Antoine et Éric Couture partagent une passion peu commune pour l’aviation.
Antoine et Éric Couture partagent une passion peu commune pour l’aviation.

Voler dans les nuages de père en fils

Florence Tanguay
Florence Tanguay
La Voix de l'Est
Âgé de 21 ans, Antoine Couture a réussi à se tailler une place dans le domaine de l’aviation. Le parcours de son père, le commandant Éric Couture, l’a non seulement inspiré, mais également poussé à se dépasser pour arriver au but qu’il s’était fixé alors qu’il était adolescent. Il ne lui reste maintenant que quelques semaines de formation avant d’atteindre son objectif.

«Si mon père est capable, je suis sûrement capable aussi!», s’est dit Antoine Couture lorsqu’il a pris la décision de mettre tous les efforts nécessaires afin de devenir pilote d’avion.

Bien qu’il soit heureux que son fils choisisse d’emprunter la même voie que lui, M. Couture ne voulait pas qu’il se berce d’illusions. «La route pour s’y rendre est sinueuse, admet le commandant chez Air Canada. Il ne faut pas entrer dans ce métier en se disant que tout va être rose.»

Horaires de travail particuliers, conciliation travail-famille difficile, bouleversements mondiaux — attentats du 11 septembre 2001, pandémies de SRAS et de COVID-19, entre autres —, rendent cette profession singulière et parfois instable.

Le pilote, qui a amorcé sa carrière en 1993, demeure cependant convaincu que son garçon saura tirer son épingle du jeu.

Le jeune homme a d’ailleurs apprécié les avertissements honnêtes de son paternel. «Je n’ai pas senti qu’il voulait me décourager, précise-t-il. C’était plus "sois réaliste".»


« Quand tu es pilote d’avion, il n’y a pas une seule journée où tu ne vois pas le soleil. »
Antoine Couture

Les horaires atypiques ne font pas peur à l’étudiant, qui avoue même que c’est ce qui lui a donné envie d’exercer le métier. «Je ne voulais pas d’un emploi assis dans un bureau, de 9h à 17h», confie celui qui souhaitait quelque chose de «challengeant physiquement et mentalement».

Beaucoup d’appelés, mais peu d’élus

Les Forces armées canadiennes, le Centre québécois de formation aéronautique du Cégep de Chicoutimi et certaines écoles privées, dont les coûts s’élèvent à plusieurs dizaines de milliers de dollars, sont les seuls endroits où il est possible d’obtenir les licences commerciales de pilotage au Québec. Au Cégep de Chicoutimi, 40 personnes sont acceptées annuellement parmi les 400 qui souhaitent adhérer au programme.

«Antoine, c’est un chanceux. Il a réussi à entrer à Chicoutimi», lance fièrement son père. Celui-ci a quant à lui obtenu ses licences grâce à une formation au sein de l’armée et dans une école privée.

Le jeune homme, qui terminera sa formation en juillet, souhaite faire du transport de passagers au sein d’une grande compagnie aérienne. Il doit cependant cumuler 1500 heures de vol avant d’obtenir sa licence de pilote de ligne lui permettant d’œuvrer dans une telle entreprise.

Dans le futur, le jeune Granbyen aimerait obtenir un poste en Europe ou en Afrique. Il souhaite ensuite revenir travailler au Canada, comme son père, qui fait voyager des vacanciers de Montréal vers des pays du Sud à bord d’un Airbus A320.

Qu’il vole vers des destinations chaudes ou non, l’étudiant assure que ce métier est incomparable, car «quand tu es pilote d’avion, il n’y a pas une seule journée où tu ne vois pas le soleil ».