COVID-19: questions en vrac concernant les asymptomatiques — Première partie

Nous avons reçu plusieurs questions concernant les personnes asymptomatiques. Celles-ci sont infectées par le virus, mais ne présentent pas de symptômes de la maladie.

Lors de l’infection au virus SRAS-CoV-2, une proportion encore inconnue de gens infectés sont asymptomatiques – il s’agit de potentiels propagateurs silencieux de la maladie qui ne développeront jamais de symptômes.

On peut ajouter à ce nombre les personnes présymptomatiques, qui sont infectées mais dont les symptômes apparaîtront quelques jours plus tard (entre 2 et 14 jours en moyenne). «À ce stade, le virus peut être en train de se reproduire», indique le médecin Donald C. Vinh, directeur du programme en maladies infectieuses et immunité en santé mondiale au Centre universitaire de santé McGill (CUSM). «Lorsque la multiplication atteint un certain seuil, la personne développe des symptômes qui peuvent être très variables», ajoute-t-il.

Q : « Ma fille de bientôt 13 ans me demandait : est-ce qu’une personne uniquement porteuse du virus (donc asymptomatique) peut «ravoir/rattraper» la COVID-19 puisqu’elle n’a jamais développé la maladie? Je me questionne aussi sur le temps qu’une personne porteuse aura le virus dans son système? », demande Joëlle Fournier, de Montréal.

R: Pour la première partie de la question, le médecin Donald C. Vinh du CUSM souligne qu’il est difficile de répondre en ce moment en raison du manque de données. «Si ce virus se comporte comme les autres coronavirus connus, la mémoire immunitaire empêcherait d’être infecté à nouveau par le même virus», dit-il. On ne connait toutefois pas la durée de protection conférée par une première infection.

«Il y a eu un rapport suggérant qu’il était possible d’attraper à nouveau la maladie, mais il été fortement critiqué par la communauté médicale et scientifique», énonce-t-il. On mentionnait dans cette étude que certaines personnes déclarées guéries de la COVID-19 avaient ensuite été infectées à nouveau. Les premiers tests auraient-ils pu donner des résultats faussement négatifs? Quoi qu’il en soit, il faut faire preuve de prudence devant ces cas, qui sont encore peu nombreux.

Une autre possibilité selon une préétude (qui n’a pas encore été révisée par les pairs) montre que certains patients, même s’ils ont guéri de la maladie, ne développent pas assez d’anticorps pour contrecarrer une deuxième infection.

Il reste donc encore beaucoup de recherches à réaliser avant d’avoir un portrait clair sur l’immunité liée à l’exposition à ce virus.

Concernant la durée pendant laquelle une personne est contagieuse, encore là, selon Donald C. Vinh, il n’y a pas suffisamment de données pour y répondre. «Pour le déterminer véritablement, il faudrait le vérifier auprès de volontaires à qui on administrerait le virus et que l’on suivrait de très près en procédant à des tests immunologiques pour obtenir le temps de contagion. C’est impossible de le faire dans un contexte de pandémie», indique-t-il.

Une étude publiée début avril dans Gastroenterology démontre que le virus a été détecté dans les selles de patients jusqu’à 33 jours après le début de l’infection, même lorsque les échantillons prélevés dans les voies respiratoires étaient négatifs. D’autres chercheurs, qui ont publié leur étude dans American Thoracic Society, ont observé la persistance du virus dans la gorge jusqu’à 8 jours après la disparition des symptômes.

Notes aux lecteurs: les autres questions en vrac seront publiées dans l'édition de samedi

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