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L’employée que l’on devait rapatrier du CHSLD Villa-Bonheur à Granby, aux prises avec une fulgurante éclosion de cas de COVID, ne reviendra finalement pas au centre d’hébergement Horace-Boivin, à Waterloo. Au grand soulagement de membres de l’établissement.
L’employée que l’on devait rapatrier du CHSLD Villa-Bonheur à Granby, aux prises avec une fulgurante éclosion de cas de COVID, ne reviendra finalement pas au centre d’hébergement Horace-Boivin, à Waterloo. Au grand soulagement de membres de l’établissement.

Volte-face dans le transfert de personnel en CHSLD

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
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La colère de membres du personnel du centre d’hébergement Horace-Boivin à Waterloo à l’endroit de leur employeur a fait place au soulagement, vendredi. Le CIUSSS de l’Estrie a finalement décidé de ne pas rapatrier ce week-end, sans quarantaine, une collègue qui travaille depuis deux semaines au CHSLD Villa-Bonheur où le nombre de victimes de la COVID-19 se multiplie de jour en jour.

Contrairement à ce qui avait été prévu, la préposée en question sera envoyée au CHSLD Marie-Berthe-Couture, situé dans le même secteur, où une éclosion de cas de COVID vient de se déclarer. On y dénombre une dizaine de résidents infectés jusqu’ici.

«Notre premier choix est toujours de favoriser qu’il n’y ait pas de mobilité de personnel entre les installations. Le deuxième choix est de déplacer du personnel d’une zone chaude à une autre zone chaude si les besoins sont importants. Enfin, la dernière option est de déplacer du personnel d’une zone chaude à une zone froide. Cette décision ne se produit que lors d’un bris de service», a réitéré Julie Constantineau, du département des communications au CIUSSS. Selon nos sources, ce n’était toutefois pas le cas à Horace-Boivin ce week-end.

Donc, comment explique-t-on la décision initiale et cette volte-face? «La première décision était de ramener l’employée à son port d’attache qui est le CHSLD de Waterloo, a indiqué la porte-parole du CIUSSS. Mais, après analyse et compte tenu de l’évolution de la situation, il a été décidé de la transférer en soutien à l’équipe du CHSLD Marie-Berthe Couture.»

Soulagement chez le personnel

La nouvelle a été bien accueillie par des employés de l’établissement de Waterloo, très inquiets de voir leur consoeur revenir parmi eux sans quarantaine préalable après avoir passé deux semaines dans l’un des points les plus chauds de la seconde vague.

«On voyait bien que c’était une décision qui n’avait pas d’allure. Ça nous aurait tous mis possiblement en danger. Autant le personnel que les résidents. Tout le monde était très stressé à l’interne, mais là, ça va faire baisser un peu la pression», a confié une préposée à Horace-Boivin, qui préfère que l’on taise son identité.

Un de ses collègues est dans le même état d’esprit. «Je n’ai rien contre la fille qu’on a envoyée à Villa-Bonheur. C’est bien qu’elle puisse aller aider là-bas. Mais c’était insensé qu’elle passe d’un endroit où on compte autant de cas d’infection [près de 200 personnes ont contracté la COVID et 22 décès à ce jour] à Horace-Boivin, sans quarantaine. Alors, c’est très réconfortant de savoir qu’elle ne reviendra pas à court terme.»

Outre le fait de rapatrier une personne potentiellement infectée dans un milieu de travail exempt de cas de COVID-19, nos sources au sein personnel de l’endroit se disaient outrées que leur collègue entre «en surplus». «La fille devrait terminer à Villa-Bonheur jeudi. Elle aura une journée de congé vendredi et elle est à l’horaire le samedi. Mais l’équipe est déjà complète. Si au moins on manquait de monde pour faire le travail, c’est une chose, mais ce n’est pas le cas. C’est encore plus révoltant», avait clamé l'une des préposées.

Une situation que le conseiller syndical à la SCFP, Éric Bergeron, avait qualifiée «d’aberrante». Le représentant syndical n’a pas rappelé La Voix de l’Est vendredi.