Au début de l’épidémie, les chercheurs avaient peu d’informations sur le temps d’incubation de la COVID-19. Plusieurs études ont depuis été publiées et toutes concordent : les symptômes apparaissent en général entre 2 et 14 jours après l’exposition au virus.
Au début de l’épidémie, les chercheurs avaient peu d’informations sur le temps d’incubation de la COVID-19. Plusieurs études ont depuis été publiées et toutes concordent : les symptômes apparaissent en général entre 2 et 14 jours après l’exposition au virus.

Peut-on être certain de ne pas être atteint de la COVID-19 après 14 jours de confinement?

Q: «Une fois que l’on a fait nos 14 jours de confinement et qu’on n’a aucun symptôme, peut-on être certain qu’on n’est pas atteint de la COVID-19?» demande Pauline Leblond.

R: A priori oui, à moins que vous n’ayez contracté le virus pendant votre quarantaine de façon indirecte, en touchant à des objets contaminés, comme des articles d’épicerie ou des journaux (ce qui est très peu probable, comme nous l’expliquions).

Au début de l’épidémie, les chercheurs avaient peu d’informations sur le temps d’incubation de la COVID-19. Plusieurs études ont depuis été publiées et toutes concordent : les symptômes apparaissent en général entre 2 et 14 jours après l’exposition au virus. C’est ce faisceau de preuves qui justifie la durée de 14 jours imposée par plusieurs gouvernements aux voyageurs par exemple.

Une étude publiée récemment par des chercheurs de l’École de santé publique Johns Hopkins Bloomberg dans The Annals of Internal Medicine s’est penchée sur 181 cas en Chine dont la date d’exposition au virus était connue. La période d’incubation médiane était de 5,1 jours, et 97,5 % des personnes qui présentaient des symptômes les ont développés dans les 11,5 jours suivant l’infection.

Cela étant, il n’est pas complètement impossible qu’une personne ait des symptômes plus de 14 jours après la date de son infection. Toujours selon la même étude, et selon des estimations purement statistiques, seuls 101 cas sur 10 000 développeraient des symptômes après 14 jours. L’acceptabilité de ce risque peut être sujette à débat, selon les auteurs, qui assurent cependant qu’une durée de quarantaine de 14 jours est fondée sur des données solides.

Toutefois, «il pourrait y avoir des scénarios à haut risque (par exemple celui d’un professionnel de la santé qui s’est occupé d’un patient COVID-19 sans équipement de protection) pour lesquels il serait prudent d’étendre la période de surveillance», notent les auteurs dans leur publication.

Néanmoins, le fait que des personnes infectées, mais sans aucun symptôme puissent transmettre la maladie complique le tableau. En effet, «il n’y a pas besoin d’éternuer ou de tousser pour propager des gouttelettes contaminantes. Le simple fait de parler, en particulier de prononcer les consonnes plosives (comme le b et le p) génère des gouttelettes qui peuvent contenir le virus. C’est un phénomène bien documenté dans les études sur la grippe», explique Vincent Racaniello, du département de microbiologie et d’immunologie de l’Université Columbia, à New York (qui n’est pas impliqué dans l’étude citée).

Cela rend plus difficile de «retracer» les cas et d’estimer la date de contact avec le virus, et donc de déterminer à partir de quel moment doit débuter l’isolement de 14 jours.

Enfin, même si votre quarantaine est terminée, n’oubliez pas que les mesures de précaution et de distanciation sociale continuent de s’appliquer.

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