Accusations de harcèlement: Ubisoft remanie sa direction

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Accusations de harcèlement: Ubisoft remanie sa direction

PARIS — Exit le numéro deux, la directrice des ressources humaines et le chef de l’unité canadienne :  l’éditeur de jeux vidéo français Ubisoft, au cœur d’un scandale d’agressions et de harcèlement, a annoncé un remaniement spectaculaire de sa direction et promis des «changements majeurs dans sa culture d’entreprise».

Ces départs «font suite à un examen rigoureux que la société a mené en réponse aux récentes allégations et accusations de mauvaise conduite et de comportements inappropriés», a indiqué Ubisoft dans un communiqué diffusé dans la nuit de samedi à dimanche.

Précisément, le numéro deux «Serge Hascoët a choisi de démissionner de son poste de directeur de la création, avec effet immédiat. Ce rôle sera assumé dans l’intérim par Yves Guillemot, pdg d’Ubisoft», a souligné l’entreprise, qui avait annoncé le 26 juin enquêter sur des allégations de violence et de harcèlement visant des cadres dans plusieurs pays.

«Ubisoft n’a pas été en mesure de garantir à ses collaborateurs un environnement de travail sûr et inclusif», a regretté M. Guillemot, cité dans le communiqué diffusé tôt dimanche matin.

«Ce n’est pas acceptable. Tout comportement toxique est en opposition totale avec les valeurs avec lesquelles je n’ai jamais transigé et avec lesquelles je ne transigerai pas», a affirmé le dirigeant.

M. Guillemot «supervisera personnellement une refonte complète du mode de collaboration des équipes créatives», a promis Ubisoft, qui parmi ses franchises à succès, compte les séries Assassin’s Creed, Far Cry, Rayman ou encore The Crew.

En l’espèce, «Yannis Mallat, dirigeant des studios canadiens d’Ubisoft, quitte ses fonctions et la Société avec effet immédiat. Les récentes allégations apparues au Canada à l’encontre de nombreux salariés ne lui permettent pas de continuer à assurer ses responsabilités», a détaillé l’entreprise.

En outre, «Ubisoft va nommer un nouveau responsable monde des ressources humaines, en remplacement de Cécile Cornet, qui a décidé de démissionner de ce poste, et ce, dans l’intérêt de l’unité du groupe».

L’entreprise, qui compte 18 000 salariés dans le monde, dont 22 % de femmes, «a également décidé de restructurer et renforcer la fonction» ressources humaines et va faire «auditer et améliorer ses procédures et politiques» en la matière, a-t-elle assuré.

Nombreux témoignages

Les départs de M. Hascoët et Mme Cornet avaient été réclamés samedi par la section syndicale Solidaires Informatique d’Ubisoft, dans un tract en ligne reprenant des témoignages d’employés parus en particulier dans l’édition de samedi du quotidien français Libération.

Dès fin juin, de tels témoignages anonymes d’employés ou d’ex-employés d’Ubisoft étaient apparus sur Twitter, visant des cadres des studios de Toronto et Montréal, mais aussi au Brésil, en Bulgarie et aux États-Unis, et concernant parfois des faits remontant à plusieurs années.

Une ex-employée expliquait qu’un collègue lui avait demandé une fellation lors d’une soirée alors qu’elle travaillait encore à son bureau, d’autres relataient que tel directeur créatif du studio de Montréal avait «léché le visage» d’une collaboratrice lors d’une fête d’entreprise.

Le 4 juillet, M. Guillemot avait annoncé la démission d’un vice-président et la mise à pied d’un autre pour «comportements inappropriés», après avoir promis la veille un «changement structurel» au sein de l’entreprise.

«Je suis plus que jamais déterminé à mettre en oeuvre des changements profonds afin d’améliorer et renforcer notre culture d’entreprise», a juré le pdg dimanche.

«J’attends de tous les cadres du groupe qu’ils accompagnent leurs équipes avec le plus grand respect. J’attends également d’eux qu’ils s’attèlent à mener ce changement nécessaire, avec comme ligne de conduite ce qui est le mieux pour Ubisoft et tous ses collaborateurs», a conclu M. Guillemot.

Ubisoft a subi une perte nette de 193 millions $ lors de son exercice décalé 2019-2020, due notamment à une dépréciation d’actifs dans le jeu mobile, sur un chiffre d’affaires de 2,5 milliards $, en chute de 14 % sur un an.

Le groupe a affiché sa prudence pour l’exercice actuel sur fond de crise sanitaire, même si une hausse de la pratique des joueurs a été constatée dans des pays ayant confiné leur population.

Moteur de Wall Street, la tech vise encore plus haut

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Moteur de Wall Street, la tech vise encore plus haut

NEW YORK — À Wall Street, tout semble sourire aux valeurs technologiques, qui ont contribué en grande partie à l’impressionnant rebond boursier du second trimestre et ne cessent d’entraîner le NASDAQ vers de nouveaux sommets.

L’indice à forte coloration technologique de la place new-yorkaise, qui a grimpé de 18 % depuis le début de l’année, a franchi vendredi à la clôture son 27e record en 2020.

«La tech a été le carburant principal de la forte reprise qui a eu lieu après le plongeon de mars», souligne Daniel Ives, analyste financier pour Wedbush Securities.

«La pandémie de COVID-19 a accéléré la montée en puissance des secteurs du cloud (l’informatique dématérialisée, NDLR) et des technologies grand public ainsi que celle des piliers que sont les GAFAM», poursuit-il.

Ces cinq géants de l’Internet (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), qui représentent à eux seuls plus d’un quart de la valeur boursière cumulée des 500 plus grandes entreprises de Wall Street, ont tous vu leurs titres décoller et leur capitalisation gonfler entre avril et juin.

Dans le même temps, des noms emblématiques de secteurs frappés de plein fouet par les conséquences de la pandémie ont été retirés de l’indice élargi S&P 500, considéré comme le plus représentatif de la Bourse américaine. Cela a été le cas de la chaîne de grands magasins Macy’s en avril ou du constructeur de motos Harley Davidson en juin.

Selon Howard Silverblatt, spécialiste des indices chez S&P Dow Jones Indices, l’évolution naturelle du S&P 500 devrait le conduire à intégrer de plus en plus de valeurs technologiques.

«À un certain moment, l’indice doit réagir au marché et à l’économie. S’il y a des changements significatifs, il doit les refléter», explique M. Silverblatt.

Le sous-indice «technologie de l’information» du S&P 500 (qui ne compte toutefois pas Facebook, Google et Amazon) représente actuellement environ 28 % du S&P 500, contre moins de 19 % il y a une décennie.

Dans un environnement qui offre peu de garanties sur l’avenir, de nombreuses entreprises technologiques jouissent de perspectives de croissance et de revenus à même de rassurer les investisseurs. Elles auront l’occasion de le démontrer dans les prochaines semaines lors de la publication de leurs résultats trimestriels.

Ces garanties sont, selon M. Ives, ce qui différencie la hausse actuelle du secteur et la bulle Internet de la fin des années 1990.

«Les valorisations d’aujourd’hui se justifient par des facteurs fondamentaux de croissance, à l’opposé des valeurs totalement illusoires d’il y a 20 ans», souligne l’expert.

Le cas du fabricant de véhicules électriques haut de gamme Tesla, devenu début juillet le constructeur automobile le plus cher en Bourse au monde devant Toyota, est à cet égard emblématique.

L’entreprise livre certes beaucoup moins de voitures que des groupes comme GM, Ford ou Fiat-Chrysler, mais les investisseurs s’intéressent davantage aux prouesses technologiques des modèles de la firme californienne et à la part croissante des voitures électriques sur le marché automobile.

«C’est le monde de Tesla, et tous les autres paient le loyer», résume M. Ives.

Menaces

Les mesures de confinement et la généralisation du télétravail ont aussi profité à plusieurs noms de la tech ces derniers mois, dont le service de visioconférence Zoom, la plateforme de streaming Netflix ou encore l’éditeur de jeux vidéo Activision Blizzard.

«Il y a l’idée que ces entreprises sont importantes aujourd’hui et qu’elles le resteront après la pandémie», indique Quincy Krosby, responsable de la stratégie marchés chez Prudential.

Une reprise soutenue de l’activité économique américaine pourrait toutefois entraver la progression vertigineuse en Bourse du secteur.

«A chaque fois que l’économie a donné des signes de redémarrage, on a vu des prises de bénéfice du côté des grands noms de la tech et un réinvestissement de cet argent vers la finance ou les biens et services», souligne Mme Krosby.

Les menaces politiques et judiciaires qui pèsent sur les poids lourds de l’Internet sont une autre source éventuelle d’inquiétude même si elles n’ont jusqu’à présent pas fait paniquer les investisseurs.

Les patrons de Google, Apple, Facebook et Amazon seront interrogés le 27 juillet par des parlementaires américains dans le cadre d’une des enquêtes sur d’éventuelles pratiques anticoncurrentielles.

«Le 27 juillet sera une date importante pour savoir s’il s’agit d’esbroufe politique ou si c’est le début de quelque chose de plus vaste concernant le démantèlement de ces entreprises», observe Daniel Ives.

Selon l’expert, un changement d’administration à Washington, avec une victoire de Joe Biden face à Donald Trump en novembre lors de l’élection présidentielle, pourrait changer la donne et rendre le marché moins serein à l’égard de ces géants technologiques.

Twitter masque un nouveau tweet de Trump pour «comportement inapproprié»

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Twitter masque un nouveau tweet de Trump pour «comportement inapproprié»

SAN FRANCISCO — Twitter a de nouveau épinglé Donald Trump mardi, avec une mention signalant qu’un de ses tweets «enfreignait» les règles du réseau portant sur les «comportements inappropriés», tout en laissant la possibilité de le lire.

«Il n’y aura jamais de zone autonome à Washington tant que je serai votre président. S’ils essaient, ils feront face à une force conséquente», a tweeté le président américain, dans un contexte de manifestations contre les violences policières et le racisme depuis des semaines.

«Notre règlement stipule que nous n’autorisons pas les gens à souhaiter ou espérer nuire à une personne ou à un groupe de personnes», a expliqué Twitter en réponse à une sollicitation de l’AFP.

Les utilisateurs ne pourront pas «aimer» le message, ni y répondre ou le retweeter sans commentaire.

Le mois dernier, le réseau des gazouillis avait déjà prouvé qu’il ne craignait pas de sanctionner le locataire de la Maison-Blanche, toujours très volubile sur sa plateforme préférée.

Twitter avait d’abord signalé comme trompeurs des propos de Donald Tump sur le vote par correspondance, articles de journaux à l’appui.

Puis il a épinglé un autre tweet pour «apologie de la violence» : «Les pillages seront immédiatement accueillis par les balles», déclarait Donald Trump au sujet des manifestations qui dégénéraient parfois en émeutes.

Le milliardaire au pouvoir a contre-attaqué, dès le premier avertissement de Twitter, en signant un décret qui remet en cause une loi fondamentale de l’internet américain et du modèle économique des géants des réseaux.

La Section 230 offre aux plateformes numériques une immunité contre toute poursuite judiciaire liée aux contenus publiés par des tiers. Et leur donne la liberté d’intervenir à leur guise pour policer les échanges.

Facebook, qui n’a pas retiré les mêmes messages du président, a été vivement critiqué pour son inaction par la société civile, mais aussi en interne, par ses propres employés.

