Alors qu’elle était employée du Walmart de Granby, Lorraine Vincent a volé plus de 5000 $ de marchandises à son employeur.
Alors qu’elle était employée du Walmart de Granby, Lorraine Vincent a volé plus de 5000 $ de marchandises à son employeur.

Vol chez Walmart : la prison à domicile pour une ex-employée

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Lorraine Vincent a travaillé toute sa vie pour Walmart. Cela ne l’a pas empêchée, entre 2015 et 2018, d’y voler pour plus de 5000 $ de marchandise.

«Madame prenait des objets rapportés comme défectueux et les ramenait chez elle», a expliqué Me Claude Robitaille, procureur de la Couronne, au dernier passage en cour de l’accusée de 66 ans, jeudi, au palais de justice de Granby.

Le pot aux roses fut découvert après que son employeur ait installé des caméras près de son poste de travail, aux réclamations.

Avant cela, l’entreprise avait entre autres constaté qu’une boîte entière de tablettes électroniques avait disparu. «C’était assuré que, tôt ou tard, Walmart s’apercevrait de ce qui se passe», a souligné Me Roger Paquin, de la défense.

Rencontrée par les policiers, Mme Vincent a fait valoir qu’à l’époque son conjoint était devenu invalide et qu’elle avait commencé à prendre des antidépresseurs. Elle avait aussi des doléances envers Walmart : on lui avait notamment refusé une chaise à son poste de travail.

«Cela n’excuse rien», a dit Me Paquin. Mais cela permet d’apporter du contexte aux gestes posés par sa cliente, a-t-il ajouté, qui avait auparavant «un parcours irréprochable».

«Tout ce qu’elle veut, c’est reprendre sa vie. Les procédures seules ont eu un impact majeur pour elle.»

«Mme Vincent a travaillé pour Walmart toute sa vie, même alors que ça s’appelait Woolco, ce qui ne nous rajeunit pas», a lancé Me Robitaille.

Sentence

L’accusée a plaidé coupable, jeudi, à l’accusation d’avoir volé pour plus de 5000 $ de matériel à son employeur. Même si, de l’aveu des avocats, le montant exact reste inconnu.

Contre le respect de plusieurs conditions et le remboursement de 5000 $, le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec, a accepté la suggestion commune des avocats de condamner Lorraine Vincent à une peine de prison à domicile, aussi appelée «détention avec sursis».

La sexagénaire devra passer les 18 prochains mois à son domicile, confinée jour et nuit pour les sept premiers mois puis respecter un couvre-feu de nuit durant les huit derniers.

Mme Vincent, qui n’avait pas d’antécédent judiciaire, pourra sortir faire son épicerie deux heures par semaine et bénéficiera de permissions durant les congés des Fêtes ainsi que pour les anniversaires de ses deux enfants.

Mais il lui est interdit de se rendre dans un magasin Walmart.