Alex Martin, président de l’Organisme de bassin versant de la Yamaska, a présenté la phase deux du projet collectif du bassin versant du lac Boivin

Vers un lac Boivin plus propre

L’Organisme de bassin du versant (OBV) de la Yamaska, en compagnie de ses partenaires, a présenté mercredi matin la phase deux du projet collectif du bassin versant du lac Boivin. À la suite des concertations des dernières années, les milieux municipal et agricole de la région sont enfin prêts à passer à l’action. L’objectif principal consiste à diminuer l’impact de l’agriculture sur l’eau.

Il s’agit en fait d’empêcher l’exportation des nutriments dans le plan d’eau pour ainsi ralentir le processus d’eutrophisation du lac Boivin, c’est-à-dire son vieillissement prématuré. En tout, une soixantaine d’entreprises agricoles ont accepté de cibler les problèmes environnementaux auxquels ils sont confrontés pour ensuite prendre des décisions concrètes.

Les personnes responsables du programme espèrent ainsi donner la chance aux citoyens de la localité d’assurer la pérennité du lac Boivin.

La prévention de l’érosion des sols est notamment très importante. « Tout le monde est gagnant si le sol reste dans les champs », indique Jérôme Ostiguy, président du syndicat de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de la Haute-Yamaska.

Il n’y a aucun intérêt à envoyer du phosphore dans cet or bleu puisque celui-ci permet de nourrir les terres agricoles.

Afin d’y arriver, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) contribue financièrement à cette initiative. Il investira 100 000 $ dans les deux prochaines années afin de favoriser un développement durable.

Réaliste

Alex Martin, président de l’OBV Yamaska, demeure réaliste. Le projet qui s’étend jusqu’en 2023 va effectivement apporter des changements positifs, selon lui. En collaborant avec les diverses entreprises, il sera possible de diminuer de façon considérable la quantité de phosphore présente au sein du lac Boivin.

Cependant, cela ne se fera pas du jour au lendemain. « Il est évident que l’on ne peut pas changer drastiquement la qualité de l’eau en si peu de temps », souligne-t-il.

Il espère tout de même atteindre un plateau intéressant. De 2002 à 2011, la quantité de phosphore a diminué de 30 % au sein de cette nappe d’eau selon le ministère de l’Environnement. Cette diminution est digne de mention au dire du président de l’organisme, car une telle baisse en dix ans est rien de moins qu’exceptionnelle.

« En ayant une collaboration avec les entreprises agricoles, il sera plus facile de considérer une réduction de 25 % des charges en phosphore et en sédiment dans le lac dans dix ans », explique M. Martin.

Collaboration

Le dévouement entretenu par les différents partenaires du projet représente la grande force de celui-ci selon les acteurs présents. L’ingénierie humaine et la confiance sont deux facteurs gagnants d’une telle résolution, affirment-ils.

Pour sa part, la Ville de Granby veut placer les milieux naturels au cœur des préoccupations de la municipalité. Selon Catherine Baudin, conseillère de la municipalité responsable des dossiers environnementaux, la collaboration entre les partenaires est essentielle afin d’atteindre les objectifs fixés. « Je crois que ce projet est une bonne nouvelle pour un développement durable au sein de la région », commente-t-elle.

Le MAPAQ espère inciter encore plus de producteurs agricoles à intégrer le programme. Le ministère accorde ainsi une subvention à la hauteur de 90 % à ces entreprises qui tentent de changer leurs habitudes. Si ce n’est pas le cas et qu’ils veulent rester indépendants, les agronomes auront droit à une indemnité de 70 %.

Alléger l’empreinte écologique sur le cours d’eau ne sera pas de tout repos. Cependant, les responsables du projet croient qu’ils en sont capables. « C’est à nous d’en prendre soin », résume Alex Martin.