À cinq mois de la présidentielle américaine, les réseaux tâchent plus que jamais de ménager la chèvre et le chou. Ils doivent valoriser la liberté d’expression tout en polissant les échanges entre utilisateurs, souvent houleux, voire hargneux.

Ils sont aussi sommés de prendre des mesures de lutte contre le racisme systémique qui empoisonne les États-Unis.

Des centaines de milliers d’Américains se sont mobilisés depuis près d’un mois, dans la rue et sur les plateformes, pour réclamer la justice pour George Floyd, un Afro-Américain tué par un policier blanc, et des réformes des forces de l’ordre.

À Washington, quelques manifestants ont tenté lundi d’ériger un campement aux abords de la présidence sur le modèle de la zone sans police créée à Seattle.

Amazon annonce un fonds pour le climat doté de deux milliards $US

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Amazon annonce un fonds pour le climat doté de deux milliards $US

WASHINGTON — Le géant de la distribution en ligne Amazon a annoncé mardi la création d’un fonds d’investissement doté de deux milliards $US pour financer des entreprises qui permettront d’arriver à «une économie zéro carbone».

«Le Climate Pledge Fund doit permettre le développement de technologies et de services qui permettront à Amazon et d’autres entreprises de devenir neutres en matière de carbone d’ici 2040», souligne l’entreprise dans un communiqué.

Amazon gère un gigantesque réseau logistique à travers le monde pour ses livraisons, mais a aussi développé une offre d’informatique dématérialisée, basée sur des fermes de serveurs grandes consommatrices d’énergie.

Le groupe s’est engagé l’année dernière à atteindre la neutralité carbone d’ici 2040, rencontrant parfois le scepticisme d’organisations de lutte contre le changement climatique en raison de la très forte empreinte carbone de l’entreprise.

Des entreprises de toute taille — de la start-up à des sociétés déjà bien établies — et dans le monde entier seront éligibles pour recevoir des fonds.

«Le Climate Pledge Fund va investir dans des entreprises de différents secteurs y compris les transports, la logistique, la production, le stockage ou encore l’utilisation d’énergie, mais aussi le secteur manufacturier et des matériaux, l’économie circulaire et l’agro-alimentaire», a souligné Amazon.

L’entreprise a indiqué qu’elle envisageait de laisser d’autres entreprises, qui se sont associées à l’initiative de neutralité carbone annoncée l’année dernière, participer à ce fonds d’investissement.

Dans son rapport 2019 sur les engagements en matière de développement durable, Amazon a également affirmé avoir pris de l’avance sur son plan initial de ne consommer que de l’énergie renouvelable.

L’entreprise compte arriver à 100 % d’énergie renouvelable consommée en 2025, soit cinq ans avant la date initialement annoncée dans sa promesse pour le climat.

Google — lui aussi un des grands du cloud — n’utilise que de l’énergie renouvelable depuis plusieurs années, tandis que Microsoft s’est engagé à afficher un bilan carbone négatif d’ici 2030.

Amazon a précisé que l’opérateur de télécoms Verizon, Reckitt-Benckiser, le groupe de produits ménagers, ainsi que Infosys, une société de développement informatique, s’étaient associés récemment à cette initiative, lancée à l’automne 2019 à grand renfort de publicité par Jeff Bezos, le patron et fondateur d’Amazon.

La pandémie de COVID-19 a fait passer au second plan la lutte contre le changement climatique.

Globalement, les températures moyennes de ces cinq et dix dernières années ont été les plus élevées jamais enregistrées.

Depuis les années 1980, chaque décennie a été plus chaude que la précédente, selon un rapport de l’Organisation Météorologique Mondiale publié en janvier, qui s’attend à ce que tendance se poursuive.

Selon l’agence spécialisée de l’ONU, la température mondiale annuelle en 2019 a dépassé de 1,1°C la moyenne enregistrée à l’époque préindustrielle (1850-1900).

Désinformation : TikTok signe le code de l'UE contre la désinformation

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Désinformation : TikTok signe le code de l'UE contre la désinformation

BRUXELLES — TikTok, nouveau réseau social phénomène, a rejoint lundi le code de bonnes pratiques de l’UE contre la désinformation en ligne, alors que les géants du numérique tentent de persuader l’Europe de renoncer à une législation supplémentaire.

«Nous sommes fiers d’adhérer [au code de bonnes pratiques] pour apporter notre part», a déclaré Theo Bertram, responsable des relations avec les autorités en Europe.

Facebook, Twitter et Google ont participé à la création de ce code en 2018, dans lequel ils s’engagent, sur une base volontaire, à agir contre la diffusion de fausses nouvelles.

Ce code suppose notamment de prévoir des garanties contre la désinformation, la transparence de la publicité politique, d’intensifier la lutte contre les faux comptes et d’améliorer la visibilité des contenus fiables.

Un autre code a par ailleurs été lancé en 2016 par la Commission, cette fois pour lutter contre la haine en ligne. Facebook, Twitter, YouTube et Microsoft notamment s’y engagent à «avoir des procédures claires et efficaces pour examiner» en moins de 24 heures les signalements de «discours de haine illégaux» et à les supprimer si besoin.

«L’annonce d’aujourd’hui montre une fois de plus que les compagnies internet prennent leurs responsabilités au sérieux et sont prêtes à participer», a commenté Siada El Ramly, à la tête d’EDiMA, lobby bruxellois des grands réseaux sociaux américains.

La Commission européenne, le bras exécutif de l’UE, est en train de préparer une nouvelle «Législation sur les services numériques» («Digital Services Act») qui pourrait rendre punissable par la loi toute mauvaise gestion de contenu illégal.

Cette législation à venir «va faire une différence», a assuré le commissaire européen à la Justice Didier Reynders.

Cela pourrait inclure des mesures «contraignantes» pour les plateformes, incitées à «clarifier comment elles prennent en charge les discours de haine sur leurs plateformes», a-t-il expliqué dans un communiqué de la Commission.

Les géants du numérique ont pu être confortés par la censure par le Conseil constitutionnel d’une nouvelle loi française sur la haine en ligne. La haute autorité a considéré que la mesure prévoyant pour les plateformes et moteurs de recherche l’obligation de retirer sous 24 heures les contenus «manifestement» illicites, sous peine d’être condamnés à des amendes, était contraire à la liberté d’expression.

Cette loi était vue comme en modèle potentiel pour la législation européenne sur les services numériques, qui adoptée pourrait devenir un exemple à suivre pour la régulation des géants du numérique dans le monde.

Apple unit les iPhone et les Mac avec une nouvelle puce

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Apple unit les iPhone et les Mac avec une nouvelle puce

SAN FRANCISCO — Vos applications sur votre Mac: d’ici la fin de l’année, il sera possible d’utiliser des applications de l’iPhone sur les nouveaux ordinateurs de la gamme, a annoncé Apple lundi, en plus d’une série d’améliorations visant toujours plus une symbiose entre ses clients et ses appareils.

Le géant de l’électronique va désormais fabriquer ses propres puces pour sa gamme d’ordinateurs, sans délaisser complètement Intel, afin de rassembler les écosystèmes des iPhone, iPad et Mac.

Patagonia rejoint les entreprises qui boycottent Facebook

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Patagonia rejoint les entreprises qui boycottent Facebook

WASHINGTON — Patagonia, la marque de produits de loisirs de plein air, s’est associée à l’appel au boycott de Facebook  pour protester contre le premier réseau social du monde accusé de ne pas faire assez pour se débarrasser de messages de haine ou d’incitations à la violence au nom de la liberté d’expression.

Patagonia est venue rejoindre ses concurrentes North Face ou encore REI, qui s’étaient jointes à l’appel aux annonceurs à boycotter Facebook au mois de juillet. Cet appel a été lancé la semaine dernière par des associations de défense des Noirs américains et de la société civile.

Baptisée  #StopHateForProfit («Non à la haine pour les profits»), cette campagne est notamment soutenue par la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), ColorOfChange, ADL (Anti-Defamation League, une organisation juive), FreePress et Sleeping Giants.

Elle vise à obtenir une meilleure régulation des groupes incitant à la haine, au racisme ou à la violence sur le réseau.

«Patagonia est fier de se joindre à la campagne Stop Hate For Profit», a tweeté la marque.

«Nous allons immédiatement arrêter toutes nos publicités sur Facebook et Instagram, au moins jusqu’à la fin juillet, en attendant que le géant des réseaux sociaux prenne de vraies mesures», a ajouté Patagonia.

North Face l’avait précédé vendredi: «On rejoint en quittant», avait-il tweeté précisant ultérieurement que cela concernait toutes les plateformes de Facebook.

Pour l’heure l’impact financier de cet appel est difficile à quantifier, mais ne représente qu’une toute petite portion des revenus de Facebook, qui tire l’essentiel de ses énormes bénéfices (18,5 milliards $US ou 25 milliards $ en 2019) de la publicité en ligne.

Les associations reprochent notamment à Facebook d’avoir inclus le site Breitbart, proche de l’extrême droite américaine, parmi ses partenaires médias pour son fil d’actualités.

Plus récemment, elles n’ont pas accepté le refus du patron Mark Zuckerberg de modérer des messages polémiques de Donald Trump, considérés par Twitter, de nombreux observateurs et employés de Facebook comme relevant de l’incitation à la violence.

Les messages du président portaient sur les manifestations et émeutes qui ont suivi la mort de George Floyd, un Afro-Américain asphyxié par un policier blanc à Minneapolis.

Ce meurtre a entraîné une mobilisation sans précédent, dans la rue et sur les réseaux, contre un racisme systémique.

De nombreuses entreprises ont depuis annoncé des dons ou lancé des initiatives pour montrer leur solidarité avec ces mouvements, y compris Facebook.

Facebook retire des pubs de la campagne Trump comportant un symbole nazi

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Facebook retire des pubs de la campagne Trump comportant un symbole nazi

SAN FRANCISCO — Régulièrement accusé de laxisme vis-à-vis de Donald Trump, qui se répand sur les réseaux sociaux en messages électoraux et attaques frontales polémiques, Facebook a eu l’occasion d’intervenir jeudi contre des messages du président américain qui arboraient un symbole nazi presque unanimement condamné.

Le géant des réseaux sociaux a retiré des publicités publiées par la campagne électorale de Donald Trump.

Elles qui s’attaquaient à l’extrême-gauche et affichaient un triangle rouge inversé, le symbole utilisé par les nazis pour désigner les prisonniers politiques dans les camps de concentration.

«Nous avons enlevé ces posts et pubs parce qu’ils enfreignent notre règlement sur la haine organisée», a déclaré un porte-parole du géant des réseaux sociaux jeudi.

L’alerte a d’abord été donnée par le Washington Post, qui a signalé ces contenus problématiques à Facebook. La plateforme a ensuite dépublié les annonces qui comportaient le triangle rouge.

«Nous n’autorisons pas les symboles qui représentent des organisations haineuses ou des idéologies haïssables à moins que ce soit pour les condamner», a justifié Nathaniel Gleicher, le directeur des règlements sur la cybersécurité chez Facebook, interrogé lors d’une audience au Congrès américain jeudi sur l’article du Washington Post.

Symbole

Le triangle rouge apparaissait sur certains messages de campagne commandités par le président américain, le vice-président Mike Pence, et la page de l’équipe de campagne «Team Trump» («équipe Trump»).

