Ginette Collin, déléguée au financement de la fondation Mira, a passé une bonne partie de la journée de samedi à solliciter des dons des automobilistes.

Voir grand à Cowansville

Il est tôt samedi matin, la température inviterait plutôt à rester sous les draps, et pourtant, des bénévoles s’activent déjà à amasser des fonds au beau milieu de la rue, à Cowansville. Ginette Collin fait partie de ces courageux altruistes, souriant et discutant avec les automobilistes qui donnent quelques sous à la fondation Mira. Ses gestes assurés ne laissent pas deviner que sa vue est presque nulle sous ses lunettes fumées.

« S’impliquer c’est vraiment valorisant, ça permet de reprendre sa place dans la communauté », confie celle qui agit maintenant comme déléguée au financement pour la fondation Mira. 

« Personne ne veut te prendre lorsque tu essaies de trouver un emploi », explique la résidente de Granby.  

Tranquillement, les chaudières se remplissent de dons.

Ginette Collin a réussi à se dénicher quelques Chevaliers de Colomb de Cowansville qui ont accepté de lui donner un coup de main. Ils avaient d’ailleurs fait de même l’an dernier. « C’est dur de trouver des bénévoles, il y a d’autres événements en même temps », témoigne l’un d’eux, Jean-Luc Sheink. 

À travers la province

En tout, Mme Collin espère amasser précisément 2004 $ grâce aux automobilistes qui passent à l’intersection de la rue de la Rivière et du boulevard des Vétérans. « C’est un dollar de plus que l’année passée ! », rigole-t-elle. 

Elle est une habituée de ce genre d’événement. En multipliant les coups de téléphone, elle réussit à organiser de petites collectes locales presque partout à travers la province. « Il y en a jusqu’à cinq chaque semaine », explique-t-elle. Son mari ou un ami lui sert de chauffeur. Mises ensemble, ces activités de financement permettent d’amasser « un demi-million par année », estime Ginette Collin.

Basculer dans le noir

Si elle se débrouille bien avec les chiffres et dans l’organisation, c’est que la bénévole de Mira a occupé plusieurs fonctions au sein de la Caisse Desjardins. « J’étais pressentie pour devenir la prochaine directrice », se rappelle-t-elle avec quelques regrets dans la voix. Il faut dire que Mme Collin est née en étant pourvue du sens de la vue, mais une maladie a progressivement attaqué sa vision jusqu’à la rendre « aveugle au sens légal ». « Je vois encore un peu de l’œil droit, mais pas assez pour me déplacer », précise-t-elle. Malgré les efforts de son employeur et de l’Institut Nazareth et Louis-Braille pour lui permettre de continuer, elle a dû abandonner son emploi au tournant des années 2000. « J’ai perdu, ma job et mon permis de conduire en même temps, se désole-t-elle. Ç’a été très dur à accepter. »

Ce n’est qu’en 2002 qu’elle s’est décidée à passer les tests pour obtenir un chien guide. « C’est comme avoir une moto, il t’emmène partout et il t’empêche de te planter ! » explique-t-elle. 

La fondation Mira fournit environ une cinquantaine de chiens par année à des personnes souffrant de handicaps visuels, mais également « d’autres types de handicaps et à des personnes autistes », ajoute Mme Collin. Les bénévoles comme Ginette doivent donc redoubler d’ardeur pour que les chiens-guides, coûtant autour de 30 000 $ à éduquer, demeurent accessibles au plus grand nombre.