La vigile antispéciste devant le Zoo de Granby a attiré une vingtaine de manifestants­ dimanche matin.

Vigile contre l'exploitation animale : le message commence à passer

La vigile antispéciste du Mouvement de libération des animaux s’est attaquée à l’un des fleurons de Granby, dimanche matin, en manifestant devant le Zoo. Les militants antispécistes aimeraient bien le voir fermer afin que plus aucun animal n’y vive en captivité.

Pour les militants antispécistes du Mouvement de libération, une cage est une cage. Que celles-ci soient grandes, luxueuses et presque invisibles comme celles du Zoo de Granby n’y change rien : le problème est que des animaux qui sont en captivité sont malheureux, selon les manifestants.

« Seulement 2 % des espèces qui sont présentes dans les zoos sont réellement en voie d’extinction, le reste c’est du divertissement ! » lance catégoriquement Jude Arsenault, participant à la manifestation.

Même après plusieurs vigiles organisées dans la région pour le mouvement antispéciste, le militant garde sa fougue habituelle. Usant massivement des réseaux sociaux, l’organisateur a ainsi réussi à réunir une vingtaine de militants pour sensibiliser les passants à cette cause qui lui tient à cœur.

Comme ce fut le cas lors des dernières manifestations, le groupe Actions antispécistes de Sherbrooke s’est joint à ses camarades de lutte du Mouvement de libération.

Des militants de Granby étaient également présents.

Pas éducatif
Les manifestants ne manquaient pas d’arguments pour s’opposer à l’existence même des zoos.

Pour eux, il est inacceptable que l’homme exerce à une telle supériorité sur les animaux au point de faire de leur captivité une industrie de divertissement.

Les militants remettent également en doute la vocation éducative revendiquée par le Zoo de Granby qui est, rappelons-le, un organisme à but non lucratif.

« Si le Zoo était sincère dans sa volonté de protéger les animaux, il aiderait davantage les organismes de protection en Afrique et dans tous les endroits où les animaux sont menacés », ajoute Jude Arsenault avant de continuer. « Les gens qui ont des chats et des chiens le savent très bien lorsque leur animal est malheureux, je ne comprends pas pourquoi ils sont complètement désensibilisés lorsqu’il s’agit d’un zoo. »

Message qui passe
Si plusieurs personnes sur place étaient des habituées des vigiles organisées par Jude Arsenault, de nouveaux visages étaient également présents dimanche matin.

« Moi, c’est ma première vigile. Je suis végane et j’essaie de participer à toutes les actions antispécistes qui sont organisées », explique Emy Ruel.

À côté d’elle, Paméla Lauzon Garfield n’était pas moins convaincue de la pertinence d’un tel rassemblement.

« Ce n’est pas normal qu’on montre aux enfants qu’il est acceptable de mettre des êtres plus vulnérables que soi en cage et de payer pour aller les voir. [...] Lorsque l’animal se montre aux visiteurs pis qu’on le trouve cute, il est en train de te dire “aide-moi s’il te plaît” ! »

Celle-ci ne tarit pas d’arguments pour tenter de convaincre le journaliste de La Voix de l’Est d’adopter son mode de vie.

Plusieurs automobilistes ont exprimé leur soutien aux manifestants en klaxonnant joyeusement.

Un couple à moto s’est même arrêté pour donner un billet de 20 $ à l’organisation et prendre de la documentation.

« Je pense qu’on devrait tous aspirer à manger moins de viande », estime le motard.

« Tranquillement, le message passe de mieux en mieux, mais on a encore un retard au Québec », conclut Jude Arsenault qui se réjouissait du succès de sa vigile.