Le texte attaquait les «dangereuses hordes de groupes d’extrême-gauche» et appelait les internautes à signer une pétition contre les «Antifa» ou anti-fascistes, que le chef d’État a accusé, sans preuve, de causer des dégradations dans les manifestations contre les violences policières.

Les nazis faisaient porter ce symbole aux prisonniers politiques de gauche.

«Utiliser ce symbole pour attaquer des opposants politiques est très agressif», a commenté sur Twitter Jonathan Greenblatt, le directeur d’ADL (Anti-Defamation League, une association juive). L’équipe de campagne du président «devrait apprendre l’histoire, l’ignorance n’est pas une excuse», a-t-il continué.

«C’est un symbole utilisé par les Antifa», a répondu un compte intitulé «Trump War Room». Une affirmation réfutée par des associations de la société civile, comme Media Matters.

Ce n’est pas la première fois que la plateforme mondiale retire des pubs postées par l’équipe du président.

En mars, Facebook avait dépublié une publicité de Donald Trump qui ressemblait à un message officiel en faveur du recensement, mais qui redirigeait les utilisateurs vers son site de campagne.

Dilemme

Le débat sur la modération des publicités et propos politiques sur les plateformes agite les États-Unis depuis des mois, à moins de 140 jours de l’élection présidentielle.

Facebook autorise les pubs à caractère politique et refuse de soumettre les propos des candidats et élus à son programme de vérification des faits, dans l’intérêt du public à se faire sa propre opinion.

Mais leurs messages restent soumis aux règles générales contre le terrorisme, l’apologie de la violence ou encore les fausses informations pratiques sur les scrutins.

Cette approche n’empêche pas les dilemmes et controverses.

Contrairement à Twitter, Facebook a refusé d’intervenir sur des messages polémiques du président fin mai, un sur le vote par correspondance (qu’il assimilait à de la fraude électorale) et un autre sur les manifestations et émeutes qui ont suivi la mort de George Floyd, un Afro-Américain asphyxié par un policier blanc à Minneapolis.

Ce dernier a été considéré par Twitter, de nombreux observateurs et même des employés de Facebook comme relevant de l’incitation à la violence.

Le refus de céder du patron Mark Zuckerberg a suscité une nouvelle levée de boucliers contre le réseau.

Mercredi, des associations de défense des Noirs américains et de la société civile (dont ADL) ont lancé un appel au boycott de Facebook par les annonceurs pendant le mois de juillet, pour obtenir une meilleure régulation des groupes y incitant à la haine, au racisme ou à la violence.

Facebook avait promis de réévaluer sa position sur les publicités politiques. Seule concession pour l’instant, elle aussi controversée : le réseau donne désormais la possibilité à ses utilisateurs qui souhaitent de toutes les désactiver.

Les applications de traçage pour la COVID-19: alliées ou ennemies?

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Les applications de traçage pour la COVID-19: alliées ou ennemies?

MONTRÉAL — Alors qu’une seconde vague de COVID-19 est redoutée, les applications de traçage numérique de la population pourraient être de précieuses alliées, mais des experts préviennent que cette forme de surveillance de la population a des limites et peut aussi être source de discrimination et de stigmatisation.

Depuis le début de la pandémie, ces applications défraient les manchettes un peu partout dans le monde : certains les craignent, d’autres les envisagent avec espoir.

Dans tous les cas, elles soulèvent des questions, et c’est pourquoi elles ont fait l’objet d’un débat virtuel d’experts mardi, organisé par l’Institut du Nouveau Monde (INM). L’Institut est un organisme non partisan dont la mission est d’accroître la participation des citoyens à la vie démocratique.

Ces applications visent à retracer et aviser les personnes qui ont été à proximité physique de ceux et celles ayant contracté la COVID-19 en utilisant les données de géolocalisation ou la technologie Bluetooth des téléphones cellulaires.

Plusieurs pays utilisent déjà cette technologie pour lutter contre la propagation du virus et les gouvernements du Québec et du Canada l’envisagent. L’Alberta a déjà choisi d’aller de l’avant avec une application qui peut être téléchargée de façon volontaire.

Alors que la possibilité d’une seconde vague plane, les gouvernements cherchent à se préparer, en l’absence de traitement et de vaccin pour la COVID-19, a souligné en introduction la professeure Marie-Pascale Pomey, du Département de gestion, évaluation et politique de santé de l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

Plusieurs préoccupations

De telles applications pourraient éviter un autre confinement total, car si les éclosions sont bien localisées, cela donne la possibilité de faire des «confinements ciblés», sans fermer toute la province. «Mais pour cela, cela prend de l’information», dit-elle.

Elle a recensé diverses préoccupations des experts et des citoyens : les aînés et les personnes économiquement défavorisées n’ont pas tous accès à des téléphones intelligents possédant ces technologies. Elles pourraient être laissées en plan par une telle façon de procéder, alors qu’elles ont été les plus durement touchées par la première vague de la COVID-19.

Il faut toutefois noter qu’au Québec, comme ailleurs, les autorités sanitaires ont effectué ce travail de retraçage avec l’aide de leurs employés.

Les citoyens s’inquiètent aussi d’une mauvaise utilisation des données recueillies et d’atteintes à leur vie privée, a noté la professeure Pomey. Ils ne veulent pas que cette technologie se retourne contre eux, dit-elle.

Les risques de discrimination et de stigmatisation sont bien présents, ainsi que le fait que les individus n’auront peut-être pas le choix de se servir ou non d’une telle application : par exemple, si l’employeur requiert son utilisation.

Ceux qui refusent perdront-ils leur emploi? a demandé lors du débat Karine Gentelet, professeure agrégée à l’UQO, chercheure au Laboratoire de cyberjustice et à l’Observatoire international des impacts sociétaux de l’intelligence artificielle et du numérique, qui craint aussi les violations des droits de la personne.

Surveillance des populations

La banalisation de l’usage de ces technologies ouvre la porte à la surveillance des populations notamment vulnérables et marginalisées ou habitant dans certains quartiers.

Professeure Gentelet donne en exemple la recrudescence d’actes racistes envers les personnes d’origine asiatique depuis le début de la pandémie.

Mardi, Amnistie internationale mettait justement en garde contre les applications de traçage, notamment celles du Bahreïn et du Koweït, que l’organisme juge «dangereuses» pour la vie privée.

Et puis, des problèmes sont déjà survenus : la Norvège a dû retirer son application de traçage en raison de problèmes de sécurité et une application utilisée en France a amassé beaucoup plus d’informations que ce qui avait été promis, a rappelé la professeure Gentelet, aussi conseillère sur les enjeux d’intelligence artificielle pour Amnistie internationale Canada francophone.

Elle s’inquiète que certaines populations soient stigmatisées par l’usage de ces applications.

Débat polarisé

Jocelyn Maclure, professeur titulaire à la Faculté de philosophie de l’Université Laval et président de la Commission de l’éthique en science et en technologie (CEST) du gouvernement du Québec, note que le débat est très polarisé.

Il juge qu’il faut éviter le «technosolutionisme» (chercher à résoudre tous les problèmes sociaux complexes avec la technologie), mais aussi le «catastrophisme».

Il ne croit pas qu’il faille exclure d’emblée ces applications, mais juge qu’il faut prendre le temps d’évaluer leurs bénéfices et leurs défauts.

Yoshua Bengio, le directeur scientifique de l’Institut québécois d’intelligence artificielle (MILA), qui a développé l’application de traçage COVI, a aussi participé au débat de l’INM.

Il a souligné bon nombre de solutions pour prévenir les violations des droits des citoyens : commencer par un projet pilote (le Royaume-Uni a procédé de la sorte) et la création d’une application qui va s’autodétruire avec la fin de la pandémie, tout comme les données recueillies — c’est le cas de COVI, l’application créée par MILA. Il a aussi signalé que des pays ont développé des technologies Bluetooth bon marché (5-10 $) pour que les personnes âgées y aient accès.

La rapidité de la mise en œuvre de telles applications dépend de la confiance que l’on a envers les différentes technologies, a-t-il dit. Mais selon lui, «étant donné le nombre de morts, on ne peut pas se permettre de dire : “on attendra d’être 100 % sûrs avant d’essayer quelque chose”».

Débat nécessaire

La professeure Pomey croit qu’on peut regarder la question sous l’angle d’une espèce de compromis : comment sommes-nous prêts à renoncer à des libertés (en dévoilant des informations personnelles) pour gagner certaines libertés et éviter un confinement?

Mais pour cela, il faut consulter la société civile, estime la professeure Gentelet, et faire de l’éducation pour que les gens comprennent de quoi il est question, en les consultant avant de décider ce qui est acceptable ou non.

«Il faut un débat de fond», dit-elle.

Sur le plan de la légitimité démocratique, «il me semble qu’un débat parlementaire s’impose», a renchéri M. Maclure.

Concurrence: Apple encore en eaux troubles en Europe

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Concurrence: Apple encore en eaux troubles en Europe

BRUXELLES — La Commission européenne croise de nouveau le fer avec la Silicon Valley : elle a annoncé mardi l’ouverture de plusieurs enquêtes contre Apple, accusé de pratiques anticoncurrentielles.

Il y a près de quatre ans, l’exécutif européen avait déjà frappé un grand coup contre la marque à la pomme, en la sommant de rembourser à l’Irlande 21 milliards $ d’avantages fiscaux indus.

Apple s’est aussitôt insurgé mardi:  il a jugé que les plaintes des entreprises à l’origine des enquêtes ouvertes par Bruxelles sont «infondées», accusant les plaignants de vouloir «profiter de la situation sans payer».

Ce nouveau front ouvert par l’UE survient quelques mois avant des propositions de Bruxelles très attendues de réformes du droit européen qui permettraient de limiter la puissance des géants américains de l’Internet.

«Contrôleurs d’accès»

Apple, mais aussi Amazon, Google et Facebook sont en effet accusés par nombre de leurs petits concurrents d’être des «gatekeeper» ou «contrôleurs d’accès» qui, du fait de leur hégémonie, les empêchent de se développer, voire de survivre.

La première enquête lancée mardi fait suite à une plainte du suédois Spotify, qui accuse Apple d’abuser de sa position dominante sur le marché de la musique en ligne.

Spotify reproche notamment à la firme américaine, propriétaire à la fois du système d’exploitation iOS et de l’App Store, d’imposer un droit de 30 % aux services de musique en ligne qui vendent leur abonnement via sa boutique, enchérissant d’autant son coût pour les utilisateurs.

Dans le cadre de cette première investigation, Bruxelles mentionne également la plainte d’un distributeur de livres électroniques/livres audio, mécontent des règles des applications de l’App Store. L’exécutif européen ne nomme toutefois pas cette entreprise, qui selon le quotidien britannique Financial Times serait Kobo, filiale de livres électroniques du japonais Rakuten.

«Les applications mobiles ont fondamentalement changé la façon dont nous accédons au contenu. C’est Apple qui fixe les règles applicables à la distribution des applications aux utilisateurs d’iPhones et d’iPads», constate la vice-présidente exécutive de la Commission européenne, chargée de la concurrence, Margrethe Vestager.

Twitter ferme des comptes chinois, Zoom accède à des demandes de Pékin

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Twitter ferme des comptes chinois, Zoom accède à des demandes de Pékin

HONG KONG — Le réseau social américain Twitter va fermer des dizaines de milliers de comptes de propagande et désinformation liés au gouvernement chinois, son compatriote Zoom reconnaissant pour sa part avoir accédé à des demandes de Pékin pour suspendre aux États-Unis et à Hong Kong des comptes de défenseurs des droits de l’Homme.

