Martin Dubois, propriétaire de Yoga Salamandre, a lancé une campagne de financement pour sauver son entreprise.
Martin Dubois, propriétaire de Yoga Salamandre, a lancé une campagne de financement pour sauver son entreprise.

Yoga Salamandre est sauvé... pour l’instant

Voyant ses revenus piquer du nez au début de la crise sanitaire provoquée par la pandémie de COVID-19, Martin Dubois a lancé une campagne de financement hors de l’ordinaire pour sauver son entreprise Yoga Salamandre, située à Lac-Brome. Épuisé par les tuiles qui lui tombaient sur la tête et par le travail, le yogi des bois a pris deux jours pour réfléchir et méditer sur l’avenir de son centre de retraite. La réflexion a porté ses fruits.

Le plus gros de son chiffre d’affaires est fait l’été, alors que des groupes viennent de partout pour effectuer une retraite et qu’il organise un voyage de yoga à l’étranger. Bien évidemment, la pandémie est venue tout chambouler.

«Il y en a beaucoup de centres de yoga qui ont pu se sortir la tête de l’eau en offrant des cours en ligne. Mais une retraite en ligne, je n’y crois pas. On a tout annulé, on a remboursé tout le monde, confie M. Dubois. On avait des groupes d’Europe qui venaient. J’avais un voyage au Pérou avec des yogis. Tout ça a été annulé et remboursé. On a failli fermer nos portes au début avril.»

Pour ajouter à la lourdeur de la situation, il a fait un épuisement professionnel. Il comptait sur le voyage au Pérou pour se déposer et se recentrer.

Même si son corps le suppliait de rester au lit, «j’ai médité pendant deux jours», raconte Martin Dubois. «Yoga Salamandre, c’est treize ans de dévotion incroyable. Qu’est-ce que je fais avec ça ? », s’est-il demandé.

«Il y en a beaucoup de centres de yoga qui ont pu se sortir la tête de l’eau en offrant des cours en ligne. Mais une retraite en ligne, je n’y crois pas. On a tout annulé, on a remboursé tout le monde», confie M. Dubois.

«Loi de l’attraction»

Comptant sur la communauté qui entoure la pratique et le centre, il a décidé de tenter de sauver son entreprise par le biais d’une campagne de financement.

Lancée le 27 avril, la collecte de fonds a recueilli plus de 32 000 $ en date de mardi après-midi. La clé ? Grâce à 70 partenaires, Yoga Salamandre a pu offrir, aux donateurs de 100 $ et plus, des sacs cadeaux de produits et de services d’une valeur supérieure à leur don. En fonctionnant de la sorte, il mettait de l’avant des entrepreneurs, des artistes et artisans locaux en plus d’aider sa propre entreprise.

«Je crois beaucoup en la loi de l’attraction, explique le yogi. Même en difficulté, si tu donnes, ça va te revenir et encore plus. Je voulais faire la démonstration de ce que je pratique depuis 20 ans. Les gens donnent et reçoivent des cadeaux. C’est Noël et leur fête combinés ensemble.»

En contrepartie, pour les partenaires, leur nom a circulé dans les 1200 partages d’internautes, dans les infolettres, dans les messages sur les réseaux sociaux. Les produits de ces partenaires qui sont en vente à la boutique en ligne de Yoga Salamandre — lancée durant la crise — ont été vendus en abondance. «C’est un mouvement d’éveil à l’achat local. Chaque semaine, je donnais le défi aux gens d’acheter aux compagnies locales.»

Cette portion de la campagne se terminait le mardi 9 juin à minuit. Par contre, les donateurs peuvent continuer à contribuer. Tous les dons de plus de 200 $ reçus d’ici dimanche seront éligibles à un tirage.

Nouvelle identité ?

Martin Dubois se dit émerveillé par le succès de cette campagne et de l’accueil reçu. La réponse positive obtenue l’a aidé à retrouver son énergie. «Je me sens nourri par ce mouvement de contribution et de partage. Ça dépasse mes attentes. C’est vraiment très très nourrissant. Ça me donne envie de réinventer Yoga Salamandre, de repartir sur de nouvelles bases pour ne pas me brûler de nouveau.»

Il compte embaucher un employé pour l’aider, par exemple, afin qu’il puisse se consacrer à l’enseignement.

Yoga Salamandre est donc sauvé... pour l’instant. «Le gouvernement ne nous a pas donné le go pour les retraites. Si ça s’éternise, c’est sûr que ce n’est pas 32 000 $ dont j’aurai besoin. Ma grosse saison dans l’année est l’été, avec les retraites. C’est très très précaire, comme situation», indique Martin Dubois.