Denis Paquin et Pierrette Gendron, respectivement maire et directrice générale de Sainte-Angèle-de-Monnoir.
Denis Paquin et Pierrette Gendron, respectivement maire et directrice générale de Sainte-Angèle-de-Monnoir.

Village cherche terrains

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Aux prises avec différentes contraintes géographiques, environnementales, réglementaires ou budgétaires, les municipalités de moins de 5000 habitants font face à plusieurs défis quand vient le temps de se développer.

Sainte-Angèle-de-Monnoir abrite approximativement 1770 citoyens répartis derrière les quelque 750 portes que compte la municipalité. Un chiffre qui pourrait encore croître, mais pas de manière significative étant donné les possibilités limitées du village d’étendre ses frontières.

Si l’assiette fiscale de la municipalité provient, à parts plus ou moins égales, des propriétés résidentielles et agricoles, le noyau villageois ne représente qu’environ 5 % de la superficie de Sainte-Angèle, qui fait 45,5 kilomètres carrés. Le peu de terrains disponibles pour la construction résidentielle constitue le principal frein au développement de la municipalité.

« Comme on n’a pas d’industrie et très peu de commerces, il ne nous reste que la taxe foncière pour financer les opérations de la municipalité, ce qui met une pression supplémentaire pour se développer, explique la directrice générale Pierrette Gendron. En même temps, les coûts municipaux continuent de monter, alors à un moment donné, il faut aller chercher des maisons de plus. »

La plus récente mouture du schéma d’aménagement de la MRC de Rouville indique qu’environ 6,75 hectares de terres pourraient être développés à Sainte-Angèle-de-Monnoir. De cette superficie, un hectare se situe en zone blanche. « Il en reste à peu près les trois quarts, et c’est dans un secteur difficile à développer. Il y a un cours d’eau qui complique le développement », précise Mme Gendron.

« On est pris, poursuit-elle. On n’a plus de terrains, c’est zéro. »

Le reste se trouve en zone agricole, ce qui forcera la municipalité à se présenter devant la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ), le moment venu, pour faire valoir une demande d’exclusion. Plus tôt cette semaine, lors de la séance du conseil municipal, les élus ont mandaté le Groupe conseil UDA pour évaluer les sites potentiels à exclure.

« Le conseil a identifié des zones où on pourrait développer ce cinq hectares, mais on n’a pas statué sur celle que nous allons présenter à la CPTAQ, nuance le maire Denis Paquin. On ne veut pas aller là-bas pour se faire dire non. »

De plus, ajoute l’élu, « le conseil souhaite évidemment du développement sur le territoire de la municipalité, mais pas à tout prix, n’importe où ou n’importe comment ».

« C’est le rôle de la CPTAQ de protéger les terres agricoles, rappelle le maire. Il faut aussi avoir une vision à long terme. Si on construit sur nos terres agricoles, où ferons-nous pousser nos fruits et légumes ? »

M. Paquin est d’avis que les villages et communautés à forte prédominance agricole devraient subir moins de pression pour étaler leur périmètre urbain étant donné que leur contribution à la société est d’ordre alimentaire.

Le défi de densifier

Le schéma d’aménagement de la MRC de Rouville prévoit une densification de 16 logements par hectare dans les municipalités rurales comme Sainte-Angèle. Un objectif loin d’être atteint et difficile à rejoindre puisqu’on ne retrouve dans la municipalité que de l’unifamilial isolé et du semi-détaché.

« Moi, j’appelle plutôt ça un défi ! » lance M. Paquin.

« Notre périmètre urbain a été développé avant, souligne la fonctionnaire. Il manque des multilogements et il y a de la demande pour en avoir, mais nous n’en avons que très peu. Nous sommes un lieu où viennent s’établir de jeunes familles et des premiers acheteurs. »

C’est pourquoi la municipalité mise sur un plan d’aménagement d’ensemble pour uniformiser les résidences actuelles et à venir.

« On ne veut pas dénaturer notre environnement champêtre. Il faut que ce soit beau. On ne pourrait pas mettre un petit Bronx ou un petit Brossard dans notre village », illustre le maire Paquin.