Le projet en Afrique s’est imposé par ses résonnances avec la collection animale du Zoo, dont les gorilles.

Zoo de Granby: ambitieux projet de conservation en Afrique

Le Zoo de Granby redouble d’efforts pour la survie des espèces animales en nature. Il souhaite recueillir 200 000 $ d’ici 2019 pour œuvrer à la sauvegarde des gorilles, des éléphants et d’autres espèces menacées au parc national de Campo Ma’an, une importante aire protégée au Cameroun, en Afrique.

« C’est le projet de conservation le plus ambitieux de l’histoire du Zoo. On fait beaucoup de projets au Québec. On apporte des soutiens financiers à certains projets à travers le monde. Mais maintenant on va aussi aller en Afrique pour plusieurs mois », a affirmé le directeur de la conservation et de la recherche, Patrick Paré, en marge d’un point de presse tenu mercredi pour marquer le lancement de la campagne de collecte de fonds. 

L’implication du Zoo de Granby au parc national de Campo Ma’an n’est pas nouvelle. L’institution zoologique travaille sur ce vaste projet de conservation — avec différents partenaires, dont l’Université Concordia — depuis 2016. Patrick Paré est allé au Cameroun au cours des dernières années. Mais cette fois-ci se sera au tour d’une technicienne en santé animale du Zoo qui a une bonne connaissance du continent africain. Valérie Michel se rendra en mai au parc national de Campo Ma’an pour participer durant quatre mois aux activités de conservation sur le terrain, avec différents partenaires.

« Normalement, les jardins zoologiques existent pour la protection de la nature, des animaux et des espèces menacées. Mais notre mission, ce n’est pas seulement d’accueillir des gens au Zoo pour venir voir des animaux. C’est aussi, et surtout, d’aller protéger les animaux dans leur milieu naturel par des projets de conservation », fait valoir M. Paré. 

Selon lui, le projet en Afrique s’est imposé par ses résonances avec la collection animale du Zoo. « On a des éléphants et des gorilles. Ce sont deux espèces menacées, et même très menacées, selon leur situation en Afrique », dit le directeur de la conservation et de la recherche.

Paul Gosselin, Valérie Michel, Robert Weladji de l’Université Concordia, Benoit Chabot et Patrick Paré ont dévoilé les détails d’une importante campagne de collecte de fonds.

Objectifs

L’argent amassé dans le cadre de la collecte de fonds vise à répondre à cinq objectifs, dont équiper les écogardes du parc Campo Ma’an — avec des véhicules, des abris, des tentes, des GPS, des boussoles, des trousses de survie, etc. — dans leur lutte contre le braconnage.

Il est aussi prévu de faciliter le suivi écologique des gorilles. Le Zoo souhaite entre autres financer la construction d’un laboratoire pour tester les zoonoses et fournir les équipements pour le suivi de la santé des gorilles. 

Comprendre et solutionner les conflits entre les éléphants et les humains est un autre objectif ciblé. Il s’agit d’un enjeu important, car les communautés limitrophes du parc doivent composer avec le saccage de leurs terres par les éléphants lorsque ceux-ci sortent de la forêt. Un projet de doctorat d’un étudiant camerounais de l’Université Concordia portant sur ce sujet est d’ailleurs en cours en collaboration avec le Zoo.

Le projet prévoit en outre de collaborer à la mission d’éducation au parc ainsi qu’avec les communautés riveraines, de même que soutenir les initiatives de développement local. 

Le parc national de Campo Ma’an a environ cinq fois la superficie de l’île de Montréal. Il abrite notamment plus de 700 gorilles, 700 chimpanzés et 350 éléphants.

Collecte de fonds 

Selon Patrick Paré, l’objectif de 200 000 $ représente une somme appréciable pour le Cameroun. « Un exemple : un pisteur là-bas est payé 2000 $ par année. (...) Ça prend beaucoup d’ampleur quand on transforme les dollars canadiens en francs camerounais », glisse-t-il.

Le directeur de la Fondation du Zoo et du développement des affaires, Benoit Chabot, souligne que 25 000 $ ont déjà été amassés pour le projet par le biais de différentes initiatives, notamment des dons volontaires lors d’achats de billets au Zoo. D’autres activités au profit de ce projet seront mises en place, a-t-il souligné. Déjà, il a été précisé que des pots de miel seront vendus en boutique et par des bénévoles. 

Le miel est un clin d’œil à l’aversion des éléphants pour les piqûres d’insectes. La mise en place de ruches près des terres jouxtant le parc national de Campo Ma’an est un des moyens utilisés pour inciter les pachydermes à prendre une autre route et ainsi éviter les saccages, explique Patrick Paré. L’apiculture est un travail encouragé auprès des communautés voisines du parc. 

« C’est un projet qui nous tient vraiment à cœur », a déclaré le directeur général, Paul Gosselin, en soulignant que cela s’inscrit en droite ligne avec un virage pris par le Zoo il y a quelques années pour accentuer ses efforts de conservation.