Yvon Carrier
Yvon Carrier

Yvon Carrier prend la balle au bond

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
Le candidat à la mairie de Bromont Yvon Carrier fait le parallèle entre ses engagements électoraux et le fait que la localité figure au bas du classement, dans son groupe de référence, au Bilan des administrations municipales sortantes. Une preuve, croit-il, que la Ville peut donner un sérieux coup de barre dans ses dépenses.

Selon le Bilan des HEC, dont les résultats ont été dévoilés mardi dans La Voix de l’Est, Bromont loge au 74e rang sur 77 municipalités (de 5000 à 9999 citoyens), qui comprend notamment Lac-Brome, Farnham, Shefford, Saint-Pie et Saint-Césaire. Les dépenses par habitant s’élevaient à 3160 $ en 2016 à Bromont, comparativement à 1570 $ pour la moyenne du groupe. 

Yvon Carrier est d’avis que l’administration municipale bromontoise est « trop coûteuse ». « On sait que le service de police contribue à la hausse [de la facture aux citoyens], a-t-il cité en exemple. Je crois qu’il y a plein de choses que l’on peut faire au niveau de la gestion des dépenses. »

L’important écart des dépenses par habitant entre Bromont et les autres localités est essentiellement lié au dossier du Parc des sommets, auquel la Ville a consenti 2,75 M $, a expliqué en entrevue le directeur général de la municipalité, Éric Sévigny.

« C’est une dépense d’un coup qui n’avait pas été budgétée en début d’année, a-t-il indiqué. À la fin de 2016, on a dû s’approprier des sommes au surplus pour financer [le projet]. C’est venu s’ajouter comme un engagement. » Celui-ci équivaut à près de 308 $ pour chacun des 8900 Bromontois, a-t-il précisé. 

Les élus ont-ils pris la bonne décision en soutenant financièrement le projet du Parc des sommets ? « C’est très bon. On espère tous avoir un parc.»

Nuance

En entrevue, Yvon Carrier a fait le parallèle entre la position de Bromont aux Palmarès des municipalités, publiés dans les années antérieures, et les récentes données dévoilées dans le cadre du Bilan des administrations municipales sortantes. Or, nuance importante, ces études ne sont pas basées sur les mêmes indicateurs pour établir le rang des municipalités. En effet, l’allègement du fardeau administratif des municipalités, annoncé par le gouvernement provincial en 2016, a forcé HEC Montréal à mettre une croix sur son palmarès annuel. 

« Les administrations municipales sont toujours obligées de diffuser leurs états financiers, mais les changements ne les forcent plus à rendre publiques les données sur la longueur des rues à entretenir, les volumes d’eau à traiter ou la quantité de déchets à ramasser. Or, c’est en rapportant la facture des services sur ces “volumes” que les chercheurs arrivaient à comparer la facture des services entre différentes villes », rapportait La Presse.

S’il est élu, Yvon Carrier dit vouloir revoir de fond en comble la gestion des finances de la Ville. Appelé à préciser en quoi celle-ci est défaillante depuis plusieurs années, le candidat à la mairie a répondu : « Dans toute organisation, quand on se met à analyser ce qui se passe avec des yeux nouveaux, on trouve des pistes d’amélioration. [...] Des fois, c’est juste de mettre le bon monde à la bonne place. Je ne suis pas là, à l’administration [de Bromont]. Je n’étais pas conseiller municipal avant. Je ne peux pas identifier précisément [ce qui fait défaut]. »

Par ailleurs, il envisage des coupes au sein même des effectifs municipaux. « Il y a des salaires assez élevés dans l’administration, a-t-il soutenu. [...] Il y a beaucoup de personnel à la Ville. Est-ce que tous les postes sont justifiés ? »

Parmi ses engagements, M. Carrier souhaite abaisser de 5 % le taux de taxation, toutes catégories confondues. Il croit pouvoir y parvenir en utilisant le surplus dégagé par la municipalité. « On a 3 M $ de surplus tous les ans. D’habitude, c’est appliqué sur des nouveaux projets. Un tiers [des surplus] équivaut à [une réduction] de 5 % des taxes pour les contribuables. Et il reste encore 2 M $ à mettre contre l’endettement ou des projets spécifiques. »