», explique M. Durand.

Ubisoft n’a pas précisé si elle avait proposé ses plans numériques pour faciliter les efforts de reconstruction. Mais mercredi, le concepteur français de jeux vidéo a annoncé qu’il ferait don de 500 000 euros, soit un peu plus de 750 000 $, pour la reconstruction et qu’il permettrait aux gens de télécharger gratuitement la version pour ordinateur de son jeu Unity pendant une semaine.

«Les jeux vidéo peuvent nous permettre d’explorer des lieux d’une manière que nous n’aurions jamais imaginée autrement», a expliqué l’entreprise dans un communiqué. «Nous espérons, avec ce petit geste, offrir à chacun l’occasion d’apprécier notre hommage virtuel à cette pièce monumentale d’architecture.»

La cathédrale est la pièce maîtresse du jeu qui se déroule pendant la Révolution française. Elle a été recréée principalement par l’artiste Caroline Miousse, qui a travaillé pendant 14 mois avec une équipe comprenant M. Durand et un artiste en textures.

Ensemble, ils ont étudié des photos, des vidéos et des plans architecturaux modernes et historiques pour créer une version tridimensionnelle de la structure pouvant être examinée sous tous les angles.

M. Durand assure que «l’hommage» du jeu à la cathédrale est grandement fidèle à la réalité, à quelques exceptions près. Par exemple, les artistes ont choisi d’inclure la célèbre flèche de l’église, même si celle-ci n’a été reconstruite que quelques décennies après l’époque où se déroule le jeu.

Actualités

Les jeux vidéo, un véritable sport ?

Les gamers professionnels qui s’entraînent pour participer à des compétitions d’e-sports « vont parcourir, avec leur main droite [en contrôlant la souris], l’équivalent de cinq à neuf kilomètres sur un tapis roulant en une heure ».

C’est ce que conclut Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies en éducation à l’Université de Montréal, au terme de deux études scientifiques sur le sport électronique.

Alors que les réactions sont mitigées quant à la reconnaissance des e-sports en tant que sport officiel, M. Karsenti souligne que lorsqu’ils sont pratiqués de façon compétitive, les jeux vidéo peuvent être considérés comme un véritable sport.

« En fin de compte, les cyberathlètes font plus d’efforts physiques qu’un professionnel du tir à l’arc ou même du golf, par exemple, et ces deux activités sont reconnues comme des sports olympiques », indique-t-il.

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Le gaming, une réelle profession

Williams Aubin — également connu sous le pseudonyme Zayt — est un gamer professionnel québécois qui se spécialise dans le populaire jeu vidéo Fortnite. En l’espace de seulement huit mois, le jeune homme originaire de Saint-Donat, dans Lanaudière, a remporté plus de 200 000 $ sur la scène compétitive du e-sport. Le 3 mars dernier, il s’est vu couronné champion d’un tournoi de Fortnite réunissant cent joueurs parmi les meilleurs au monde, à Katowice, en Pologne. Lui et son compatriote américain Ghost SAF ont empoché une somme de 80 000 $. Un beau cadeau pour Zayt au lendemain de son 19e anniversaire.

Techno

Avec les enceintes connectées, des conversations pas si privées

PARIS — «Alexa, quel temps fera-t-il demain à Paris?» La question au programme d'assistance vocal d'Amazon est anodine, mais a-t-on envie pour autant qu'elle tombe dans une oreille humaine? De récentes révélations sur le géant américain soulignent de nouveau l'opacité sur l'utilisation des données personnelles sur internet.

Neuf heures par jour, des équipes d'Amazon basées de Boston au Costa Rica en passant par l'Inde ou la Roumanie écoutent des milliers de fichiers audio captés par Alexa, l'assistant vocal d'Amazon, via les enceintes Echo. C'est ce qu'ont révélé à l'agence Bloomberg deux employés basés à Bucarest.

Ces oreilles humaines ne sont pas mentionnées de manière explicite dans les conditions d'utilisation d'Amazon, qui évoque simplement des enregistrements utilisés pour «améliorer l'expérience».

Plusieurs offres d'emploi «d'analyste de données» basées à Bucarest étaient vendredi en ligne sur la plate-forme «Amazon Jobs».

Une autre, pour un métier de «responsable qualité», toujours en Roumanie, souligne qu'Alexa, qui «écoute chaque jour des milliers de gens parler de différents [...] a besoin de notre aide pour donner du sens» à ces enregistrements.

«Nous n'annotons qu'un nombre extrêmement faible d'interactions provenant d'un ensemble aléatoire de clients afin d'améliorer l'expérience de nos clients», a réagi Amazon dans une déclaration transmise à l'AFP.

