Louis Villeneuve, maire de Bromont

Villes intelligentes: Bromont candidate, Granby réfléchit

L’invitation lancée récemment à Bromont par le député fédéral de Brome-Missisquoi, Denis Paradis, de poser sa candidature au Défi des villes intelligentes a fait écho. Granby évalue aussi ses options pour participer à cette compétition pancanadienne.

« Bromont, préparez-vous. S’il y a un endroit au Québec qui devrait être dans les finalistes, c’est ici », a lancé le 2 février Denis Paradis lors d’une allocution à Bromont, dans le cadre de l’octroi d’une subvention d’Ottawa au bureau d’accueil touristique.

Le maire de Bromont, Louis Villeneuve, ainsi que l’équipe de la Ville ont rapidement pris la balle au bond. « À l’instant où j’ai reçu un courriel qui parlait du Défi, j’ai tout de suite dit à la direction de la Ville que l’on ne peut pas passer à côté d’une telle opportunité, a indiqué le maire, qui était à Québec lors du passage du député libéral à Bromont. Ça s’inscrit parfaitement dans ce que j’appelle une ville plus active, verte et intelligente. Pas de doute que l’on répondra à la proposition de M. Paradis. »

En fait, le Défi des villes intelligentes, chapeauté par Infrastructure Canada, dispose de trois enveloppes. La première est de 50 millions de dollars et est ouverte à toutes les collectivités, peu importe leur population. Le second volet, qui cible les communautés de 500 000 habitants et moins, comporte deux prix de 10 millions. La dernière subvention peut atteindre cinq millions. Elle sera attribuée à une municipalité regroupant un maximum de 30 000 citoyens.

Énoncé
Les villes ont jusqu’au 24 avril pour poser leur candidature. La première étape consiste à soumettre un énoncé sous la forme d’une seule phrase pour « orienter la proposition de chaque collectivité ».

« Le Défi veut résoudre des enjeux qui sont importants pour les résidents. Les propositions gagnantes seront celles qui ciblent les résultats les plus convaincants et les plus significatifs et qui se fixeront des jalons mesurables et ambitieux en vue d’atteindre leurs objectifs », peut-on lire sur la plateforme Web dédiée au concours.

Les finalistes seront dévoilés à l’été 2018. Les villes en lice auront ensuite jusqu’à l’hiver pour peaufiner leur proposition. Les municipalités retenues recevront une subvention de 250 000 dollars pour compléter cette étape. Un jury indépendant départagera les candidats. Les lauréats seront annoncés au printemps 2019. Suivra la mise en œuvre des projets.

Bien que le dossier de candidature de Bromont en soit à ses balbutiements, le directeur général Éric Sévigny a évoqué quelques « lignes directrices ».

« Notre demande devrait englober plusieurs aspects. Notamment le service à la clientèle et l’information des citoyens, sur lesquels on mise énormément. On pourrait notamment se servir des lumières de rue comme antennes de communication encore plus ciblées », a-t-il cité en exemple.

D’ailleurs, Bromont a plusieurs réalisations à son actif dans le créneau des « villes intelligentes ». On parle entre autres de l’application B-CITI, qui devrait servir à élargir les canaux de communication avec les citoyens dans plusieurs sphères. Celle des travaux publics (déneigement) est déjà en branle. Selon le DG, la municipalité devrait déposer sa candidature d’ici la fin février.

Pascal Bonin, maire de Granby

En réflexion
La Ville de Granby étudie également « très sérieusement » la possibilité de déposer sa candidature, a affirmé le maire Pascal Bonin. Le sujet était d’ailleurs discuté mardi après-midi afin d’évaluer si le projet envisagé par la Ville pourrait correspondre aux critères du Défi des villes intelligentes.

« Il faut que le projet soit rentable pour les citoyens, qu’il ait une plus-value. Si c’est un projet tape-à-l’œil, qui coûte une fortune à la municipalité, je n’en ferai pas. Il faut que ça donne quelque chose. (...) Le budget est fait. On ne débloquera pas plusieurs centaines de milliers de dollars pour participer. Il faut être réaliste. Le gouvernement recherche certaines choses. Est-ce que c’est la même chose que la Ville recherche ? C’est ce qu’on analyse », déclare Pascal Bonin, qui préfère toutefois ne pas entrer dans les détails pour le moment sur les projets élaborés par l’administration municipale en matière de villes intelligentes.

Selon le maire, le dossier sera éventuellement présenté au conseil municipal. Ultimement, c’est lui qui décidera si Granby participe ou pas à ce défi, dit-il.

Granby s’est positionnée au cours des dernières années dans le dossier des villes intelligentes. Pascal Bonin a participé à des missions en Europe sur le sujet. Il s’est aussi fait conférencier sur ce thème. D’autres opportunités pourraient d’ailleurs se présenter cette année dans ce registre, laisse-t-il savoir.

— Avec la collaboration de Marie-Ève Martel