Une vigile anti-spécisme s’est tenue dimanche devant l’abattoir Ducharme, à Saint-Alphonse-de-Granby, pour l’abolition de toute forme d’exploitation animale.

Vigile contre l’exploitation animale

Une vigile s’est tenue devant l’abattoir Ducharme, à Saint-Alphonse-de-Granby, dimanche après-midi, pour dénoncer toute forme d’exploitation animale. Le groupe s’est dirigé ensuite vers le Zoo de Granby pour protester contre la basse-cour présente pour Pâques.

« Nous désirons faire comprendre aux gens que nous faisons du mal à toutes les espèces animales, explique l’organisateur de la vigile anti-spécisme, Jude Arsenault. C’est de l’exploitation non nécessaire. Quatre-vingt-dix-neuf pour cent des animaux que nous abattons sont pour la nourriture, alors que nous serions beaucoup mieux sans viande du point de vue de la santé, de l’environnement et de l’éthique. »

Le choix de la journée de Pâques n’est pas anodin puisqu’à l’occasion de cette fête d’origine religieuse, la chair de nombreux animaux est consommée.

L’abattoir Ducharme est en rénovation pour agrandir ses installations. Déjà spécialisée dans l’abattage de volaille, l’entreprise ajoutera le lapin à ses opérations, indique la copropriétaire Valérie Parent. Elle était consciente que cette manifestation était justement organisée en lien avec cette nouvelle activité.

Comme il s’agit d’une première pour l’abattoir, elle ne savait pas à quoi s’attendre. L’entreprise était fermée dimanche. 

« On a avisé la police pour qu’il y ait une patrouille, au cas où », indique-t-elle. En effet, la Sûreté du Québec a été avisée de la tenue de la vigile, dimanche, dès 13 h.

« Ça fait quatre ans qu’on fait ça et on n’a jamais de problème. Ce sont des gens pacifiques », assure l’organisateur. Il attendait environ 35 personnes.

Le Zoo ciblé

La basse-cour du Zoo de Granby est un autre volet du message que portent les militants de Mouvement de libération, dont fait partie M. Arsenault. Il considère que les poussins et les lapins qui s’y trouvent sont exploités et souhaite faire réfléchir les familles sur une telle attraction. 

« Ce sont des commodités, ce sont des animaux considérés comme des animaux de consommation. » Il donne en exemple ces familles qui, après avoir caressé des poussins, souperont d’un repas composé de poulet.

Le groupe s’est déplacé face au Zoo, vers 14 h 15, armé de dépliants informatifs sur le véganisme et d’affiches représentant leurs revendications. 

Par contre, le Zoo de Granby n’adhère pas aux propos les concernant. 

« J’ai l’impression qu’ils nous comparent avec ce qu’il y a dans les centres commerciaux, répond Karl Fournier, directeur des soins animaliers. Ce sont des animaux qu’on a depuis qu’ils sont jeunes et ça fait très longtemps que nous les avons. On n’a pas de petits poussins qu’on fait venir pour les manipuler. [...] Notre rôle est très différent [de ce à quoi] on veut nous comparer. Le Zoo de Granby est très proactif pour la conservation in situ tant au Québec qu’à l’étranger. [...] Je crois que les zoos accrédités ont un rôle important. Quand on nous compare à de l’exploitation animale, j’ai de la misère avec ça parce que c’est loin de ce qu’on fait. »

«ÊTRE VÉGANE, C’EST POLITIQUE»

Végane depuis plusieurs années, Jude Arsenault a organisé entre 100 et 125 vigiles depuis quatre ans durant lesquelles ses comparses et lui ont tenté de sensibiliser les employés d’abattoirs et les passants sur le véganisme et le spécisme, c’est-à-dire la discrimination basée sur l’espèce. Par exemple, « on adore les chiens, mais on mange les poules et les cochons alors qu’à la base ils sont pareils ».

Le Mouvement de libération vise à faire reconnaître que tous les animaux souffrent au même titre que les humains et combat pour abolir cette souffrance.

Quant au véganisme, il tient à préciser de quoi il s’agit. « Être végane, c’est quand tu es contre toute exploitation animale. » Telle la consommation de viande, d’œuf ou de lait, mais aussi de fourrure, de cuir ou de laine. Les élevages de chiens entrent aussi dans cette catégorie. 

« Les gens ont tendance à penser que c’est notre mode d’alimentation, mais être véganes, c’est politique, c’est pour la libération de tous les animaux. C’est un terme qui existe depuis les années 40. Alors qu’être végétalien, c’est juste en lien avec l’alimentation. »

Enfant de la ferme

« J’ai grandi sur la ferme et je ne comprenais pas ce que je faisais », indique M. Arsenault, qui tient à soulever les problèmes éthiques entourant notre mode de vie.

C’est l’adoption d’un chien considéré comme dangereux, pour lui donner une dernière chance, qui lui a permis de réaliser que l’animal pouvait ressentir la souffrance. « Les enfants qui grandissent sur des fermes, nous sommes systématiquement désensibilisés », dit-il.

« Quelques années [après l’adoption du chien], j’ai rencontré un gars qui était contre l’exploitation animale. Il m’a dit qu’il était végane. Je ne connaissais pas ça, alors j’ai fait des recherches. Je ne pouvais pas croire que j’avais participé à ça. »

Il s’est joint au mouvement il y a une dizaine d’années.