Comme la Chine a levé au cours des dernières semaines une partie des sévères mesures de quarantaine qu’elle avait implantées au plus fort de l’épidémie, le document examine quels sont les effets d’une reprise au moins partielle des mouvements à l’intérieur de plusieurs villes chinoises ainsi qu’à Hong Kong.
Comme la Chine a levé au cours des dernières semaines une partie des sévères mesures de quarantaine qu’elle avait implantées au plus fort de l’épidémie, le document examine quels sont les effets d’une reprise au moins partielle des mouvements à l’intérieur de plusieurs villes chinoises ainsi qu’à Hong Kong.

Vers une seconde vague?

Q : «Une fois la pandémie passée au Québec, le virus n’aura pas disparu. Lorsque les activités normales reprendront, n’est-il pas logique de penser qu’elle reprendra de plus belle malgré qu’une faible proportion d’humains auront développés des anticorps ?», demande Pascal Renauld.

R : C’est une question qui a pris une tournure très concrète au cours de la dernière semaine. En effet, lit-on dans un rapport du College impérial de Londres, «pour la première fois depuis le début de l’éclosion, il n’y a eu aucun nouveau cas confirmé en Chine qui a été causé par une transmission locale [ndlr : l’arrivée de cas provenant de l’étranger est autre chose], et ce pour cinq jours consécutifs en date du 23 mars 2020».

Comme la Chine a levé au cours des dernières semaines une partie des sévères mesures de quarantaine qu’elle avait implantées au plus fort de l’épidémie, le document examine quels sont les effets d’une reprise au moins partielle des mouvements à l’intérieur de plusieurs villes chinoises ainsi qu’à Hong Kong. Sa conclusion est qu’il semble possible de reprendre un certain niveau d’activité économique (et donc de déplacements) sans relancer l’épidémie sur une croissance exponentielle dangereuse.

«Ces résultats n’écartent pas la possibilité de futures épidémies en Chine, ni n’indiquent le niveau maximal d’activité économique qui sera repris à moyen terme. Mais ils suggèrent qu’après une période d’isolement social très intense qui a permis de contenir la propagation, la Chine est parvenue à sortir de ses politiques strictes d’isolement social avec un certain degré de succès», conclut le texte.

Ce sont-là des résultats encourageants, mais il reste encore une inconnue de taille dans toute cette histoire, a commenté le chercheur en pathogénèse microbienne Brendan Wren, de la London School of Hygiene and Tropical Medicine : «nous n’avons toujours aucune idée de la proportion de la population qui est immunologiquement naïve [ndlr : sans anticorps contre la COVID-19] et toujours vulnérable à une ré-éclosion potentielle du virus.»

Alors oui, une deuxième vague demeure possible. Selon le nombre de gens qui auront été infectés lors de la première, elle sera un peu ou beaucoup moins pire. Mais il faut dire ici que le but des mesures d’isolement en place n’est pas vraiment d’éviter une deuxième vague. C’est plutôt d’«aplanir la courbe», comme on dit sur les réseaux sociaux : étaler les cas dans le temps afin qu’il n’y ait pas, d’un seul coup, plus de malades que le réseau de la santé ne peut en prendre. Et de ce point de vue, il semble que l’isolement fonctionne bien.

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