Le directeur de la résidence Le Riverain tient une rencontre d’information quotidienne avec ses résidents.
Le directeur de la résidence Le Riverain tient une rencontre d’information quotidienne avec ses résidents.

Visites interdites: pas de panique chez les aînés

Nicolas Bourcier
Nicolas Bourcier
La Voix de l'Est
L’interdiction des visites dans les CHSLD, les hôpitaux et les résidences pour personnes âgées, annoncée par le gouvernement du Québec, samedi, est généralement bien accueillie par les aînés. Qu’ils soient en résidence ou à leur domicile, ils comprennent la situation et se plient aux exigences pour réduire les risques de contracter le virus.

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Les données récoltées lors de la propagation de la COVID-19 en Chine témoignent d’un taux de décès de 8 % pour les personnes de 70 ans et plus ayant contracté le virus alors qu’il s’élève à 0,2 % pour les personnes âgées de 30 à 39 ans.

Calmes

Les résidents du Rialto, une résidence privée pour personnes âgées située à l’angle de la rue Principale et de la rue Saint-Charles à Granby, demeurent calmes, assure la préposée Josée Dumont.

Les visites sont interdites, mais pas les sorties. « On ne sort pas pour rien », nuance-t-elle toutefois. Les livraisons de médicaments y ont aussi été resserrées pour éviter que les livreurs circulent d’une chambre à l’autre.

Pour que les mesures soient bien comprises par les aînés et éviter que la confusion devienne une source de stress, le directeur de la résidence Le Riverain de Granby, Normand Brault, les convoque à une rencontre d’information quotidienne durant laquelle il vulgarise les dernières nouvelles.

« Il faut prendre le temps, avec nos personnes âgées et leur famille, de bien expliquer, de tempérer, d’éliminer les éléments qui peuvent amener des réactions trop vives, et d’expliquer que c’est pour leur protection, explique-t-il. Je vois qu’ils hochent la tête en signe de oui quand je leur parle et ils m’applaudissent quand je termine mon allocution. Ça signifie qu’ils se sentent bien, qu’ils se sentent protégés et qu’ils apprécient qu’on leur parle », estime Normand Brault.

Un moindre mal

La présidente de l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR) de Granby, Pauline Robert, et son conjoint sont dans la tranche d’âge plus à risque et ont décidé de respecter ces indications.

« La majorité des activités pour aînés ont toutes été annulées : la FADOQ, le Club de l’âge d’Or Princesses et nos rencontres. On n’a pas le choix, on pense qu’on est mieux de faire ça immédiatement que d’être malade », affirme Pauline Robert.

Elle est pleinement consciente des conséquences sur les personnes seules qui souffrent de solitude, mais considère « [qu]’entre deux maux, il faut choisir le moindre. Ça va tellement vite, il ne faut pas qu’on perde le contrôle, on n’a pas le choix ». Elle salue la décision de Québec et invite ses membres à s’y conformer.

Bonne collaboration

Les résidences et CHSLD ont déjà des protocoles pour freiner la propagation des autres maladies dans leurs établissements. « C’est le même protocole pour le coronavirus. Il est très bien articulé et correspond en tout point aux indications de la Santé publique. Ce qui est intéressant de voir, c’est que les gens sont habitués et qu’ils savent que c’est pour les protéger, donc ils collaborent très bien », note le directeur de la résidence Le Riverain.