La Ville de Granby a annoncé la mise en oeuvre d’une politique de participation citoyenne. Sur la photo : Marc Antoine Morin, Éric Duchesneau, Denyse Tremblay, Michel Pinault, Alain Lacasse, Gabriel Bruneau, Catherine Bouchard, Robert Riel, Julie Bourdon et Jean-Luc Nappert.

Vers une politique de participation citoyenne à Granby

La Ville de Granby souhaite faciliter, voire bonifier les échanges avec les citoyens. Pour y arriver, elle a annoncé mercredi la mise en oeuvre d’un processus qui permettra l’adoption d’une première politique de participation citoyenne.

« Nous entreprenons une vaste démarche, inédite à ce jour à Granby, pour nous permettre d’élaborer notre toute première politique de participation citoyenne. (...) Notre municipalité considère opportun de créer un espace de réflexion adapté aux enjeux qui touchent notre réalité », a fait valoir le maire suppléant, Robert Riel, à l’occasion d’un point de presse. 

« Nous sommes convaincus qu’au terme de notre démarche, notre projet de politique de participation citoyenne favorisera une communauté plus engagée pour nous permettre d’entamer un virage important en matière de démocratie citoyenne. Et ce, au grand bénéfice de l’ensemble de la population », a ajouté M. Riel. 

Selon lui, ce projet s’inscrit dans la foulée de la planification stratégique 2018-2022 de la Ville, alors qu’« avoir une communauté activement engagée dans son milieu » est une des six aspirations retenues. 

Les conseillers municipaux Julie Bourdon et Jean-Luc Nappert, le directeur général adjoint de la Ville, Gabriel Bruneau, la greffière et directrice des services juridiques, Catherine Bouchard, ainsi que le chef de la division communications, Marc Antoine Morin, porteront ce projet et participeront à l’élaboration de la politique. 

« C’est vraiment l’introduction d’un processus nouveau », souligne Michel Pinault, directeur général de la Ville de Granby.

Sondage et discussion

Si l’adoption de la politique est prévue au printemps 2020, les démarches permettant son élaboration seront lancées dès le 22 novembre avec la réalisation d’un sondage auprès de la population. Prévue en deux volets, l’un téléphonique et l’autre en ligne, la démarche sera réalisée par la firme Léger. Les élus lui ont octroyé un mandat à cet effet au coût de 18 190 $ lors de la dernière séance du conseil municipal. 

Le sondage permettra notamment de connaître les attentes des citoyens en matière d’information et de consultation et d’identifier les outils qu’ils privilégient.

Léger sondera 500 personnes par téléphone, mais tous ceux qui le souhaitent pourront participer à l’exercice, en ligne, par le biais du lien granby.ca/sondage. Les jeunes sont aussi invités à s’exprimer sur le sujet. 

Des groupes de discussion seront par ailleurs formés dans un deuxième temps, en janvier, afin d’approfondir le portrait dressé grâce au sondage. La firme Léger participera aussi à cette étape. Environ 25 personnes de 15 ans et plus pourront y participer. Les personnes intéressées peuvent se manifester par courriel à Marc Antoine Morin (mamorin@granby.ca).

« On ne voulait pas mettre de l’avant une politique de participation citoyenne sans avoir un apport des citoyens et s’assurer qu’elle va fonctionner, autant dans la machine municipale que pour les citoyens. Pour nous, c’était important d’aller vers eux », affirme Julie Bourdon.

Enjeux collectifs 

Selon le directeur général de la Ville, Michel Pinault, des processus de consultation, entre autres en matière d’urbanisme, existent déjà à Granby. Mais en plus d’être bonifiés, ils seront encadrés et structurés davantage.

« C’est vraiment l’introduction d’un processus nouveau. On souhaite que ça rencontre nos objectifs, c’est-à-dire d’être encore plus transparents, plus collaboratifs et de recevoir davantage de feedback et de rétroaction des citoyens sur les décisions », dit-il. 

« On veut placer les citoyens en amont des décisions du conseil municipal pour vraiment aller chercher le pouls de la population lorsque des décisions qui représentent des enjeux importants pour la municipalité ont à être prises », ajoute Michel Pinault.

Selon lui, la politique de participation citoyenne s’appliquera et prendra tout son sens principalement dans les dossiers qui présentent des « enjeux collectifs ». 

Julie Bourdon relève qu’il y aura différentes façons de consulter les citoyens. Mais celles-ci seront détaillées ultérieurement. 

« Notre volonté s’inscrit dans la recherche d’un modèle qui colle davantage à notre réalité pour être encore plus près de nos citoyens. Les outils de participation citoyenne, comme celui que nous développons, sont particulièrement utiles pour mieux définir nos décisions et nos projets qui touchent directement l’environnement et le cadre de vie de nos citoyens », a pour sa part relevé Jean-Luc Nappert. 

Le DG de la Ville souligne par ailleurs que l’adoption de cette nouvelle politique n’a pas de lien avec la loi 122. Celle-ci permet aux villes d’abandonner les référendums à condition de se doter d’une politique de participation publique. « On n’utilise pas ici les outils de la loi 122 pour écarter, par exemple les référendums », dit-il. « Ce n’est pas ce processus-là qu’on fait actuellement. C’est vraiment une politique pour changer nos façons de faire », opine la directrice des services juridiques, Catherine Bouchard.