C'était jour de fête, jeudi, alors que le ministre de l'Agriculture Pierre Paradis, le vigneron Léon Courville, le député fédéral Denis Paradis et le député de Granby François Bonnardel (absent de la photo) célébraient l'arrivée des vins et alcools artisanaux du Québec en épicerie.

Vers l'avancement de l'industrie viticole

Si l'enthousiasme des consommateurs envers les vins québécois en épicerie est tel qu'espéré, un programme d'aide financière pourrait voir le jour, a laissé entendre jeudi le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Pierre Paradis.
Il y a une semaine entraient en épicerie et en dépanneur les vins et les alcools artisanaux québécois. Certaines grandes surfaces préparaient ce moment depuis des semaines. C'est donc sans surprise que les consommateurs peuvent déjà trouver plusieurs produits de vignobles et cidreries de la région sur certains étals.
C'est le cas du Metro Plouffe de Bromont qui a placé les vins d'ici bien en vue dans l'entrée pour les jours à venir et qui a préparé un espace spécial pour l'après-temps des Fêtes. 
C'est justement à cette épicerie que Léon Courville, vigneron et président de l'Association des vignerons de Brome-Missisquoi, recevait médias et confrères pour célébrer ce tournant. Les frères Pierre et Denis Paradis, députés de Brome-Missisquoi au provincial et au fédéral, ainsi que François Bonnardel, député de Granby qui a longtemps milité pour cette ouverture, étaient aussi de la fête.
« On a enfin un réseau qui va bien compléter, pense-t-on, nos autres modes de distribution, déclare M. Courville. La proximité avec le consommateur va être beaucoup plus facile dans un marché comme ici. »
« Les hésitations que plusieurs d'entre nous avaient pour prendre de l'expansion, pour planter d'avantage de vignes [risquent de s'estomper]. Je pense qu'on va enfin avoir une raison de [passer à l'action] et donner un coup de pouce à l'industrie pour qu'elle devienne plus grosse. On est encore tout petit comparativement aux autres provinces. »
Au Canada, on retrouve des vignobles en Colombie-Britannique (vallée de l'Okanagan), en Ontario (Niagara), en Nouvelle-Écosse et au Québec.
Les consommateurs peuvent déjà trouver plusieurs produits de vignobles et cidreries de la région dans certains étals d'épicerie.
Subvention à la plantation
Le programme d'aide gouvernementale dont a parlé le ministre Pierre Paradis concerne justement la plantation de nouvelles vignes pour assurer une augmentation de la production.
« On a un programme de replantation de pommiers, explique en entrevue M. Paradis. Il est appliqué beaucoup dans la région. On pourrait s'en inspirer pour mettre sur pied un programme de plantation de vignes. À partir du moment où le produit est accessible à plus de consommateurs, la demande va augmenter. La mesure qu'on a mis en place pour les pommes est généralement bien acceptée, on peut s'en inspirer largement pour les vignes. »
Ce programme devrait voir le jour rapidement si les Québécois « votent avec leur porte-feuille », croit-il, puisqu'une vigne devient productive après quelques années et qu'il faudra que les vignobles répondent à la demande le plus rapidement possible.
« J'ai l'impression qu'au prochain budget je vais être en demande auprès de mon collègue ministre des Finances [Carlos Leitão] qui, lui-même, était au lancement des vins québécois dans le comté de Huntington il y a trois jours. Il devrait être sensible. »
Cette aide devrait être bienvenue chez les viticulteurs. Ceux de Brome-Missisquoi produisent d'ailleurs 70 % des vins québécois, selon Léon Courville. La deuxième région d'importance est la Montérégie, dont Rougemont fait notamment partie. 
« Les effets économiques de la présence de la viticulture sont importants dans la région, note le vigneron. Dans mon cas, avant que j'aie de la vigne, c'est un gars qui venait faire du foin, ça lui prenait d'une demi-journée à une journée par année avec son tracteur. Aujourd'hui, il y a 13 équivalents (travaillant à) temps plein sur le même lopin de terre. Ça vous montre l'importance des retombées économiques. »
Arbitrage interministériel
Plusieurs événements du genre ont été organisés au Québec à la demande du premier ministre Philippe Couillard puisqu'il est fier du résultat, confirme Pierre Paradis.
« C'est un projet de loi laborieux dans la machine administrative et ça nécessite un arbitrage interministériel, confie le député. C'est M. Couillard qui a effectué l'arbitrage. »
La collaboration de tous les intervenants et des partis d'opposition a aussi fait avancer le projet, assure-t-il.
François Bonnardel, député de Granby et leader parlementaire de la CAQ, était d'ailleurs de ceux qui ont incité le gouvernement à adopter un tel projet de loi. Il avait même présenté sa propre version de projet de loi quelques jours avant le gouvernement Couillard.
« Aujourd'hui, je pense qu'on a démontré qu'en travaillant main dans la main avec le ministère des Finances, la SAQ, l'association des vignerons, l'opposition, on est capable de faire avancer un dossier qui traînait depuis tellement longtemps, a-t-il commenté, heureux de voir que les détaillants étaient prêts eux aussi. C'est une belle victoire. »