Véronique Piquette aura finalement droit à l'allocation pour enfant lourdement handicapé afin de subvenir aux besoins de son petit Milann. Le duo est en compagnie du député de Granby, François Bonnardel.

Véronique Piquette remporte son combat

Le cri du coeur de Véronique Piquette a été entendu à Québec. Après des mois passés à se battre pour avoir droit à l'allocation spéciale pour enfant lourdement handicapé dans le but de subvenir aux besoins de son petit Milann, la jeune femme a finalement eu gain de cause.
La Voix de l'Est a appris que Retraite Québec a fait volte-face concernant sa décision de refuser la demande d'aide financière de la jeune Granbyenne. Véronique Piquette en a été informée mardi. 
« Je ne sais plus trop comment réagir, a-t-elle lancé au bout du fil. Ça fait tellement longtemps que je me bats pour qu'on reconnaisse que notre famille a besoin d'aide. D'un autre côté, je faisais aussi tout ça pour les autres qui ont des droits non reconnus. [...] Je ne sais pas si ce que j'ai fait aura permis d'ouvrir les yeux des gens au gouvernement. Mais si c'est le cas, tant mieux. »
Le petit Milann Dubois, qui soufflera bientôt ses six bougies, monopolise la presque totalité de l'agenda de sa mère depuis sa naissance. La jeune trentenaire doit s'astreindre à une gymnastique qui tient presque de l'exploit pour boucler ses journées. « Milann ne peut pas s'habiller seul. Je dois aussi lui donner plusieurs médicaments avant de le faire manger, avait-elle déjà confié au journal. [...] Sans compter qu'on ne peut pas le laisser sans surveillance une minute parce qu'il n'a pas conscience du danger et qu'il ne parle pas. C'est définitivement un enfant adorable, mais qui a des besoins énormes. »
Stupéfaction
C'est avec stupéfaction que Véronique­ Piquette et son conjoint Daniel Dubois avaient accueilli le rejet par Québec de la demande initiale d'allocation mensuelle de 950 $ pour enfants aux lourds handicaps. 
« Nous reconnaissons que Milann est limité dans la réalisation de ses habitudes de vie. Toutefois, sa situation ne correspond pas à celle d'un enfant qui présente un trouble désigné des fonctions mentales, soit une déficience intellectuelle sévère ou profonde, soit un trouble du spectre de l'autisme associé à une déficience intellectuelle et à un trouble grave du comportement », indiquait la Directrice du Soutien aux enfants, Andrée Bérubé, dans une lettre datée du 17 février. 
Or, dans une missive ratifiée le 5 mai 2016, le pédopsychiatre Martin­ St-André, qui évolue au CHU Sainte-Justine, émettait le diagnostic selon lequel Milann a entre autres un « retard global de dévelop­pement chez [un] enfant avec trisomie 21 », un « trouble de l'attention avec hyperactivité (TDAH), un « trouble du spectre de l'autisme (TSA) avec atteinte intellectuelle », un « trouble du sommeil », une « atteinte fonctionnelle marquée » puis de « nombreuses conditions médicales associées ». La demande de révision de la décision, demandée par Véronique Pichette, avait également été vaine. 
Soulagement
Le responsable des communications chez Retraite Québec, Frédéric­ Lizotte, a refusé de confirmer si le dossier de Milann Dubois était accepté, arguant « ne pas avoir accès aux dossiers des clients ». 
De son côté, le député de Granby­, François Bonnardel­, qui a porté le dossier à Québec­, espère que le combat de Véronique­ Piquette sera source de changements. « J'ai parlé au ministre de l'Éducation [NDLR : et de la Famille, Sébastien­ Proulx] aujourd'hui [mardi]. Il m'a confirmé que la décision a été revue. J'ose croire que les fonctionnaires vont revoir leur modus operandi, les règlements qui sont appliqués en ayant un aspect plus humain. »