Catherine Gagnieux et quelques-uns de ses animaux.

Visite au coeur d’un sanctuaire d’animaux de ferme

Après avoir ouvert leur cœur à une foule d’animaux au cours des deux dernières années, les passionnés responsables du Sanctuaire pour animaux de ferme de l’Estrie (SAFE), à Mansonville, ouvraient les portes de leur organisme au public samedi. Un tour guidé du site organisé par la fondatrice du sanctuaire, Catherine Gagnieux, a permis de sensibiliser les visiteurs aux conditions d’élevage des animaux dans le monde agricole.

Une longue histoire d’amour unit Mme Gagnieux au monde animalier. Elle avoue que déjà, durant son enfance en Algérie, elle rêvait de recueillir des animaux exotiques. Dans les dernières années, c’est surtout sa fibre végane qui l’a poussée à se lancer dans cette aventure un peu folle. 

« Avec toute l’information qui sort de nos jours, on sait ce qui se passe avec les animaux dans l’industrie. Un jour, tout ça est venu à la lumière et il y a eu un déclic. À force de dire que le veau est aussi cute que le chien, j’ai fini par me dire “Eh oui, c’est vrai”. Je me suis dit que je n’allais pas attendre d’avoir 80 ans avant de réaliser le projet ! » lance-t-elle. 

La ponette Shakira

Sauvés de leur triste sort

La passionnée des animaux souhaitait prendre le temps de bien faire les choses afin d’adapter le terrain de 64 acres qui n’avait jamais accueilli autant d’animaux. 

Un coup de fil en mai 2017 a cependant bousculé ses plans.

« Ils [l’organisme Humane Society International] m’ont dit : “est-ce que tu pourrais prendre des cochons ? Ils viennent de s’échapper en chemin pour l’abattoir et on a besoin d’un endroit pour eux ?”, se souvient-elle. Je n’étais pas prête encore, il manquait des installations. Je leur ai demandé une fin de semaine pour me préparer. »

Que ce soit un cochon, une vache ou un poney, chaque animal est un rescapé. Une réalité difficile à imaginer alors que l’on peut les voir flâner paisiblement sur le terrain de Mme Gagnieux. La plupart ont vécu une grande transformation tant physique que caractérielle après quelque temps au refuge.

Shakira, par exemple, était autrefois terrorisée par la présence des humains. Avant d’aboutir à Mansonville, la ponette (nommée d’après la chanteuse colombienne pour sa crinière blonde) avait été laissée à elle-même dans le champ d’un agriculteur avec ses congénères. 

Un peu plus loin, les bouvillons Calvin et Neemoo sont tous les deux orphelins de leur mère et sont eux aussi de véritables miraculés, sauvés grâce aux bons soins du sanctuaire. Calvin, quelque peu jaloux, garde un œil sur le journaliste de La Voix de l’Est tout au long de l’entrevue. Il est plutôt possessif avec sa maîtresse et ne fait que tolérer la présence d’hommes à ses côtés. Le jeune bœuf Neemo a eu le malheur de naître de sexe mâle et de race Jersey. Normalement, les nouveau-nés sont automatiquement euthanasiés puisqu’ils ne valent pas la peine d’être engraissés et ne fournissent évidemment pas de lait. 

« Lorsqu’il est arrivé ici, il [n’était vieux que de] quelques heures. Je me rappellerai toujours la première nuit que je suis restée à ses côtés. Il pleurait, il cherchait sa maman. C’était vraiment des cris de détresse qui sortaient du fond du cœur. »

Les deux veaux ont tout de même grandi en compagnie des autres animaux du refuge et semblent aujourd’hui ne garder que peu de séquelles de ces premiers moments difficiles.

En plus des cochons, des bœufs, des chiens et des poneys, des moutons et des chèvres sont également hébergés dans le refuge. 

La fondatrice du sanctuaire connaît bien chacun de ses pensionnaires, qui ont tous leur personnalité bien à eux. 

C’est avec une passion sincère que la fondatrice du sanctuaire raconte leurs touchantes histoires. 

Les animaux dont elle s’occupe ne représentent toutefois qu’une infime partie de toutes les bêtes qui pourraient être détournées de l’abattoir. 

« Notre mission est surtout éducative. C’est d’en sauver quelques-uns qui deviennent des ambassadeurs et qui aident à sensibiliser les gens. J’ai des appels tous les jours, mais on ne peut pas tous les prendre parce que c’est là qu’on coule [financièrement], mais directement ! C’est dur, c’est comme si moi, à chaque fois, j’avais le couteau et je [les envoyais à l’abattoir] », témoigne la dame. 

Visites guidées

Catherine Gagnieux estime que les visites guidées sont essentielles pour faire connaître la mission du sanctuaire et en assurer sa pérennité. 

Pour éviter de faire vivre trop d’anxiété aux animaux, seule une visite par jour est organisée et chacune d’entre elles est séparée de plusieurs jours. Selon les informations disponibles sur la page Facebook du SAFE, les prochaines visites sont prévues le 4 et 25 août. 

Le nombre de places étant limité, Mme Gagnieux invite les gens à réserver leur place au préalable.