La miellerie Les trois acres fait un virage écoresponsable en troquant ses emballages de plastiques pour des emballages compostables, dévoile l’apicultrice Liliane Morel.

Virage écolo pour la miellerie Les trois acres

La miellerie Les trois acres a entrepris un virage vert, cet été. À mesure que s’écoulera l’inventaire de produits présentés sous emballage plastique, d’autres en carton compostable les remplaceront. Déjà huit produits sont présentés sous cette forme depuis cet été, ce qui représente plus de 12 400 emballages de plastique de moins en circulation.

Choqués par la pollution causée par le plastique, les propriétaires de la miellerie de Dunham, Liliane Morel et Stephen Crawford, avaient entamé une réflexion il y a quelques années, mais ne trouvaient pas d’emballage compostable adéquat pour leurs produits. Cependant, la récente dégradation de la qualité des océans les a fait appuyer sur l’accélérateur.

« On voyage beaucoup et on est allés à Bali il y a deux ans et les plages étaient super belles, raconte Mme Morel en entrevue. Ma fille y est retournée cette année et ces plages étaient pleines de plastique. On est allés au Nicaragua et sur un côté d’une île où on est allés, c’était juste des déchets de plastiques. C’est là qu’on a décidé [d’agir]. On ne pouvait plus procrastiner. Ça me briserait le cœur de marcher sur une plage et de trouver un de mes tubes de baume à lèvres. »

La fabrication d’emballages écoresponsables a évolué et Mme Morel a pu trouver ceux qui lui convenaient, soit un tube où une simple pression du doigt fait monter le baume. Le produit reste ensuite en place.

Ces tubes sont faits de carton contenant 90 % de papier recyclé post-consommation. Les étiquettes sont fabriquées à partir de fibres de canne à sucre, et sont ainsi compostables et recyclables.

Le résultat est probant. « En juillet, j’ai enterré un tube en carton dans le jardin et je l’ai déterré il y a une semaine et demie et il ne restait que le produit et un petit peu de carton. Il s’est vraiment décomposé en trois mois », explique Mme Morel.

Une étape à franchir

Elle ne cache pas que ce virage écoresponsable coûte plus cher. « C’est un gros investissement. Ça prend six semaines avant de recevoir les tubes et les étiquettes et je ne peux pas acheter juste 100 tubes. Il faut que j’en commande 5000 à 6000 à la fois et c’est le double du prix de mes tubes en plastique. »

Conséquence pour le client, le prix des baumes à lèvres, par exemple, a augmenté de presque le double. D’un autre côté, puisque le tube est plus gros, il y a 90 % plus de baume à l’intérieur. Au final, le client est gagnant « et les gens sont fiers de nous », souligne Mme Morel.

Mme Morel invite d’ailleurs les autres producteurs de tous les secteurs d’activité à joindre le mouvement, peu importe la taille de leur entreprise.

« Il faut qu’ils y croient. Il faut qu’ils l’aient dans leurs tripes, croit-elle. Selon moi, on n’a pas le choix de faire ce changement-là. Il y a vraiment juste trop de plastique. »

Objectif 2020

Lorsqu’on visite la boutique du chemin Dymond, il y a encore des produits emballés dans du plastique. « Je ne peux pas les jeter, il faut que je les utilise, mais une fois que je n’en aurai plus, comme le gros format de Talons doux, je vais y aller avec un gros tube de carton. Ma Bedaine douce, c’est la même affaire. »

Le couple d’apiculteurs ne veut pas s’arrêter en si bon chemin.

Certaines crèmes, qui sont dans des pots de plastique, se retrouveront ainsi bientôt dans des contenants de verre.

Liliane Morel se donne jusqu’à 2020 pour faire la transition complète vers des emballages compostables, recyclables ou réutilisables, comme le verre et le métal.

Le vrac pourrait aussi faire son apparition pour le miel. Le but est que Les trois acres génèrent le minimum de déchets possible, conclut-elle.