Éric Desroches dément avoir photographié une femme nue dans les vestiaires.

Voyeurisme à la piscine Miner ?

Un homme de 43 ans de Granby a subi son procès, vendredi, sous l'accusation d'avoir photographié une femme nue dans une cabine du vestiaire mixte de la piscine Miner.
La présumée victime, âgée de 48 ans, soutient qu'Éric Desroches a placé son cellulaire sous le mur mitoyen entre deux cabines pour prendre un cliché avec flash alors qu'elle s'essuyait avec une serviette, en janvier 2016. 
« Je lui ai demandé : qu'est-ce que tu fais ? a déclaré la mère au foyer, qui était à l'établissement de la rue du Parc avec ses enfants. C'est pas correct ça ! Est-ce que tu fais ça avec d'autres personnes ? C'est mon intimité. »
« Ma peur, c'était de me trouver sur internet avec une photo de moi nue », a-t-elle ajouté, en larmes.
La plaignante dit s'être vue sur le cellulaire de l'accusé, qu'elle a sommé de lui montrer. M. Desroches s'est ensuite réfugié au deuxième étage. Les policiers l'ont intercepté alors qu'il sortait par une porte de secours.
Activité
Éric Desroches a une autre version. Selon le camionneur, il s'est retrouvé seul dans la cabine jouxtant celle de la présumée victime afin de pouvoir « texter » son épouse, avec qui il avait eu une dispute en matinée. Comme il était penché, il croit que la plaignante a confondu son activité avec une prise de photo.
Il jure ne pas l'avoir photographiée - il n'en a d'ailleurs pas de trace dans son téléphone - et s'il est sorti par une porte de secours, c'est qu'il croyait que la dame le pourchassait. « Je ne voulais pas qu'elle m'engueule devant tous les autres parents », a dit l'accusé, qui accompagnait sa fille à un cours de natation.
« Je serais rentré pour (aller chercher) ma fille, a-t-il précisé lorsque contre-interrogé par Me Karyne Goulet, du ministère public. Je ne savais pas que c'était les policiers qui montaient. »
Pourquoi ne pas avoir texté du deuxième étage ? « Il y avait quand même beaucoup de parents et je pensais que le vestiaire était vide », a répondu M. Desroches, qui a dit ignorer, à l'époque, que les cellulaires étaient interdits dans les vestiaires.
Confusion
À la défense, Me Pascale Gauthier a qualifié le témoignage de la plaignante de « laborieux et contradictoire ». La date, l'heure et plusieurs détails sont confus et de larges pans de sa version n'apparaissent pas dans sa déclaration faite aux policiers, il y a un an.
« Ça devrait soulever un doute, a dit Me Gauthier. Je pense que cette dame-là a eu peur et a cru voir un cellulaire qui l'a prise en photo. »
Le juge Serge Champoux doit rendre son verdict en avril. Selon le Code criminel, l'infraction de voyeurisme est passible d'un maximum de cinq ans de prison.