L’abbé Raphaël de l’abbaye cistercienne a conclu ses premiers Week-ends gourmands depuis l’incendie qui a ravagé leurs installations en septembre 2017.

Week-ends gourmands: des récoltes dans la moyenne

La saison des récoltes est bientôt terminée pour plusieurs producteurs de pommes de Rougemont. Si des centaines de visiteurs ont profité jusqu’aux dernières heures des Week-ends gourmands, la saison 2018 s’est avérée plutôt dans la moyenne, selon plusieurs commerçants questionnés par La Voix de l’Est.

« Il y a eu des saisons plus mauvaises, mais disons que ça ressemble aux autres années », témoigne l’abbé Dom Raphaël de l’abbaye cistercienne.

Pourtant, il ne s’agissait pas d’une année normale pour la communauté religieuse de Rougemont. En septembre 2017, le bâtiment abritant la boutique et les ateliers de transformation alimentaire du verger s’était envolé en fumée, forçant la communauté à construire un nouveau bâtiment en vue de la saison actuelle — un imprévu qui plombera les finances de la communauté.

« Ce n’est pas encore réglé avec les assurances et l’entrepreneur ne nous a pas encore envoyé toutes les factures pour le nouveau bâtiment », précise l’abbé.

Sa communauté a tenté d’attirer les visiteurs avec des séances de dégustation et de proposer de nouveaux produits en boutique comme de la pâte et du beurre de pomme, mais cela ne semble pas avoir suffi à faire déplacer les visiteurs en masse. À quelques jours de la fin de l’autocueillette, des rangées de pommiers sont encore colorées de fruits dans les arbres.

« Nous allons faire appel à des organismes qui viendront cueillir ce qui reste. Au moins, ça ne sera pas perdu pour tout le monde », avance le responsable de l’abbaye.

Malgré la visibilité offerte par Tourisme Rougemont, il semblerait que la horde de touristes qui envahit par beau temps les rues de la petite municipalité se soit limitée aux commerces situés au cœur du village. C’est du moins ce qu’observe la copropriétaire du verger Tartopom, situé sur le rang de la Montagne.

« On revoit surtout nos anciens clients, il y a peu de nouveaux visages », estime Ginette Bouchard qui tient toutefois à préciser que les Week-ends gourmands ont probablement emmené des clients à son entreprise.

Pas que des pommes

Tourisme Rougemont a tenu à offrir une certaine diversité dans les commerces partenaires des Week-ends gourmands. Si la majorité des entreprises (16 sur 25) œuvrait dans la production ou la transformation de la pomme, quelques moutons noirs se sont glissés dans le circuit proposé.

« On ne fait pas de compétition à personne, mais on peut recevoir les clients de tous les vergers ! », lance Lise Tanguay, propriétaire de la savonnerie Aurélie.

Celle-ci se réjouissait du nombre de visiteurs qui ont franchi les portes de son commerce au courant de l’automne. « C’est souvent en début ou en fin de journée qu’il y a le plus de personnes. Soit les gens commencent par la savonnerie, soit ils viennent dès que le temps devient mauvais », explique l’artisane.

Lise Rose, de la galerie d’art du même nom, était toutefois un peu moins catégorique quant aux effets des Week-ends gourmands. « C’est difficile à dire, il y a beaucoup de facteurs qui entrent en ligne de compte [...]. Les gens qui viennent à la galerie ont déjà une sensibilité à l’art, je crois que ce n’est pas forcément leur premier contact, mais évidemment je ne questionne pas tous les visiteurs à ce propos. »

L’artiste-peintre déplore au passage la disparition du kiosque autrefois située sur la rue principale de Rougemont qui permettait aux visiteurs d’avoir accès à de l’information sur les différents exposants et commerçants. « Ce n’est pas tout le monde qui est sur Facebook [...], le kiosque me permettait d’y avoir mes dépliants qui emmenaient des gens à la galerie », souligne Lise Rose.

Et même si Lise Tanguay comme Lise Rose œuvrent dans des domaines sans liens directs avec la pomiculture, les deux artisanes incluent le moteur de l’industrie locale dans leur travail. La savonnerie Aurélie offre ainsi des produits parfumés aux arômes de pommes, alors qu’un tableau illustrant une scène dans un verger est accroché dans l’atelier de Lise Rose.