«Les employés n'ont pas d'accès direct à des informations qui leur permettraient d'identifier une personne ou un compte», assure la société.

En Europe, un règlement contraignant de protection des données, en vigueur depuis mai, est censé limiter la quantité de données transmises et donne notamment la possibilité aux utilisateurs de demander à les récupérer et les effacer.

Chez Google et Apple, qui selon Bloomberg ont également recours à des oreilles humaines, des processus d'identifiants aléatoires doivent permettre en principe qu'aucune information personnelle ne soit transmise dans les enregistrements.

Amazon propose d'effacer les enregistrements, mais ne mentionne pas la possibilité d'interrompre la transmission des enregistrements.

«Les conditions générales d'utilisation sont écrites par des armées de juristes, elles ont pour but de protéger l'entreprise juridiquement, pas d'informer le consommateur», met en garde Caroline Lancelot-Miltgen, enseignante et chercheuse à Audencia, spécialiste des questions de données personnelles.

«C'est aux consommateurs de dire stop. Mais ils voient les bénéfices immédiats de ces objets sans avoir conscience des risques», pointe-t-elle.

De rares alternatives 

Avoir une enceinte connectée serait donc comme placer un micro chez soi. Doit-on donc peser chaque mot prononcé en présence d'un assistant vocal?

En principe, non. Les objets connectés sont configurés pour se mettre en marche - et enregistrer - uniquement lorsqu'on les interpelle.

Mais l'assistant vocal peut confondre certains sons avec le mot-clé censé l'activer.

Selon l'enquête de Bloomberg, qui donne l'exemple d'une femme chantant sous la douche ou d'un enfant qui pleure, ces enregistrements involontaires ne sont pas rares. Mais deux personnes interrogées disent aussi avoir intercepté des sons pouvant indiquer une agression sexuelle.

«La voix est une donnée biométrique. Le vrai danger c'est l'usurpation d'identité à travers la copie de l'empreinte vocale. Ce n'est pas de la science-fiction!», met en garde Rand Hindi, membre du Conseil national du numérique. Mais aussi fondateur de Snips, une start-up qui propose des assistants vocaux fonctionnant sans internet.

Selon lui, le risque de constituer «une base de données de voix correspondant à tous les utilisateurs d'Amazon facile à croiser avec une autre base de données externe» est un danger bien réel.

Qui dit polémique, dit aussi marché potentiel. De rares alternatives aux assistants vocaux des poids lourds américains, à l'image de Snips, tentent en effet de profiter de la défiance face aux scandales secouant les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon).

L'Américain Winston Privacy ou le néerlandais Scalys proposent par exemple des boîtiers qui sécurisent et cryptent les communications avec les objets connectés. D'autres comme Smarte ont eux développé un module capable de bloquer les micros d'Amazon Echo.

Des initiatives aux parts de marché encore minces face aux géants: à eux seuls, les assistants vocaux d'Amazon et de Google pèsent toujours plus de 60% du marché mondial, selon le cabinet d'études Canalys.

Techno

L’antenne du futur est arrivée à Québec

Le futur du téléphone intelligent est arrivé discrètement à Québec, planté sur le toit d’un immeuble du parc technologique.

La première antenne 5G de la capitale a été installée sans fanfare, cet hiver, au-dessus d’un immeuble du 1405, boulevard du Parc technologique, qui abrite notamment l’Unité Mixte de Recherche en sciences urbaines et le centre de design de la compagnie Thales.

Techno

Six groupes suprémacistes canadiens exclus de Facebook et d’Instagram

OTTAWA — Six groupes et individus canadiens impliqués dans des organisations faisant la promotion de la «haine organisée» ont été bannis de Facebook par le réseau social. Parmi ceux-ci figure l’ancienne candidate à la mairie de Toronto Faith Goldy.

Facebook a aussi exclu de ses pages le groupuscule suprémaciste Canadian Nationalist Group et son président Kevin Goudreau, l’Aryan Strikeforce, les Wolves of Odin et les Soldiers of Odin.

Après un examen du contenu de leurs pages, Facebook a conclu que les six entités tentaient de promouvoir la haine, comme le proscrit la politique de l’entreprise sur les personnes et organisations dangereuses.

«Les individus et les organisations qui propagent la haine, attaquent ou appellent à l’exclusion d’autres personnes sur la base de leur identité même n’ont aucune place dans nos services», a indiqué Facebook dans un communiqué.

