La commercialisation du temps des Fêtes prend aujourd’hui toute la place au détriment des moments magiques qui restent dans les souvenirs.

Vivre des Fêtes différentes

Selon le Conseil québécois du commerce de détail, les ménages québécois dépenseront en moyenne 658 $ pour le temps des Fêtes, soit 388 $ en cadeaux et 270 $ pour les autres dépenses. Chaque année, Roger Lafrance tente de briser ce cycle où la commercialisation du temps des Fêtes prend toute la place au détriment des moments magiques qui restent dans les souvenirs.

Depuis environ cinq ans, le conseiller budgétaire de l’ACEF Montérégie-Est offre la conférence « Vivre Noël autrement » auprès d’organismes de Granby­ et de la région afin de faire réfléchir­ les différentes clientèles. 

« Mon objectif est de ramener les gens à leurs Noëls d’antan. On se souvient des partys, de la bouffe, quand on est tout le monde ensemble, des jeux qu’on fait en famille. Mais c’est rare qu’on se souvienne des cadeaux, alors qu’actuellement tout est axé sur ça. »

Qu’ils soient de jeunes adultes en réinsertion sociale, des gens habitant en HLM, des immigrants en francisation ou des aînés, tous ont des souvenirs rattachés à Noël ou au jour de l’An. D’un autre côté, les participants constatent tous que le temps des Fêtes tourne aujourd’hui autour des cadeaux offerts et reçus, alors qu’il y a une pression sociale difficile à contrer. 

Malaise face aux cadeaux

« La distribution des cadeaux, ça ne finit pas. Il y en a tellement qu’on passe deux ou trois heures à déballer. Ça finit par déranger les gens qui se sentent inconfortables à travers tout ça, croit M. Lafrance. On oublie c’est quoi la fête de Noël. »

Qu’importe le budget, ce malaise est répandu, renchérit M. Lafrance, puisqu’il y a tellement de cadeaux que les enfants les regardent à peine une fois déballés.

« On a offert la conférence une dizaine de fois cette année dans des organismes sur le territoire de Granby et de Saint-Hyacinthe. La demande est en croissance. C’est un record cette année, on ne l’a jamais donnée autant de fois. »

La dernière conférence a été donnée mercredi devant des Syriens, un Russe, des Cubains et des Colombiens, à Saint-Hyacinthe, dans le cadre de leur cours de francisation. Les différentes traditions ont été abordées, ce qui a donné lieu à des échanges intéressants, dit-il. 

Consommation responsable

« On ne fait pas juste parler de nos souvenirs. On est là pour se demander si on peut fêter autrement que sur la carte de crédit. Beaucoup de gens m’en reparlent par après et me disent que ça les a fait réfléchir. Pour moi, c’est un gain. »

Dans les idées lancées pour faire plaisir sans se ruiner, il suggère de donner de son temps, par exemple en proposant du gardiennage le temps d’une soirée au cinéma ou d’une journée au spa. « Pour de jeunes parents, ça n’a pas de prix. »

Visiter les proches durant les Fêtes, comme les personnes âgées qui sont souvent seules, est aussi un cadeau précieux. 

Fabriquer soi-même un objet ou cuisiner une gâterie sucrée rend le cadeau très personnalisé ; organiser des activités en famille, à l’intérieur ou en plein air, rend les souvenirs inoubliables.

« L’essence de Noël, les gens le savent, c’est le plaisir d’être ensemble. »

Dans la mesure plutôt que la démesure

Chaque automne, le Conseil québécois du commerce de détail publie les résultats d’un sondage sur les prévisions de consommation­ durant les Fêtes.

Cette année, le sondage révèle que 9 % des Québécois ne fêteront pas Noël et que 4 % célèbreront, mais n’offrira aucun cadeau. Près du quart de la population ne donnera pas de cadeaux si leur situation financière est incertaine, tandis que six Québécois sur dix considèrent que leur situation n’a pas d’impact sur leurs dépenses en matière de cadeaux. 

Plus du tiers des consom­mateurs sondés recherchent le meilleur prix, le quart se limite à la liste d’achats et 14 % cherchent les ventes en magasin.

Ces données démontrent une certaine mesure dans les habitudes de consommation, selon le CQCD.

Parmi les répondants, 34 % ont signifié leur intention de faire des achats sur Internet pour les Fêtes. Il s’agit d’une hausse de 7 % par rapport à 2016 et les factures devraient totaliser 170 M $ pour l’ensemble de ces achats en ligne.