Alors que la séance se déroulait rondement, le maire Richard Burcombe a été visiblement irrité par les commentaires d’un citoyen. Sa sortie rapide a abasourdi la cinquantaine de personnes présentes dans la salle du conseil.

Zonage du golf Inverness: Lac-Brome lâche du lest

La séance du conseil municipal de Lac-Brome s’est terminée de façon abrupte, lundi soir. Le maire Richard Burcombe l’a ajournée de façon inattendue, après qu’un citoyen lui ait reproché de ne pas représenter tous les citoyens dans le dossier du terrain du Club de golf Inverness.

« Vous vous portez toujours à la défense du propriétaire [du golf]. Vous devez prendre position pour tous les citoyens. Vous êtes leur porte-parole », a-t-il dit.

Alors que la séance se déroulait rondement, le maire a été visiblement irrité par ces commentaires. Sa sortie rapide a abasourdi la cinquantaine de personnes présentes dans la salle du conseil.

Une Bromoise a quant à elle commenté l’instauration d’un hypothétique projet domiciliaire sur le golf.

« La localisation de ma maison était la raison de mon achat. Toutes mes économies sont là. Je demande au conseil de protéger le zonage et les espaces verts », a-t-elle demandé. La salle lui a montré son appui par des applaudissements.

Des citoyens avaient demandé à la Ville de modifier le zonage du terrain de golf pour limiter la construction résidentielle.

En 1987, la Commission de la protection du territoire agricole du Québec avait accordé le dézonage parce qu’il s’agissait d’en faire un golf. L’administration à l’époque aurait dû s’arrimer à la décision et limiter l’usage de ces terrains à un golf, mais ça n’a pas été fait puisque le zonage permet le résidentiel, explique Benoît Bourgon, porte-parole du comité de sauvegarde du Club de golf Inverness.

Ouverture à la Ville

Le dossier chemine lentement mais sûrement. La Ville de Lac-Brome exclut désormais l’usage camping du club de golf de la rue Bondville. Un avis de motion a été déposé en ce sens au conseil municipal.

Pour sa part, M. Bourgon croit que cette disposition est utile, mais pas suffisante. Le porte-parole a eu une troisième rencontre avec le maire et le directeur général, lundi matin.

« Pour la première fois, on a senti de l’ouverture de leur part », concède-t-il.

Une rencontre entre l’avocat spécialisé en droit municipal Louis Beauregard, mandaté par le comité de sauvegarde, et l’urbaniste engagé par la Ville devrait avoir lieu jeudi afin de discuter de l’avis de motion en question.

Le conseil a également modifié le règlement de lotissement, qui prévoit désormais que tout développement à l’extérieur du périmètre urbain devra être approuvé par le conseil, notamment en ce qui a trait à l’ouverture de futurs chemins privés. Selon le conseil, la Ville usera ainsi d’un plus grand contrôle sur le développement immobilier dans la municipalité. Le terrain de golf Inverness peut donc se prévaloir de cette disposition.

Toutefois, M. Bourgon réitère le fait que rien n’assure que les personnes résidant en bordure du golf ne verront pas l’émergence d’un éventuel projet domiciliaire.

« Demain matin, le propriétaire pourrait probablement demander des permis de construction pour une quarantaine de résidences sur le golf. Il n’y a rien que la Ville peut faire (...) », affirme-t-il.

La conseillère interpellée

M. Bourgon a interpellé la conseillère du secteur Bondville, Lucy Gagnon, qui s’est montrée sensible à la situation des résidents voisins du terrain de golf.

« Vous devez avoir les moyens de vos ambitions. Vous et la Ville n’avez pas les outils juridiques permettant de protéger les intérêts des citoyens et de négocier d’égal à égal avec le promoteur », a-t-il déclaré.

Il lui a reproché d’avoir une « réaction réactive » lorsqu’elle a avancé que le conseil allait attendre de voir ce que Marc Fontaine, le propriétaire du golf, voudra faire avec son terrain.

Le porte-parole du comité de sauvegarde a réitéré qu’un plan d’aménagement d’ensemble (PAE) serait la meilleure façon de contrôler l’avenir du terrain de golf. Cela ferait en sorte qu’à la fois le conseil et les citoyens seraient consultés sur ce que le promoteur serait en mesure de développer sur le terrain. Il avance que le PAE donnerait un pouvoir de négociation à la Ville avec le promoteur.

Le maire a quant à lui répondu que ce qui avait été adopté durant la séance était suffisant pour le moment.