Mme Goldy avait présenté une couverture favorable au rassemblement des suprémacistes de Charlottesville pour le site Rebel Media en 2017. Elle avait été congédiée par l’entreprise pour avoir participé à des balados sur le site Internet d’un groupe néonazi.

En février, elle a été l’une des personnes qui ont prononcé des discours lors du périple d’un convoi de camionneurs protestant contre la taxe sur les émissions de carbone et pour la construction d’oléoducs au Canada. Certains avaient profité de l’occasion pour lancer des messages suprémacistes et dénoncer les immigrants. 

Techno

Snapchat mise sur les jeux, les séries et les partenariats

LOS ANGELES — Jeux vidéo exclusifs et intégrés à sa messagerie, partenariats avec d’autres applications, séries originales ultra-courtes au format téléphone intelligent: Snapchat, réseau social prisé des adolescents, a lancé jeudi de multiples innovations pour tenter de se démarquer de ses concurrents, et enfin gagner de l’argent.

Snapchat est né en 2011 de la volonté de permettre aux amis de se parler «mais l’amitié, c’est plus que les messages qu’on échange. C’est aussi les expériences que l’on partage», d’où l’idée de développer des jeux vidéos multijoueurs pour téléphones intelligents, un marché de 77 milliards de dollars l’an dernier, a expliqué Will Wu, responsable produit chez Snapchat.

«Nous avons voulu créer quelque chose qui rappelle les jeux de société en famille le week-end, qui donne l’impression de jouer à la console avec des amis, manettes à la main», a-t-il ajouté lors d’un «sommet» organisé à Los Angeles par Snapchat pour ses centaines de «partenaires», dont certains ont contribué à développer ces nouveaux jeux vidéo.

Les six jeux lancés jeudi par Snapchat permettent à plusieurs personnes, amies sur la messagerie, de jouer en temps réel tout en échangeant des messages écrits ou vocaux.

Comme «Bitmoji Party», développé en interne par Snap et très inspiré par la «Wii Party» de Nintendo, ils mettent en scène les «bitmoji». Ces petits personnages 3D, censés être à l’image de l’utilisateur, sont l’une des marques de fabrique de Snapchat.

Contrairement à d’autres jeux multijoueurs sur mobile, «Bitmoji Party peut être lancé directement depuis la barre de discussion, ce qui vous permet de jouer avec vos amis instantanément, pas besoin d’installation» depuis une autre application, souligne Will Wu.

Outre «Bitmoji Party», Snapchat propose dans l’immédiat cinq autres jeux, tous multijoueurs.

Les développeurs externes de ces jeux, dont l’offre a vocation à s’étoffer, devraient être financés via de la publicité intégrée.

«Nouvelles façons de créer» 

Pour enrichir son contenu et développer son réseau, Snapchat a également annoncé jeudi des partenariats avec des applications tierces qui auront accès à certaines fonctionnalités.

Par exemple, les montres connectées Fitbit utiliseront les personnages bitmojis de l’utilisateur sur leur écran et un abonné à Netflix pourra directement publier un message sur Snapchat concernant sa série favorite. Quant aux utilisateurs de l’appli de rencontres Tinder, ils pourront prochainement mettre leur «story» Snapchat sur leur profil.

Snapchat va par ailleurs continuer à étoffer son offre de séries exclusives gratuites lancée en octobre dernier. Il s’agit de véritables oeuvres de fiction, avec un début et une fin, mais très rythmées et très courtes (3 à 5 minutes par épisode). Et toutes sont filmées verticalement pour s’adapter à l’écran d’un téléphone intelligent.

«L’écriture sur mobile doit être différente (...) et nécessite de nouvelles façons de créer», insiste Sean Mills, responsable des contenus originaux chez Snapchat, qui note que les adultes américains passeront plus de temps sur leur mobile que devant leur télévision en 2019.

L’écran de ces «Snap originals» peut être ainsi scindé en deux, pour rendre compte simultanément des points de vue différents des deux adolescents de Two Sides, en pleine séparation amoureuse.

Adolescents encore les héros de Can’t talk now («je peux pas te parler maintenant»), soap opéra pour mineurs mettant en scène le quotidien d’élèves de 3e du point de vue de leurs vidéos.

D’autres séries vont explorer en vrac la vie des ventilateurs de baskets (Sneakerheads) ou la question raciale aux États-Unis (While Black).

Le réseau social n’abandonne pas pour autant ce qui a fait son succès, les filtres de réalité augmentée et autres effets visuels comiques (oreilles de lapin, visage du Joker...), avec des fonctionnalités nouvelles comme le suivi de la main ou la reconnaissance des animaux de compagnie.