Twitter, comme YouTube, Google et Facebook, est interdit en Chine, dotée d’une «Grande muraille informatique» pour bloquer les contenus indésirables. Mais diplomates chinois et médias d’État inondent ces plateformes de messages.

Vendredi, Twitter a annoncé avoir désactivé un «noyau» de 23 750 comptes liés à la Chine et relayés par quelque 150 000 autres comptes servant d’»amplificateurs». Les contenus ont été sauvegardés pour la recherche scientifique.

Le réseau a été découvert avec des outils mis en place en août pour effacer les comptes liés à Pékin lors des manifestations pro-démocratie à Hong Kong.

Ce réseau publiait des tweets, principalement en chinois et vraisemblablement destinés à la diaspora, «diffusant des théories géopolitiques favorables au Parti communiste chinois, tout en soutenant des théories trompeuses sur la dynamique politique à Hong Kong», explique Twitter dans une note d’analyse.

Ces milliers de comptes ont également servi à promouvoir les vues de Pékin concernant la lutte contre le coronavirus, puis les manifestations antiracistes aux États-Unis pour «créer la perception d’une équivalence morale avec la répression des manifestations à Hong Kong», selon le groupe de réflexion australien Aspi (Australian Strategic Policy Institute) qui les a analysés.

«Alors que le Parti communiste chinois n’autorise pas le peuple chinois à utiliser Twitter, notre analyse montre qu’il n’hésite pas à s’en servir pour répandre de la propagande et de la désinformation», estime un responsable de l’Aspi, Fergus Hanson.

Invitée à réagir, une porte-parole de la diplomatie chinoise, Hua Chunying, a fustigé vendredi la décision de Twitter, assurant que la Chine était «la plus grande victime de désinformation».

«Si Twitter veut remplir sa part du contrat, ils devraient fermer [les] comptes organisés et coordonnés pour attaquer et discréditer la Chine», a suggéré Mme Hua, elle-même une fervente utilisatrice du réseau social.

En mai, Twitter avait placé un avertissement invitant à vérifier les faits sur un tweet d’un porte-parole du gouvernement chinois reprenant une thèse conspirationniste selon laquelle l’armée américaine pouvait avoir introduit le nouveau coronavirus en Chine.

Cette suppression massive de comptes constitue la deuxième offensive en un an des compagnies technologiques américaines pour contrer des réseaux d’influence attribués au gouvernement chinois.

Questions pressantes

En août 2019, Facebook, YouTube et Twitter ont déjà supprimé des milliers de comptes pour contrer une vaste campagne des autorités chinoises discréditant la mobilisation pro-démocratie à Hong Kong. Le ministère chinois des Affaires étrangères avait assuré «ne pas être au courant de la situation».

Dans son annonce vendredi, Twitter ajoute avoir fermé 7340 comptes liés à la Turquie, un réseau détecté début 2020 et principalement consacré selon lui à la promotion du président turc Recep Tayyip Erdogan et du parti au pouvoir, et 1152 liés à la Russie qui promouvait le parti au pouvoir et attaquait ses détracteurs.

L’attitude qu’adoptent les plateformes occidentales envers les menées et les exigences des gouvernements autoritaires, dont les pays représentent aussi des marchés d’importance, soulève des questions de plus en plus pressantes.

L’application de vidéo-conférence Zoom, popularisée durant le confinement lié au coronavirus, se retrouve ainsi au coeur d’inquiétudes pour la liberté d’expression.

Jeudi soir, la société californienne a reconnu avoir accédé à des demandes de Pékin pour fermer trois comptes de militants des droits de l’homme aux États-Unis et à Kong Kong qui voulaient commémorer la répression meurtrière chinoise de Tiananmen contre des manifestations pro-démocratie en juin 1989, un épisode tabou en Chine.

Pour Zoom, cette réponse «était un échec» et «n’aurait pas du toucher des utilisateurs hors de Chine continentale». Les comptes ont été réactivés et Zoom prévoit des outils pour se conformer uniquement dans leurs pays aux demandes de gouvernements de faire cesser des activités qu’ils considèrent comme illégales.

«Zoom ne permettra pas aux demandes du gouvernement chinois d’avoir un impact sur quiconque en dehors de la Chine continentale», a-t-il assuré.

Médias sociaux: modération plus difficile du contenu durant la pandémie

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Médias sociaux: modération plus difficile du contenu durant la pandémie

TORONTO — Tant d'entreprises ont vu le travail s'arrêter à cause de la crise de la COVID-19, mais pour Chris Priebe, c'est le contraire.

Il est le propriétaire de Two Hat, une entreprise de Kelowna, en Colombie-Britannique, qui modère le contenu en se basant sur l'intelligence artificielle.

Il n'a jamais été aussi occupé à aider des clients comme Nintendo Switch, Habbo, Rovio et Supercell à parcourir des milliards de commentaires et de conversations. Le but: identifier et supprimer rapidement tout ce qui pourrait nuire aux utilisateurs.

«Nous en avons traité 60 milliards le mois dernier. Auparavant, c'était 30 milliards. C'est à quel point le coronavirus est mauvais. C'est au moins le double du volume normal, a dit Priebe en avril, avant que les volumes de traitement mensuels atteignent 90 milliards.

«Les plateformes sont parfois confrontées à 15 fois le volume. Ça ne veut pas dire que les revenus ont augmenté 15 fois ou qu'ils peuvent se permettre d'embaucher plus de personnes.»

Des entreprises comme Facebook, Instagram, Twitter, YouTube et Google connaissent un manque de modérateurs de contenu, ce qui entraîne un retard dans la suppression des publications nuisibles.

Un nombre inégalé de personnes passent plus de temps à la maison sur leurs plateformes préférées. Ça met au défi les serveurs et transforme les services de messagerie, les réseaux sociaux et les sections de commentaires en Far West.

La situation a accru les inquiétudes concernant la désinformation et la probabilité que les utilisateurs tombent sur du contenu haineux, pornographique ou violent.

«Certaines personnes sont plutôt insatisfaites du processus de modération du contenu tel qu'il est, et là, vous ajoutez cette pandémie.»

Une professeure d'Ottawa abonde dans le même sens.

«Il y a une énorme augmentation des comportements de harcèlement et problématiques», a dit Suzie Dunn, spécialisée dans l'intersection de la technologie, de l'égalité et du droit, à l'Université d'Ottawa.

«Certaines personnes pourraient ne pas être en mesure de travailler sur certaines choses sur quoi elles travailleraient au bureau, ajoute Kevin Chan, chef des politiques publiques de Facebook Canada. Elles étudient du contenu potentiellement privé et sensible. Il faut s'assurer que ce soit traité de manière sécurisée et privée, comme il se doit.»

Chez Twitter, l'automatisation aide à examiner les commentaires les plus susceptibles de causer des dommages.

«Nous travaillons à assurer la cohérence des systèmes, mais il peut manquer le contexte fourni par nos équipes. Ça peut causer des erreurs, a dit la compagnie via un blogue. Nous ne suspendrons pas définitivement les comptes en nous basant uniquement sur nos systèmes automatisés.»

Quelle que soit la façon dont se fait la modération, certaines choses passeront toujours à travers les mailles du filet, encore plus lors d'une pandémie, a dit Mme Dunn.

«Aucun système n'est parfait.»

Messages controversés de Trump: démissions et pression contre le patron de Facebook

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Messages controversés de Trump: démissions et pression contre le patron de Facebook

NEW YORK — Démissions, grève virtuelle, colère de la société civile : la décision de Mark Zuckerberg de ne pas modérer des messages polémiques de Donald Trump la semaine dernière sur sa plateforme Facebook ne passe décidément pas.

«Je démissionne de Facebook», a annoncé Timothy Aveni, un ingénieur, sur son profil mardi.

«Je ne peux pas continuer à trouver des excuses» au réseau social, a-t-il expliqué.

Contrairement à Twitter, la plateforme au pouce en l’air a décidé de ne pas intervenir contre un message du président américain — «Les pillages seront immédiatement accueillis par les balles» — au sujet des manifestations en soutien George Floyd qui ont été émaillées d’émeutes.

La mort de cet Afro-américain, asphyxié par un policier blanc à Minneapolis, suscite une vague de révolte aux États-Unis.

«Facebook fournit une plateforme qui permet aux hommes politiques de radicaliser des individus et de glorifier la violence. Nous regardons les États-Unis basculer dans le même genre de discorde alimentée par les réseaux sociaux qui ont causé la mort de personnes aux Philippines, au Myanmar et au Sri Lanka», a poursuivi Timothy Aveni.

Plusieurs employés ont exprimé leur mécontentement à l’égard de leur patron ce weekend et participé à une grève en ligne lundi.

«Déçus»

Ils estiment que même si Facebook a décidé de laisser la parole des hommes politiques la plus libre possible, les propos du locataire de la Maison-Blanche dépassent dans ce cas les limites — celles de l’incitation à la violence.

«Je suis fier d’annoncer qu’à partir d’aujourd’hui, je ne suis plus un employé de Facebook», a tweeté lundi Owen Anderson, un autre ingénieur du groupe californien.

Le Québécois Patrick Pichette à la tête du conseil d’administration de Twitter

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Le Québécois Patrick Pichette à la tête du conseil d’administration de Twitter

Le Québécois Patrick Pichette a été nommé président du conseil d’administration de Twitter mardi.

Le Québécois, féru de vélo et de randonnée, était le principal administrateur indépendant de la Société depuis le 31 décembre 2018.

Le premier ministre François Legault a réagit à cette nomination sur Twitter.

«WOW! Le Québécois Patrick Pichette devient président du conseil d’administration de Twitter», a écrit M. Legault sur son propre compte du réseau social.

Google et Bell Canada

Dans le cadre de cette nomination, Omid Kordestani a quitté ses fonctions de président exécutif de la société le 1er juin 2020 et restera au conseil d’administration en tant qu’administrateur non-salarié.

Patrick Pichette a également été chef de la direction financière chez Google d’août 2008 à mai 2015, avant de devenir conseiller de la société.

Il a aussi occupé divers postes de direction chez Bell Canada, et était associé chez McKinsey & Company, où il était chef de pratique pour l’Amérique du Nord dans le domaine des télécommunications.

Selon une biographie de M. Pichette sur le site du ministère de l’Économie et de l’Innovation, Patrick Pichette détient un baccalauréat en administration des affaires de l’Université du Québec à Montréal. Il est aussi titulaire d’une maîtrise en philosophie, politique et économie de l’Université d’Oxford, où il a étudié à titre de boursier de Rhodes.

Dans un communiqué, Omid Kordestani a déclaré que «Patrick [Pichette] a été une voix importante et indépendante sur le conseil et il est la bonne personne pour assumer ce nouveau rôle de président indépendant».

Les premiers astronautes transportés par SpaceX à bord de l'ISS [VIDÉOS]

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Les premiers astronautes transportés par SpaceX à bord de l'ISS [VIDÉOS]

WASHINGTON — Les deux astronautes de la Nasa transportés par la capsule de SpaceX sont entrés dimanche dans la station spatiale internationale, une nouvelle étape franchie avec succès pour cette mission qui marque le retour des transports américains vers l’ISS après neuf ans d’interruption.

