Audrey Quintal projette de démarrer une production de spiruline artisanale à Lac-Brome. Une culture qui demeure méconnue au Québec.

Vers de la spiruline artisanale locale

Convaincue des bienfaits de la spiruline, une Suttonnaise a entrepris des démarches pour produire de façon artisanale cette microalgue spiralée. Une culture qui demeure méconnue, voire inexistante au Québec, affirme Audrey Quintal.

« Au Québec, la spiruline est surtout utilisée comme complément alimentaire, sous forme de capsules ou de comprimés. Mon projet s’inspire de producteurs français qui, eux, ont développé une culture artisanale de la spiruline et en font plus la promotion comme un aliment, quelque chose qu’on intègre à l’alimentation, par exemple en la réhydratant et en l’ajoutant à des sauces, des vinaigrettes, des smoothies », explique la jeune entrepreneure.

C’est lors d’un voyage réalisé il y a quelques années que cette horticultrice, qui a travaillé en maraîchage bio, a eu le déclic pour cette culture encore inusitée dans la Belle province. Sa route a croisé un couple de producteurs français qui ont su lui transmettre leur passion pour la spiruline, qualifiée de super aliment notamment pour son apport en énergie ainsi que sa haute teneur en protéines, en fer et en vitamines.

« Ça donne un boost à l’organisme. Ça renforce le système immunitaire. Ça donne de l’énergie. Ça pallie aux carences nutritionnelles. C’est bon pour l’endurance physique des sportifs », lance Audrey Quintal.

L’UNESCO aurait même cité la spiruline comme « l’aliment idéal et le plus complet de demain ».

En France, quelque 200 producteurs de spiruline artisanale sont réunis sous une fédération des spiruliniers. Leurs méthodes de production se différencient de celles des productions industrielles. L’étape du séchage, en particulier, est effectuée à basse température lors de la production artisanale. Ce qui permet de conserver davantage les propriétés et favorise un goût et une odeur plus douce, explique la productrice en devenir.

Opportunité

L’idée de démarrer sa propre production de spiruline trottait ainsi dans la tête d’Audrey Quintal depuis longtemps. Le projet s’est précisé au cours des derniers mois, alors qu’elle s’est établie dans la région, est devenue maman et a eu l’opportunité de louer une serre sur la terre familiale à Lac-Brome.

Car c’est en serre que la production de spiruline sera réalisée, entre les mois de mai et d’octobre.

Audrey Quintal a entrepris des démarches avec le programme de Soutien aux travailleurs autonomes. Elle élabore son plan d’affaires et sera en recherche de financement. Mais, question de se « faire la main », elle a déjà démarré une production test dans un premier bassin d’eau chaude et alcaline. Ses installations et équipements seront bonifiés au cours des prochains mois. « Les démarches sont un peu plus longues parce que je cherche le matériel équivalent ici », dit-elle.

Une fois atteinte la concentration recherchée de microalgues dans l’eau, la spiruline doit notamment être filtrée, pressée, réduite en petits spaghettis et séchée.

Si tout se déroule comme prévu, la commercialisation pourrait débuter au printemps 2020. C’est sous forme de petites paillettes déshydratées, en format de 100 grammes, que la spiruline sera offerte.

Audrey Quintal affirme que, pour l’heure, l’investissement nécessaire à son projet demeure malgré tout limité. Si la réponse des consommateurs est favorable, les coûts de démarrage pourraient être rentabilisés rapidement. Le défi, dit-elle, sera néanmoins d’aménager ses installations pour l’hiver.

Projets

Mais l’entrepreneure ne se leurre pas. Elle sait qu’il y a aussi un gros travail d’éducation à faire. La spiruline demeure méconnue.

C’est pourquoi elle souhaite entre autres aller à la rencontre des gens dans les marchés fermiers pour faire connaître son produit. Des boutiques de produits naturels ont aussi démontré de l’intérêt à l’offrir à leur clientèle, dit celle qui prévoit aussi démarrer une boutique en ligne.

Audrey Quintal souhaite par ailleurs que d’autres producteurs démontrent de l’intérêt pour cette culture « écologique et complémentaire au maraîchage biologique ». Qui sait, à moyen et long terme, elle pourrait même éventuellement offrir des formations en la matière.

À court terme, la jeune femme poursuit cependant son travail de recherche et développement. Elle affirme notamment être épaulée par un mentor en France. Elle se rendra d’ailleurs dans l’Hexagone en janvier pour y suivre des formations.