Des lieux emblématiques, comme la Tour Eiffel et Buckingham Palace, ont aussi été ajoutés pour produire des trucages loufoques.

Snapchat compte près de 190 millions d’abonnés actifs quotidiens (DAU).

L’application est présente chez près de 75% des Américains âgés de 13 à 34 ans, selon le patron de Snapchat, Evan Spiegel.

«Nous touchons plus de 13-24 ans que Facebook ou Instagram aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France, au Canada et en Australie», a-t-il affirmé jeudi.

Snapchat n’a jamais dégagé de bénéfice depuis sa création.

Au dernier trimestre 2018, la société californienne a accusé une perte de 192 millions de dollars, pour un chiffre d’affaires de 390 millions.

Techno

Intelligence artificielle: encore du pain sur la planche pour le Canada

MONTRÉAL — À moins d'une semaine d'une conférence sur l'intelligence artificielle (IA) qui se tiendra Montréal, un nouveau rapport suggère que le Canada a encore du pain sur la planche en matière de rétention des cerveaux.

Préparé par l'entreprise québécoise Element AI, le document relève que 38 pour cent des 880 spécialistes ayant obtenu un doctorat au pays travaillent actuellement pour une société étrangère, ce qui est supérieur à la moyenne de 27 pour cent.

À l'inverse, le Canada a accueilli 185 experts en provenance de l'étranger, souligne le «Rapport mondial 2019 sur les talents en IA» qui a été publié cette semaine.

Selon le cofondateur de l'entreprise québécoise ayant vu le jour en 2016 et qui compte désormais 500 employés, Jean-François Gagné, il n'y a pas un exode des cerveaux au Canada malgré la proportion de spécialistes à l'emploi d'une compagnie établie à l'extérieur.

«Il y a encore des efforts à faire, mais nous avons effectué d'importants progrès depuis cinq ans, a-t-il dit au cours d'un entretien téléphonique, jeudi. La preuve, c'est que des compagnies américaines (comme Google et Facebook) ouvrent des laboratoires à Montréal.»

Selon M. Gagné, l'efficacité de la rétention ira en s'améliorant au fur et à mesure que l'on commercialisera des découvertes effectuées au Québec et au Canada.

Ce sont les compagnies établies aux États-Unis qui semblent avoir attiré le plus grand nombre des 880 chercheurs canadiens recensés par Element AI, avec 255, devant le Royaume-Uni, avec 40 personnes.

À l'échelle mondiale, le rapport estime qu'il y avait 36 524 spécialistes de ce secteur au début de 2019, en hausse de 66 pour cent sur un an, alors que le nombre d'articles scientifiques publiés a progressé de 19 pour cent.

D'après le document, le Canada se classe dans le top 5 de l'industrie, derrière les États-Unis, la Chine, le Royaume-Uni et l'Allemagne.

Toutefois, il semble que les universités canadiennes ne forment que quatre pour cent des experts internationaux, contre 44 pour cent pour les Américains et 11 pour cent du côté des Chinois. M. Gagné estime néanmoins que cette performance est notable.

«C'est assez spécial compte tenu du contexte très concurrentiel, a-t-il expliqué. On ne parle pas d'une science qui est marginale, mais qui est au coeur de la stratégie des pays. Que le Canada puisse tirer son épingle du jeu, c'est exceptionnel.»

Le rapport souligne également que les femmes sont sous-représentées car celles-ci ne constituaient que 18 pour cent des chercheurs ayant publié ou contribué à des conférences internationales.

M. Gagné estime que cela démontre qu'il y a un coup de barre à donner pour que tous puissent avoir un «droit de parole» en matière d'intelligence artificielle, «une science appelée à grandement modifier les sociétés».

«Il y a des défis à surmonter en matière d'accessibilité à l'IA dès un jeune âge, a expliqué le dirigeant d'Element AI. Il faut effectuer une promotion de la science en utilisant des véhicules qui représentent les intérêts de tous, dont les femmes.»

La semaine prochaine, le World Summit AI réunira près d'un millier de représentants du secteur de l'IA, dont 60 conférenciers, comme le professeur de l'Université de Montréal et directeur scientifique de l'Institut québécois d'intelligence artificielle Yoshua Bengio.

Des représentants de géants comme Google, Amazon, LinkedIn et Pinterest prendront également part à l'événement.

La semaine dernière, une étude de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS) suggérait que rien ne garantissait que les millions de dollars d'argent public injectés par les gouvernements provincial et fédéral allaient générer des retombées qui profiteront à tous.

Selon les calculs des chercheurs, plus de 2,5 milliards $ ont été allongés par Québec et Ottawa depuis 2017.