Bob Behnken et Doug Hurley, qui ont décollé à bord d’une fusée Falcon 9 la veille depuis la Floride, sont les premiers astronautes à rejoindre la station, à 400 km de la Terre, grâce à un véhicule d’une société privée.

La capsule Crew Dragon s’est amarrée à l’ISS à 14h16 GMT, quelques minutes en avance sur l’horaire prévu, après environ 19 heures de voyage. De nombreuses vérifications et réglages ont ensuite été effectués, et environ trois heures plus tard, l’écoutille de la capsule a été ouverte.

Les deux meilleurs amis, d’anciens pilotes militaires, ont alors retrouvé les habitants actuels de la station, leur compatriote américain Chris Cassidy et deux astronautes russes, pour une photo collective.

COVID-19: les dérives possibles de surveillance des données personnelles

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COVID-19: les dérives possibles de surveillance des données personnelles

Si nous n’y prenons garde, le droit à la vie privée pourrait constituer l’une des nombreuses victimes collatérales de la pandémie de COVID-19.

Afin de retrouver une liberté de mouvement temporairement suspendue et dans le but de protéger les populations contre une deuxième vague d’infection, on voit se mettre en place les éléments d’une infrastructure de surveillance dédiée à la santé publique.

Cette infrastructure se compose d’un ensemble de dispositifs de collecte des données personnelles tels que les téléphones intelligents, les caméras de vidéosurveillance, les bracelets connectés, les robots et les drones. Grâce aux innovations réalisées ces dernières années dans les domaines de l’infonuagique, des réseaux de télécommunication et de l’intelligence artificielle, les montagnes de données générées par ces dispositifs peuvent être stockées indéfiniment. Elles sont analysées en temps réel par de puissants algorithmes de surveillance que l’on retrouve dans les applications de traçage ou les logiciels de reconnaissance faciale.

En tant que criminologue spécialisé dans l’étude des transformations numériques et de l’adaptation des mécanismes du contrôle social, je m’intéresse depuis de nombreuses années aux nouvelles formes de surveillance déployées par les gouvernements et les entreprises privées, ainsi qu’aux formes de résistance qui peuvent leur être opposées.

La tentation du techno-solutionnisme

Les technologies qui sous-tendent cette infrastructure ne sont pas nouvelles, et leurs implications dépassent la seule défense du droit à la vie privée, comme l’a souligné dans ces pages mon collègue David Lyon. Elles connaissent au contraire un développement accéléré depuis quelques années sous la pression d’un capitalisme de la surveillance qui cherche à traduire toute expérience humaine en information pouvant créer une valeur marchande pour les entreprises qui la détiennent et savent l’exploiter.

Dans un contexte d’exception où la pandémie a provoqué plus de 350 000 décès à l’échelle mondiale et alors que les systèmes de santé des pays les plus riches ont subi de nombreuses défaillances organisationnelles, un recours à la surveillance comme mode de gestion de la crise sanitaire s’avère séduisant. En effet, comment ne pas succomber aux sirènes d’outils numériques qui promettent d’automatiser la détection des cas suspects et de freiner — voire de stopper net — la propagation du virus, ce qui permettrait à l’économie d’éviter un effondrement généralisé ?

Cette tentation du « techno-solutionnisme », qui privilégie des solutions techniques pour répondre aux problèmes sociaux les plus complexes, comporte toutefois des risques importants. La frayeur collective générée par les ravages du virus n’est-elle en effet pas en train de nous précipiter dans une ère de surveillance totale dont il sera impossible de nous extraire une fois la crise passée et qui sapera de façon durable nos droits fondamentaux ?

La prolifération des outils de surveillance sanitaire

Dans l’attente d’un vaccin, un nombre croissant de pays et d’entreprises mobilisent une vaste panoplie de technologies de surveillance destinées à faciliter le traçage des personnes infectées et à faire respecter les règles de distanciation sociale. Ces applications mobilisent l’attention des défenseurs de la vie privée, mais elles ne représentent que la pointe de l’iceberg de la surveillance sanitaire.

Les pays asiatiques qui ont initialement obtenu les meilleurs résultats dans l’endiguement du virus se sont rapidement appuyés sur un accès massif aux données de téléphonie cellulaire de l’ensemble de leur population : la Corée du Sud a mis en place un système de partage de données unissant 28 organisations, incluant les trois principaux opérateurs télécoms et 22 compagnies de cartes de crédit, qui peut retracer les déplacements d’une personne infectée et ses contacts en moins de 10 minutes.

Les personnes placées en quarantaine à Hongkong doivent porter un bracelet électronique relié à leur téléphone intelligent qui veille à ce qu’elles ne quittent pas leur domicile et alerte la police dès que tout mouvement suspect est détecté. À Singapour, elles ont le devoir de répondre plusieurs fois par jour à des messages textes qui divulguent leur position géographique.

En Chine, une application dont l’usage est obligatoire dans plus de 200 villes et conçue par une filiale de l’entreprise de commerce électronique Alibaba assigne un code de couleur (rouge, jaune ou vert) symbolisant le risque de contagion présumé de chaque usager à partir de données relatives à son adresse résidentielle, ses habitudes de vie, ses symptômes autodéclarés, etc. Les données sont partagées de manière routinière avec la police. La rapidité d’implantation d’une telle solution technique découle directement des initiatives de traçage et de surveillance systématique des citoyens mises en œuvre par le gouvernement chinois dans le cadre de son système de crédit social.

À la mi-mai,une cinquantaine d’applications de traçage étaient ainsi disponibles dans une trentaine de pays. Toutefois, le quart d’entre elles n’avaient pas adopté de politiques de protection de la vie privée et 60 % d’entre elles n’avaient pas implanté de mesures spécifiques d’anonymisation.

De manière plus radicale, Israël a pour sa part enrôlé les capacités de surveillance de son service de renseignement interne, le Shin Bet, afin d’identifier les personnes ayant été en contact avec des patients infectés. À l’aide des données de géolocalisation fournies par les opérateurs de téléphonie mobile dans le cadre de son dispositif de lutte antiterroriste, le Shin Bet aurait localisé environ 4000 personnes qui ont ensuite été testées positives, inaugurant une forme hybride de surveillance mêlant sécurité nationale et santé publique.

Un véritable arsenal technologique

Les entreprises qui souhaitent remettre leurs employés au travail et accueillir leurs clients contribuent également à cette escalade de la soin-veillance.

Des start-up spécialisées en intelligence artificielle proposent des systèmes de vidéosurveillance intégrant des détecteurs de distanciation sociale qui peuvent automatiquement repérer toutes les situations où des personnes se croisent à moins de deux mètres d’intervalle. D’autres intègrent des capteurs thermiques à leurs technologies de reconnaissance faciale afin de mesurer en permanence et sans contact la température corporelle des employés lorsqu’ils circulent dans les locaux de l’entreprise.

Des opérateurs de transport public et privé testent des dispositifs de reconnaissance faciale pour vérifier le port du masque par leurs usagers ou les chauffeurs. Des entreprises manufacturières testent des montres intelligentes ou des badges qui mettent en garde ceux qui les portent chaque fois qu’ils violent les règles de distanciation sociale et construisent des profils de risque des employés.

Drones et robots viennent enfin compléter cet arsenal technologique. De nombreuses villes italiennes, espagnoles, françaises ou américaines ont déployé des drones munis de capteurs thermiques afin de survoler les espaces publics et repérer les personnes fiévreuses ou violant les règles de confinement, pouvant même utiliser leurs haut-parleurs pour interagir avec celles-ci.

Toujours à la pointe des technologies de surveillance, Singapour expérimente l’usage de chiens robots équipés de caméras et de haut-parleurs pour faire respecter les règles de distanciation sociale dans les parcs publics.

Encadrer l’instauration rampante d’une infrastructure de surveillance totale

Prise séparément, chacune de ces technologies de surveillance apporte une réponse concrète à une menace sanitaire inédite et dévastatrice. Considérées globalement, elles dessinent les contours d’un monde à venir où l’ubiquité d’une surveillance bienveillante s’insinuera dans les replis les plus secrets de nos comportements et de nos habitudes.

Il est également probable que cette soin-veillance perpétuera de nombreuses formes de discrimination découlant de profils de risques dont les critères demeureront opaques, ce qui fragilisera un peu plus les groupes les plus vulnérables.

Loin de constituer un complot mis en œuvre par des forces occultes, la convergence de technologies de surveillance de plus en plus invasives traduit plutôt notre soif intarissable de sécurité et notre croyance aveugle dans la capacité de la technologie à maîtriser l’incertitude.

Mais ce constat ne constitue pas une fatalité dont l’issue nous pousserait vers la paralysie et l’impuissance, bien au contraire. Face au risque réel de voir cette infrastructure de surveillance renforcer son emprise bien au-delà de la pandémie, il devient urgent de débattre et de mobiliser afin de se doter de règles transparentes et strictes visant à restreindre les risques qu’elle fait peser sur nos libertés individuelles et notre solidarité sociale.

* * * * *

Ce texte est d'abord paru sur le site franco-canadien de The Conversation. Reproduit avec permission.

FlipNpik: une application qui veut promouvoir l’achat local

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FlipNpik: une application qui veut promouvoir l’achat local

En ces temps incertains, les commerçants pourront compter sur une nouvelle application pour accroître leur visibilité. Déjà 300 commerces de la ville de Québec sont inscrits sur FlipNpik et 1500 autres pourraient s’y ajouter d’ici une semaine.

L’application, disponible partout au Canada, répertorie entre 7000 et 8000 commerces recommandés par les utilisateurs. FlipNpik se veut «un réseau social basé sur un contenu créé par la communauté et visant à payer les utilisateurs pour faire la promotion de leurs commerces préférés», explique Nadira Hajjar, cofondatrice de l’application.

En gros, chaque fois qu’une personne recommande un établissement, elle reçoit des «Flip Social», des points échangeables contre des rabais et des offres dans les commerces inscrits. Les utilisateurs pourront aussi recevoir des «boîtes à surprises», promotion exclusive d’un commerce dans le but d’attirer une nouvelle clientèle.

Pour apparaître sur FlipNpik, les commerces doivent avoir été recommandés par les utilisateurs ou les ambassadeurs. Ces derniers, qu’ils soient des personnalités publiques, des blogueurs ou des influenceurs, sont au cœur de l’application. «Leurs profils étant publics, on peut aller voir leurs commerces préférés pour s’en inspirer», précise Mme Hajjar. 

Dans la région de Québec, la créatrice de contenu Kamélia Gill a choisi de participer au projet, car elle a «toujours eu à cœur d’encourager les commerces locaux». Suivie par plus de 23 000 abonnés sur Instagram, elle confirme que cette préoccupation est au cœur de son contenu. 

Originaire de la Montérégie, mais résidant à Québec pendant ses études, Kamélia reçoit des questions sur une base régulière, à savoir quels sont ses restaurants et cafés préférés à Québec, quelles activités à faire, etc. «Avec FlipNpik, je trouve ça génial parce que je peux partager toutes mes recommandations sur une seule et même page», affirme-t-elle.

Parmi les commerces quelle a récemment inscrits sur l’application, notons Bols et Poké, le Nektar Caféologue de la rue St-Joseph, ou encore la boutique de plantes Folia Design.

