Incapable de vendre le papier qu’elle récupère via la collecte sélective, Récupération 2000 de Cowansville pourrait cesser ses activités à la fin du mois.

Vers une crise du bac bleu à Cowansville?

Récupération 2000 pourrait fermer ses portes à la fin du mois de juin si aucun nouvel investisseur ne se manifeste. L’entreprise, qui opère un centre de tri, perd des milliers de dollars chaque semaine, rapporte Radio-Canada, parce qu’elle est incapable de trouver des acheteurs pour ses ballots de papier.

La compagnie essuie des pertes de 80 000 $ par mois depuis le début de l’année. Ses difficultés, qui s’expliquent par le fait que des producteurs chinois n’achètent plus le papier qu’elle récupère parce qu’il est trop contaminé, l’ont contrainte à se prévaloir des dispositions de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité, selon Radio-Canada. Elle préparerait une offre à ses créanciers.

Plusieurs municipalités de la MRC Brome-Missisquoi font affaire avec Récupération 2000, dont Cowansville. L’entreprise s’occupe de leur collecte sélective et du tri des matières. Sa fermeture pourrait entraîner une crise, les matières recyclables n’étant plus ramassées.

Les autorités cowansvilloises travaillent depuis trois semaines pour éviter un tel scénario. « Dès qu’on a reçu l’avis d’intention de Récupération 2000, il y a trois semaines, qu’ils ne pouvaient plus fonctionner, on s’est mis au travail pour trouver une solution d’ici le 1er juillet », indique la mairesse Sylvie Beauregard en entrevue mardi à La Voix de l’Est.

Toutes les options sont sur la table, a dit Mme Beauregard, dont la vente de Récupération 2000 à d’autres intérêts et la conclusion d’une entente de services avec une autre entreprise. Sur ce point, la municipalité a communiqué avec le ministère des Affaires municipales pour obtenir la garantie qu’elle pourrait offrir un nouveau contrat de collecte et de traitement des matières recyclables sans devoir passer par un appel d’offres.

« On est dans une situation urgente. On n’a pas vraiment le temps de se lancer dans un long processus pour trouver une compagnie capable de nous donner le service. On doit pouvoir octroyer un contrat », a-t-elle soutenu.

La réponse ministérielle est favorable à une telle façon de fonctionner, a-t-elle dit.

Les compagnies Sani-Éco de Granby et Matrec ont été approchées par la Ville, a dit la mairesse. « On a fait des recherches pour voir quelles entreprises pourraient prendre le relais à partir du 1er juillet. On devrait trouver une solution d’ici là. »

Pas d’enfouissement
Le but de la municipalité est que le service de collecte sélective ne souffre d’aucune interruption. « Les citoyens ont travaillé fort ces dernières années pour participer à cette collecte. On doit continuer d’offrir le service. Peut-être pourrait-on avoir une interruption d’une semaine pour s’organiser, mais pas plus », soutient Mme Beauregard. Chose certaine, affirme-t-elle, l’enfouissement des matières recyclables « n’est pas une option. »

La crise dans l’industrie des centres de tri ne touche pas que la région, signale Mme Beauregard. Tout le Québec est concerné, croit-elle. Le gouvernement du Québec doit faire sa part pour aider les entreprises de récupération à moderniser leurs équipements. « On n’entend pas parler de ce qu’ils entendent faire », dénonce-t-elle.

Le resserrement des normes de qualité des acheteurs chinois de papier à recycler a fait mal aux centres de tri du Québec, dont celui de Récupération 2000. Les acheteurs en Chine exigent que le taux de contamination des ballots de papier soit inférieur à un pour cent. Or plusieurs entreprises québécoises peinent à atteindre les cinq pour cent.

Récupération 2000 traite chaque année 9000 tonnes de matières recyclables à ses installations de la rue Dryden à Cowansville, selon Radio-Canada. Une quarantaine d’employés y travaillent.

Le directeur général de Récupération 2000 Nicolas Therrien n’a pas donné suite mardi à nos demandes d’entrevue.