Dominick Ménard a vu de nombreux paysages et rencontré beaucoup de gens. Même si sa vie de « vagabond » fait en sorte qu’il se laisse porter par le vent, c’est à Bromont qu’il se sent comme à la maison.

Vivre mieux avec moins

Certains choix de vie sont plus inspirants que d’autres. Celui que Dominick Ménard a fait il y a trois ans a été libérateur, selon le principal intéressé. Il s’est départi de son condo à Montréal pour vivre dans un van, et ce, à temps plein.

Le moment charnière de ce tournant dans sa vie ? Un voyage de trois mois au Costa Rica. Cette incursion dans une tout autre culture lui a fait réaliser plusieurs choses.

« Ici, on est choyés et on surconsomme à plusieurs égards. Quand tu reviens et que tu te rends compte que tu n’as manqué de rien, il y a une prise de conscience au niveau matériel », dit-il, alors qu’il a fait son escapade avec un sac de 30 litres seulement.

Il dit aussi accorder plus de temps à ce qui l’anime : le vélo et le voyage. 

« Je ne me définis pas par mon succès, mes biens matériels ou par le titre d’une profession », explique-t-il.

 Depuis qu’il a perdu son emploi comme représentant dans le monde du vélo, il ne s’est jamais retrouvé d’emploi stable. « Je suis nomade du travail aussi », lance-t-il.

En tant que travailleur autonome, Dominick alterne des contrats de livraison avec d’autres dans le domaine événementiel, à un rythme hebdomadaire.

Un port d’attache

Au volant de son Mercedes-Benz Sprinter déjà aménagé, Dominick a vu de nombreux paysages et rencontré beaucoup de gens. Même si sa vie de « vagabond » fait en sorte qu’il se laisse porter par le vent, c’est à Bromont qu’il se sent comme à la maison.

« [...] Même sans domicile fixe, il y a tout de même un endroit où on sent le plus à la maison. Pour moi, c’est Bromont, écrit-il sur son compte Instagram sur lequel il partage des parcelles de sa vie en van. Après trois semaines au Massif et avec deux jours de congé devant moi, j’ai mis la clé dans le contact et j’ai été voir ma gang. »

Il nous parlait d’ailleurs en direct du Pittstop Café Vélo de Bromont, où il a passé quelques nuits pour y dormir.

« Les propriétaires sont mes bons amis et ils m’ont offert de me brancher. »

À son grand bonheur, des opportunités comme celles-ci se présentent souvent à lui. Certains de ses employeurs précédents lui ont déjà permis de dormir dans le stationnement de l’entreprise.

« Il n’y a pas de secret et il n’y a rien d’extraordinaire à ce mode de vie. Les gens pensent que c’est compliqué, mais tu peux travailler, c’est juste que le soir tu rentres dans ta van » résume-t-il. 

Composer avec 13 litres d’eau pour faire son lavage — dans son lavabo — et prendre sa douche fait aussi partie de sa réalité.

Adaptation

Dominick concède que ce rythme ne convient pas à tout le monde. 

Vivre dans un espace restreint, ne pas savoir ou dormir et la peur de se faire réveiller en pleine nuit — ce qui ne lui est jamais arrivé — sont des contraintes propres à ce choix de vie.

Au fil du temps, Dominick a appris à apprivoiser les lieux où il dort. 

« Je respecte l’endroit. J’arrive le soir et je pars le matin. J’ai aussi des rideaux opaques pour empêcher que les gens qui passent voient à l’intérieur de mon van si la lumière est allumée » donne-t-il en exemple.

Pour aider les curieux à mieux comprendre la vie qu’il mène, Dominick a une chaîne YouTube sur laquelle il montre en images son quotidien, ses voyages et ses astuces sur la vie en van.