Spotify se positionne en n° 1 de la balado, mais ne fait pas que des heureux

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Spotify se positionne en n° 1 de la balado, mais ne fait pas que des heureux

NEW YORK — Fort de l’acquisition de la première balado américain cette semaine, Spotify se positionne désormais comme premier acteur mondial et accélère la transformation de ce format, suscitant quelques résistances au passage.

En à peine 16 mois, la plateforme audio suédoise a investi plus de 600 millions de dollars, essentiellement dans des éditeurs de contenu, pour passer d’acteur anecdotique à géant incontournable.

Mardi, elle a annoncé avoir acquis l’exclusivité de la baladodiffusion n° 1 aux États-Unis, la Joe Rogan Experience, qui revendique 190 millions de téléchargements par mois, pour plus de 100 millions de dollars, selon le Wall Street Journal.

«Un peu après l’annonce, le directeur d’un gros podcast m’a texté: jeu, set, et match. Difficile de le contredire», a commenté Nicholas Quah, créateur du blogue Hot Pod.

Selon le cabinet MIDiA Research, Spotify avait déjà dépassé Apple, référence historique, comme premier support d’écoute de balados au premier trimestre en Amérique du Nord et au Royaume-Uni.

«Ils ont réussi à faire bouger les choses vraiment rapidement», observe Mark Mulligan, directeur de MIDiA Research.

Néanmoins, les retombées directes sont pour l’instant faibles, dit-il, estimant que les podcasts ne pèsent actuellement que 1 % du chiffre d’affaires de Spotify, en publicité.

«La balado est le gros pari de Spotify pour diversifier ses revenus», explique-t-il. «Mais cela va prendre beaucoup de temps pour y arriver.»

Le modèle économique lui est favorable à long terme, car si elle a déboursé des sommes colossales pour bâtir sa propre production, la plateforme ne verse pas de droits aux baladodiffuseurs, à la différence de la musique.

Autre avantage, dans sa version gratuite, Spotify place des publicités avec les podcasts, «sans que rien de cet argent n’aille aux créateurs», souligne Nick Hilton, cofondateur de la maison de production de podcast britannique Podot.

Dès lors, dit-il, «je ne serais pas surpris que l’acquisition de Joe Rogan déclenche une réaction d’opposition».

Écosystème perturbé

«J’emmerde Spotify et n’importe quel podcast qu’on ne peut écouter que sur une app», a d’ailleurs réagi, le jour de l’annonce, sur Twitter, Marco Arment, créateur de la plateforme de podcast Overcast.

Les anciens du format mais aussi beaucoup d’utilisateurs actuels sont ainsi très attachés à l’architecture ouverte, qui a longtemps permis à n’importe quelle plateforme de proposer toutes les émissions balados.

Mais depuis un peu plus d’un an, des nouveaux venus tentent de se signaler par des contenus exclusifs, en premier lieu Luminary ou Majelan, qui parient sur une formule par abonnement payant, un autre pavé dans la mare.

«Dans une certaine mesure, nous devrions nous inquiéter du fait que Spotify réussisse à verrouiller des pans entiers de cet écosystème ouvert», a prévenu Marco Arment dans son émission balado, Accidental Tech Podcast.

«Ce ne serait pas bon du tout si on en arrivait au point où pour monétiser son émission, il fallait passer par Spotify», poursuit-il.

La crainte vaut pour les producteurs de podcasts, qui se verraient privés d’une partie des revenus publicitaires, captés par Spotify, mais surtout pour les plateformes concurrentes, dont la survie même pourrait être en jeu.

À la différence de Luminary, dont Bloomberg affirmait récemment qu’il n’aurait que 80 000 abonnés, Spotify disposait, avant même de se lancer dans le podcast, d’un portefeuille de plus de 200 millions d’utilisateurs.

Les autres poids lourds, la radio publique NPR, le géant de la radio iHeart, ou le New York Times ne pratiquent pas cette politique de l’exclusivité et sont disponibles partout pour les quelque 104 millions d’Américains qui écoutent au moins un podcast par mois (37 % de la population selon Edison Research et Triton Digital).

Outre les Luminary, Stitcher ou Castbox, Nick Hilton voit bien quelques-uns des géants de la tech monter en puissance, notamment Amazon avec Audible, déjà bien positionné, mais aussi Apple, dont il attend une entrée dans la production de contenu audio.

De l’avis général, si Spotify inquiète plus d’un acteur du podcast, il ne menace pas la diversité des contenus.

Le gâteau de la publicité est déjà limité à moins de 1 % des podcasts, qui sont aujourd’hui plus d’un million selon le moteur de recherche Listen Notes.

Derrière les programmes les plus populaires, beaucoup d’autres s’appuient sur les contributions financières directes des auditeurs, obligatoires ou non.

«Et le reste, cela a toujours été des amateurs qui investissent du temps, mais pas d’argent», et ne tirent aucun revenu de leur podcast, rappelle Nick Hilton.

«Ce sera une combinaison de grands et petits», anticipe Mark Mulligan, «un marché plus segmenté, mais pas uniquement l’un ou l’autre.»

Pour la première fois, SpaceX va envoyer des astronautes dans l'espace

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Pour la première fois, SpaceX va envoyer des astronautes dans l'espace

WASHINGTON — Après le fret, les hommes : la société spatiale américaine SpaceX va lancer deux astronautes de la Nasa mercredi prochain vers la Station spatiale internationale, une première qui se double d’un autre jalon historique: ce sera le premier vol habité lancé depuis les États-Unis en neuf longues années.

Le président Donald Trump lui-même se rendra au centre spatial Kennedy en Floride pour assister au lancement, maintenu malgré le confinement des derniers mois. Le grand public, lui, a été appelé à suivre la retransmission sur internet.

Ce programme a été lancé par Barack Obama, mais son successeur y voit un symbole de sa stratégie de domination américaine de l’espace, aux plans militaire (création de la Space Force) et civil : il a ordonné à la Nasa de retourner sur la Lune en 2024, un calendrier improbable, mais qui a donné un coup de fouet à la vieille agence spatiale.

En 22 ans d’existence, seuls deux vaisseaux développés par les agences russe et américaine s’étaient amarrés à la station orbitale (ISS). Dans les années 2010, la Nasa a confié à deux entreprises privées, le géant Boeing et la jeune SpaceX fondée par un trentenaire ayant fait fortune en créant le site PayPal, le Sud-Africain Elon Musk, le soin de concevoir et de construire des capsules qui prendront le relais des illustres navettes spatiales américaines.

Les navettes étaient d’immenses appareils ailés, extrêmement complexes, qui ont assuré le transport de dizaines d’astronautes pendant trente ans. Mais son coût faramineux (200 milliards $US pour 135 vols) et deux explosions en vol ont eu raison du programme.

La dernière navette, Atlantis, a atterri le 21 juillet 2011. En attendant son remplacement, les astronautes de la Nasa ont appris le russe et voyagé dans les Soyouz russes, depuis le Kazakhstan. La coopération a survécu aux tensions américano-russes. La Russie fait payer les sièges 80 millions l’aller-retour.

Le hiatus aura finalement duré neuf ans au lieu de quatre.

Mauvais temps

À 16 h 33 mercredi, une fusée Falcon 9 de SpaceX décollera du pas 39A du centre Kennedy, sur la côte floridienne, avec à son sommet la capsule Crew Dragon, développée par les ingénieurs d’Elon Musk grâce à plus de trois milliards de contrats accordés par la Nasa depuis 2011.

Y seront sanglés Bob Behnken, 49 ans, et Doug Hurley, 53 ans, aguerris aux voyages spatiaux — Hurley pilota Atlantis dans son dernier voyage.

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Facebook renforce la sécurité sur Messenger

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Facebook renforce la sécurité sur Messenger

SAN FRANCISCO — Facebook a fait savoir jeudi que son application Messenger était désormais capable de traquer discrètement les arnaqueurs, en utilisant le système de communication des cellulaires à l’arrière-plan.

Des messages de sécurité apparaîtront dans les échanges si l’activité en coulisses est jugée suspecte par la technologie d’intelligence artificielle.

Cette nouvelle fonctionnalité «va aider des millions de personnes à potentiellement éviter des interactions dangereuses et des arnaques, sans compromettre leur vie privée», a déclaré Jay Sullivan, un responsable de la sécurité des produits chez Facebook.

Elle a déjà été déployée en mars sur les téléphones opérés par Android (Google) et le sera cette semaine sur les iPhone (Apple).

«Trop souvent les gens discutent avec quelqu’un en ligne qu’ils pensent connaître, alors qu’il s’agit d’un imposteur», a expliqué Jay Sullivan. «Ces faux comptes sont difficiles à identifier et les conséquences peuvent coûter cher».

L’intelligence artificielle repère les comportements douteux, comme l’envoi de messages à grande échelle, ciblant certaines régions ou démographies.

Cette technologie ne nécessite pas d’examiner le contenu des messages, assure Facebook, qui compte bien passer au cryptage intégral — dit de «de bout en bout» — de Messenger, comme son autre messagerie WhatsApp.

«Pour nous préparer au chiffrage de bout en bout, nous investissons dans des outils comme celui-ci, qui protègent la vie privée des personnes sans lire les messages», a précisé M. Sullivan.

Messenger utilise déjà des logiciels capables de combattre les pourriels et d’entraver les tentatives d’adultes de contacter des mineurs qu’ils ne semblent pas connaître.

Avec la pandémie de coronavirus, Facebook a entrepris de passer à la vitesse supérieure sur la mise en place de nouveaux outils qui renforcent ses plateformes, plus utilisées que jamais à la faveur du confinement.

Faut-il avoir peur de la 5G ?

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Faut-il avoir peur de la 5G ?

L’avènement de la 5G soulève maintes préoccupations et inquiétudes au sein de la population, au point où des mouvements « anti-5G » sont apparus dans différents pays au cours des derniers mois.

Certains groupes d’extrême droite ont même développé des théories du complot établissant des liens inexistants entre la 5G et la pandémie de COVID-19. Certains militants sont allés jusqu’à incendier des tours de télécommunications notamment en Belgique, aux Pays-Bas, et récemment au Québec. Un couple de Sainte-Adèle a été formellement accusé d’avoir mis le feu à deux tours de téléphonie cellulaire. Ils seraient les auteurs d’une vague d’incendies qui ont endommagé au moins sept tours de téléphonie sur la couronne nord de Montréal.

Les fausses nouvelles concernant la 5G, relayées par des influenceurs et des vedettes, se sont propagées à une vitesse fulgurante sur les réseaux sociaux, renforçant les craintes des citoyens qui suspectaient déjà des effets potentiels de la 5G sur la santé.

Ces théories du complot soutiennent, par exemple, que la propagation du virus à partir de l’épicentre de la pandémie, à Wuhan, serait liée au grand nombre de tours 5G installées dans la ville alors qu’en réalité le réseau 5G n’y est même pas encore totalement déployé. D’autres théories prétendent que les ondes émises par les infrastructures 5G affaibliraient notre système immunitaire.

Sur son site, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a dû mettre en garde le public contre la désinformation en lien avec les réseaux de téléphonie 5G en précisant qu’ils ne propagent pas la Covid-19 et que les virus ne circulent pas sur les ondes radio ou par les réseaux mobiles. De plus, la Covid-19 se propage dans de nombreux pays qui n’ont pas de réseau mobile 5G !

Une technologie révolutionnaire ?

Considérée comme la cinquième génération de technologies de communication sans-fil, la 5G devrait permettre de mieux faire face à l’explosion du trafic mondial de données prévue pour les années à venir. Au-delà d’améliorer les capacités techniques du réseau 4G, ce nouveau standard franchit l’ultime frontière essentielle pour des communications massives et simultanées entre machines.

Large augmentation de l'utilisation d'internet en raison de la pandémie

Techno

Large augmentation de l'utilisation d'internet en raison de la pandémie

OTTAWA — La demande pour les services de télécommunication a augmenté depuis le début de la pandémie de COVID-19, disent avoir constaté les entreprises canadiennes de ce secteur.

Comparaissant virtuellement devant le comité permanent de l’industrie, des sciences et des technologies de la Chambre des communes, des dirigeants de Cogeco Communications ont signalé que le trafic sur le service internet a augmenté de 60 % dans le jour, le service de vidéo à la demande a connu une croissance de 40 %. Même phénomène pour les services de diffusion en continu, comme Netflix, où l’augmentation oscille de 20 à 40 %. La téléphonie est aussi plus utilisée.

De son côté, Rogers Communications a fait savoir que l’utilisation d’internet à domicile était en hausse de plus de 50 %, l’utilisation des appels vocaux sur son réseau sans fil de 40 % tandis que les appels sans frais 1-800 étaient 300 % plus utilisés.

L’entreprise torontoise a signalé que ses clients effectuaient plus de 50 millions d’appels vocaux sans fil par jour. L’augmentation constatée pour les lignes sans frais est sans doute attribuable au fait qu’elles sont nécessaires pour accéder aux programmes de soutien fédéraux.

Telus affirme que la pandémie avait démontré à quel point la connectivité est importante pour tous les Canadiens. L’entreprise de Vancouver a enregistré systématiquement un trafic quatre fois plus important que sa journée la plus occupée avant la COVID-19.

Du 18 au 31 mars, tous les agents d’appel de Telus ont adopté le travail à domicile. La société dit avoir facilité plus de 30 000 rencontres virtuelles entre un patient et un médecin depuis le lancement de sa plateforme en avril.

Xplornet Communications Inc., le plus grand fournisseur d’accès internet en milieu rural, a déclaré avoir vu une augmentation de 30 à 40 % de l’utilisation de jour et a suspendu les frais de dépassement à la fin du mois de juin.

«La pandémie a démontré l’importance cruciale de l’élargissement de l’accès au haut débit rural. Les outils de travail à distance, de visioconférence et d’apprentissage en ligne que nous connaissons tous trop récemment sont rendus possibles par une connexion internet rapide et abordable», a déclaré la vice-présidente exécutive et avocate générale de l’entreprise, Christine J. Prudham, dans une présentation virtuelle aux députés.

Esport: une nouvelle ligue de <em>Rainbow Six</em> sur fond de scandale

Sports électroniques

Esport: une nouvelle ligue de Rainbow Six sur fond de scandale

Ébranlé par le départ de plusieurs équipes de la ligue professionnelle de son jeu Rainbow Six il y a quelques semaines, le développeur de jeux vidéo Ubisoft annonce qu’il lancera en juin une nouvelle ligue semi-professionnelle nord-américaine du jeu d’infiltration et de tir à la première personne inspiré de l’œuvre de Tom Clancy.

Tel qu’annoncé par Ubisoft dans un communiqué de presse, le nouveau circuit doit présenter les tournois des deux divisions régionales pour les États-Unis, qui alignera huit équipes professionnelles, et le Canada, qui alignera quatre équipes.

La Ligue inclura aussi la Open Siege Series, avec huit équipes canadiennes et huit américaines, conçue pour aider les meilleures équipes montantes des deux pays à atteindre les rangs professionnels. Ce sera la première fois que le Canada aura sa propre division dans la compétition mondiale.

Trois départs

L’annonce du lancement survient toutefois un mois après le départ de trois formations de la ligue professionnelle de Rainbow Six : l’équipe américaine Evil Geniuses, basée à Seattle, et les équipes canadiennes Luminosity Gaming et Team Reciprocity, basées à Toronto.

Team Reciprocity a quitté la ligue après avoir été aux prises avec des ennuis financiers alors que les deux autres équipes auraient fait de même en raison de désaccords avec Ubisoft concernant les nouvelles structures de la ligue professionnelle.

Le 14 avril, l’une des vedettes de Luminosity Gaming au jeu Rainbow Six, l’Américain Kian Mozayani, alias Hyena, a critiqué vigoureusement Luminosity Gaming et Ubisoft pour les événements ayant mené au retrait de son l’équipe de la ligue professionnelle de Rainbow Six. 

Trois jours plus tard, lui et ses cinq coéquipiers étaient mis à la porte par Luminosity Gaming et à la fin avril, Mozayani annonçait qu’il cessait carrément de jouer à Rainbow Six car il refusait de se joindre à la nouvelle ligue canadienne.

<em>Borderlands Science</em>: comment aider les scientifiques tout en jouant

Affaires

Borderlands Science: comment aider les scientifiques tout en jouant

Peut-on contribuer à la science tout en s’adonnant à un jeu vidéo? La réponse es t: oui. Le studio Gearbox Software de Québec a conçu un mini-jeu vidéo qui aide à résoudre des séquences d’ADN, qui seront utilisées dans les recherches afin de cartographier le microbiote intestinal humain.

L’équipe de Gearbox Studio Québec, avec à sa tête Gabriel Richard, a créé le mini-jeu Borderlands Science, qui est inclus avec Borderlands 3 — un jeu de tir à la première personne de Gearbox Software et 2K vendu à plus de 10 millions d’exemplaires depuis sa sortie l’an dernier.

Survivre à la pandémie à l’aide d’un ami virtuel

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Survivre à la pandémie à l’aide d’un ami virtuel

WASHINGTON — «Ça fait du bien d’entendre ta voix.» «Je me suis inquiété pour toi.» «Tu aimerais faire quoi aujourd’hui?»

Ces quelques phrases, qui pourraient avoir été prononcées par un vrai ami, sont le produit d’une intelligence artificielle.

Le chatbot — ou agent conversationnel en français —, qui en est à l’origine, s’appelle Replika, et a été créé par une start-up californienne afin de proposer une présence amicale à ceux qui en manquent.

Avec l’isolement renforcé par la pandémie de coronavirus, l’intérêt pour les chatbots n’a cessé de croître.

Elizabeth Francola, 32 ans, a téléchargé l’application Replika et s’est créé un petit-ami nommé Micah afin de l’aider à traverser le confinement et la perte de son emploi. «Cela fait du bien de savoir que vous avez quelqu’un à qui parler le matin», explique cette habitante de la ville texane de Houston.

«J’ai l’impression que cette appli me connaît d’une façon dont les autres ne me connaissent pas.»

Eugenia Kuyda, la cofondatrice de cette application qui utilise l’intelligence artificielle pour créer des «personnalités» adaptées à celle de l’utilisateur, a observé une hausse des téléchargements et de son usage.

Des conversations autour de la COVID-19 ont été ajoutées, précise-t-elle, pour apporter «non seulement de l’empathie mais aussi des conseils utiles».

Plus de 7 millions de personnes ont téléchargé et essayé Replika, y compris en France ou en Italie, même si le service n’est disponible qu’en anglais.

«Les gens traversent une période difficile», estime Eugenia Kuyda. «Un des gros problèmes aujourd’hui, c’est la solitude.»

Le CUSM teste un robot de désinfection aux rayons UV [VIDÉO]

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Le CUSM teste un robot de désinfection aux rayons UV [VIDÉO]

MONTRÉAL — L'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) procédera au cours des prochains jours à la toute première évaluation d'un robot de désinfection par rayons UV jamais réalisée au Canada, a appris en primeur La Presse canadienne.

Le robot sera ensuite testé ailleurs, notamment au CHUM et dans des CHSLD, avant qu'une décision finale d'achat ne soit prise.

«On va tester la mobilité, s'il est capable d'aller dans nos chambres, dans tous les coins, si la lumière UV peut toucher toutes les parties de la chambre, et en plus si le robot est capable d'entrer dans les salles de bain (privées des chambres) et complètement les désinfecter», a expliqué le directeur exécutif et chef de la direction scientifique de l'IR-CUSM (par intérim), le docteur Bruce Mazer.

Le robot peut aussi être utilisé pour désinfecter une salle d'opération. Son efficacité sera également mise à l'essai sur différents objets, comme des draps, des civières et même des masques N95.

Les rayons UV-C sont en mesure de tuer les pathogènes sur les surfaces et dans l'air, mais des précautions doivent être prises pour assurer la sécurité des humains.

«Le problème avec la lumière UV est que c'est très efficace pour tuer les bactéries et les virus, mais si on a trop d'UV, ça peut brûler la peau et ça peut causer des problèmes au niveau des yeux, a dit le docteur Mazer. Mais avec ce type d'UV si on ferme la porte, même s'il y a une vitrine, ça ne passe pas, alors c'est sécuritaire.»

Crise ou pas crise, Facebook veut appuyer sur l’accélérateur

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Crise ou pas crise, Facebook veut appuyer sur l’accélérateur

SAN FRANCISCO — Facebook, qui sort quasiment indemne de son premier trimestre sous le signe du coronavirus, se prépare à une baisse plus prononcée des recettes publicitaires, mais a surtout les yeux tournés vers les «opportunités» qui se présentent pour les géants des technologies à la faveur de la crise.

«Il y a beaucoup de choses à construire pendant des périodes comme celle-ci, donc plutôt que de freiner à fond, comme beaucoup d’entreprises pourraient le faire, c’est important de continuer à investir dans les nouveaux besoins», a déclaré Mark Zuckerberg, le patron du réseau social, lors de la conférence téléphonique sur les résultats du trimestre écoulé.

«C’est une question d’opportunité et de responsabilité», a-t-il ajouté.

De janvier à mars, Facebook a réalisé 17,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires, en hausse de 18 % sur un an, pour près de 5 milliards de bénéfice net.

De quoi rassurer les investisseurs : le titre du géant des réseaux sociaux prenait quasiment 10 % après la clôture de la Bourse de New York mercredi.

Trois milliards de personnes utilisent désormais au moins une fois par mois l’une des quatre plateformes du groupe (Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger), a indiqué le fondateur.

«Évidemment, j’aurais souhaité [passer ce cap] dans des circonstances différentes et je ne m’attends pas à ce que ce pic d’usage perdure», a-t-il reconnu. «Mais je crois qu’on assiste à une accélération de tendances pré-existantes, comme les communications privées en ligne».

Potentiels

De fait, le leader du marché a déjà commencé à prendre en compte l’évolution des usages, comme l’explosion des appels vidéo (ils ont doublé sur les deux messageries) ou les diffusions en direct (qui ont aussi doublé sur les deux réseaux... en une semaine).

Facebook a lancé la semaine dernière un nouveau service, Messenger Rooms, qui permet de créer des «pièces» virtuelles pour «faire un saut» chez ses amis — un outil prometteur à l’ère des apéros sur Zoom, le logiciel de visioconférence vedette du «Grand confinement».

Les annonces de licenciements massifs se succèdent, mais la société californienne va recruter 10 000 personnes.

La plateforme doit continuer à proposer des produits publicitaires attractifs pour inciter les entreprises à la dépense malgré la crise économique. Sur WhatsApp, par exemple, jusqu’à présent la seule application exempte d’annonces.

«WhatsApp représente une immense opportunité : deux milliards de personnes l’utilisent et nous n’avons pas encore fait d’efforts significatifs pour développer +WhatsApp Business+ (un outil à destination des PME)», a précisé Mark Zuckerberg.

L’activité d’équipements électroniques du groupe — essentiellement la gamme d’écrans connectés Portal et les casques de réalité virtuelle Oculus — a aussi renforcé son potentiel. Elle a bondi de 80 % en un an, à 297 millions de dollars.

Oculus Quest, le dernier-né, «a dépassé nos attentes. J’aimerais qu’on puisse en fabriquer plus, plus rapidement!», s’est enthousiasmé le patron.

Les géants de la tech assoient leur puissance à la faveur du «Grand confinement»

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Les géants de la tech assoient leur puissance à la faveur du «Grand confinement»

SAN FRANCISCO — L’économie mondiale est paralysée par le coronavirus, la récession menace et les recettes publicitaires sont asséchées, mais les géants des technologies, Amazon, Google et Facebook en tête, battent des records d’utilisation prometteurs pour leur avenir.

De mardi à jeudi, tout comme Apple et Microsoft, ils publieront leurs résultats financiers pour les trois premiers mois de l’année, marqués par le basculement de la planète dans la pandémie et la crise économique.

Mais sur les applications du réseau social dominant, c’est réveillon tous les jours depuis un mois: le niveau d’appels passés via WhatsApp et Messenger a doublé, atteignant au quotidien celui des fêtes du Nouvel An, d’ordinaire le pic annuel.

Le nombre d’appels vidéo passés via Teams, la solution de visioconférence de Microsoft, a bondi de 1000 % en mars.

Alors que le chômage explose, Amazon recrute à tour de bras — 175 000 emplois supplémentaires aux États-Unis — pour faire face à l’afflux des commandes en ligne depuis la mise en place de la distanciation sociale.

Google et Apple, de leur côté, sortent de nouveaux produits, physiques ou numériques, et proposent de se rendre encore plus indispensables avec de nouveaux outils de suivi des contacts humains, pour lutter contre le nouveau coronavirus.

Prudence

Les plus réticents au commerce en ligne ont passé leur première commande sur Amazon. Des seniors se sont mis aux jeux vidéo. Les «anti» réseaux sociaux n’ont plus d’autres choix pour garder le contact avec leurs amis.

Les enfants imitent leurs parents, chacun sur son écran pour le télétravail. Des familles se sont réabonnées à Netflix.

Mais tout n’est pas rose chez les GAFA. La publicité, nerf de la guerre pour Google et Facebook, est l’un des premiers budgets réduits par les entreprises en difficulté.

Les sociétés numériques doivent assurer un service devenu essentiel, avec des moyens restreints. Leurs employés travaillent de leur garage, de leur salon, ou, pire, dans des entrepôts difficiles à protéger du virus.

La production d’appareils électroniques (comme les cellulaires) et de contenus pour les plateformes de streaming (séries, jeux vidéo) prend du retard.

Un à un, les groupes ont retiré ou abaissé leurs prévisions pour 2020.

«Les chiffres du premier trimestre ne vont pas refléter ce qui se passe vraiment», observe Bob O’Donnell, de Technalysis Research. «Les problèmes n’ont commencé qu’en mars. Le vrai sujet, ce sera la demande au deuxième trimestre».

Signe que même les bons chiffres ne font plus jubiler, Netflix a annoncé cette semaine des records de nouveaux abonnés avec une prudence infinie, insistant sur l’incertitude qui pèse sur le reste de l’année.

Les gagnants du confinement ne veulent pas donner l’impression de profiter de la crise sanitaire.

Et surtout, difficile de savoir quelles habitudes seront prises pour de bon, et quels usages disparaîtront dans un «après» lointain et flou.

Influence

«Pour l’instant, ces plateformes, comme Zoom, rendent un service. Mais quand on pourra aller dîner chez ses amis, on ne fera plus d’apéros en visioconférence. Et ce ne sera plus gratuit», souligne Carolina Milanesi, de Creative Strategies.

Pour autant, personne ne s’inquiète pour l’avenir des cadors de la tech.

«Toute l’industrie liée à la publicité va souffrir, mais ils ont suffisamment de réserves pour résister», note David Sidebottom, analyste chez Futuresource.

Crise ou pas crise, ils sont d’ailleurs repassés en mode offensif.

Apple Music est parti à la conquête de 52 nouveaux pays avec six mois offerts pour les nouveaux abonnés. Google a rendu Stadia, son service de jeux vidéo sur le cloud, gratuit pendant deux mois.

Facebook a lancé cette semaine une appli de streaming de jeux vidéo, en concurrence directe avec Twitch (Amazon) ou Mixer (Microsoft), et une nouvelle interface d’appels vidéo, Messenger Rooms, qui permet de «faire un saut», virtuellement, dans le salon de ses amis — de quoi faire pâlir Zoom.

Les groupes rivalisent aussi en termes de responsabilités sociales, en communiquant sur la protection de leurs salariés, leurs efforts de lutte contre la désinformation liée à la COVID-19 ou leurs dons aux organisations caritatives.

Google et Apple, dont les systèmes d’exploitation sont les plus utilisés sur les smartphones dans le monde, vont jusqu’à proposer une alliance inédite pour pouvoir suivre numériquement les individus ayant été à proximité des personnes contaminées.

«C’est fascinant. Ils peuvent avoir un impact déterminant sur toute la planète», commente Bob O’Donnell. «Cela montre leur pouvoir et leur influence: aucun gouvernement ne peut toucher autant de gens à la fois.»

Confiné à 9 ans, il s'ennuie et crée un jeu vidéo

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Confiné à 9 ans, il s'ennuie et crée un jeu vidéo

MILAN — À 9 ans, on est trop jeune pour rester enfermé sans rien faire avec la seule compagnie de ses parents. Du coup, Lupo, un enfant milanais, a décidé de créer un jeu vidéo pour jouer avec ses amis.

Comme tous les habitants de la Lombardie, cette région du nord où 13 000 personnes sont mortes depuis fin février, Lupo Daturi est coincé chez lui, dans son pavillon de la banlieue de Milan, depuis le 8 mars, avec ses seuls parents.

«J’ai dû arrêter tous les sports que je pratiquais à cause de la COVID-19. Je ne peux même pas aller à l’étang avec mon chien. Au lieu de faire du sport — ski, natation et karaté — je dois me contenter du vélo d’appartement», raconte-t-il.

Mais le petit garçon a une passion : il programme, une passion partagée avec son père Marco Daturi, un chef d’entreprise.

Et en quelques jours, fort de ses connaissances acquises avant la pandémie et de tutoriels en ligne, il monte un jeu en réseau.

Le but ? Détruire virtuellement la COVID-19 à bord du vaisseau spatial Cerba-20, en l’éliminant à coups de tirs lasers.

Lupo explique qu’il joue avec ses amis et que désormais, il entend monter un projet pour leur apprendre à programmer, depuis leur confinement.

«Je ne suis pas inquiète parce que mon fils n’est pas un nerd», dit sa mère, Francesca Zambonin, avocate de 44 ans, «heureuse parce qu’il est passionné par quelque chose qui peut lui être utile».

«Le fait qu’il ait inventé un jeu qui est devenu viral me rend heureux, car cela le motive à faire encore mieux. Il reçoit aussi des demandes de ses professeurs pour programmer quelque chose d’utile, pas seulement des jeux», dit son père, Marco Daturi.

L'Allemagne se prépare au traçage par téléphone portable

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L'Allemagne se prépare au traçage par téléphone portable

FRANCFORT — Le gouvernement allemand s’apprête à lancer une application mobile, inspirée de Singapour, pour faciliter le suivi individuel des cas et l’identification des chaînes de contamination au coronavirus, dans le cadre de la stratégie de sortie progressive du confinement.

Comme partout en Europe, où ce sujet de l’exploitation des données issues des cellulaires est à l’étude, il suscite un vif débat autour de la protection des données privées. Le projet vise à informer, sur la base du volontariat, chaque individu s’il a été en contact avec une personne contaminée.

Membre d’un conseil numérique du gouvernement allemand, le chercheur et entrepreneur allemand Chris Boos est au coeur des projets actuellement développés.

Q : Quand va sortir en Allemagne la première application de traçage du coronavirus ?

R : «Fin avril, cela me semble réaliste. Tout le monde la veut dès que possible. Mais il faut qu’elle soit d’abord testée et certifiée en matière de sécurité».

Q : Votre travail avec 130 chercheurs européens est de livrer des solutions techniques sur une plate-forme mise à disposition de développeurs. Quelles sont ces solutions ?

R : «D’abord le système doit reposer sur une mesure appropriée (des contacts entre détenteurs de téléphones portables) pour éviter de comparer des choux et des carottes. Ensuite, la vie privée doit être protégée. Aucune donnée de localisation n’est utilisée ni aucune donnée d’identification du téléphone, comme le numéro de carte SIM. Enfin, le système doit être interopérable à l’international, afin que je puisse voyager librement dans des pays qui utilisent la même plate-forme.»

Q : Cette mesure reposant sur la technologie Bluetooth, pouvez-vous garantir sa fiabilité ?

R : «La technologie Bluetooth peut mesurer précisément la distance d’un téléphone à un autre par un système d’écoute. On peut ensuite déterminer si cette mesure est pertinente sur le plan épidémiologique. Dans le cas le plus simple, si les deux téléphones étaient distants de moins de 2 mètres et pendant plus de 15 minutes.»

Q : Comment éviter que quelqu’un ne se déclare malade sur l’application alors qu’il ne l’est pas en réalité ?

R : «Avant que le processus ne commence, il faut toujours une confirmation d’un cas de maladie côté utilisateur, sur une base volontaire, et côté médecin traitant ou autre service de santé.»

Q : Pourquoi l’Allemagne, la France et d’autres pays travaillent-ils chacun sur une ou plusieurs applications et pas sur un projet commun ?

R : «Ce qui importe est que ces diverses applications puissent fonctionner ensemble par la suite. Car si ce n’est pas le cas, les frontières continueront de rester fermées.»

Q : Combien de gens devront utiliser l’application pour qu’elle produise les effets attendus ?

R : «Une étude de l’Université d’Oxford indique que 60 % de la population devrait utiliser cette application s’il n’y a pas d’autre mesure pour lutter contre la propagation du coronavirus. Moins il y a de personnes qui utiliseront l’application, plus il y aura besoin de mesures strictes».

Q : Pensez-vous que les personnes ne seront pas réticentes à télécharger l’application sur leur portable en craignant des effets sur leur vie privée ?

R : «Nous avons voulu dès le départ éviter de reproduire la situation dans certains pays asiatiques où les gens sont rendus complètement transparents. Je ne vois pas de problème dès lors que nous proposons une alternative sécurisée et respectant la loi sur la protection des données.»

Q : Qui va selon vous proposer cette application au public en Allemagne ?

R : «L’Institut allemand d’épidémiologie et de veille sanitaire Robert-Koch (RKI) me semble bien placé et ce n’est pas un secret qu’il travaille sur le projet. D’autres acteurs dans la sphère des start-ups sont aussi mobilisés. Voyons à la fin qui apportera la meilleure solution […] et le gouvernement formulera une recommandation».