Comme le dossier ne semble pas avoir connu de développement depuis août, l’animosité était palpable de la part de certains citoyens présents.

Vente d'un parc de maisons mobiles: les résidents toujours plongés dans l’incertitude

Une quinzaine d’Abbotsfordiens ne digèrent toujours pas la vente des terrains sur lesquels se trouvent leurs maisons mobiles à leur voisin NRC Industries, qui pourrait décider de les expulser d’ici quelques mois. Ils ont, une seconde fois, partagé leur mécontentement et leurs inquiétudes devant le conseil municipal, mardi soir.

Rappelons qu’en juillet, les terrains accueillant le parc de maisons mobiles ont été vendus à NRC Industries. Celle-ci a ensuite informé les propriétaires des 29 résidences qu’ils pourraient être évincés pour permettre à l’entreprise de croître, mais on ignore pour l’instant quand cela pourrait se produire.

Si cette éventualité se concrétise, les locataires des terrains recevront un avis d’éviction avec un délai minimal de six mois pour quitter. Gestion Norayco, la société soeur de NRC Industries, s’engageait également à verser une indemnité aux éventuels évincés.

En août, une poignée de citoyens s’étaient présentés au conseil municipal afin de dénoncer le manque d’informations leur étant transmises par NRC Industries et par la municipalité. La perspective de devoir quitter les lieux, sans compter la perte de la valeur de leur maison qu’il sera difficile de relocaliser, est une épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes, ont fait valoir certains résidents.

« C’est une transaction privée et la municipalité ne peut pas intervenir dans celle-ci, avait alors nuancé le maire Robert Vyncke, qui s’était montré compatissant avec les citoyens. On ne peut qu’exiger le respect des règles du jeu. La municipalité a une obligation morale de veiller à ce que ça se passe bien pour les citoyens. »

Visiblement en colère et gonflé à bloc, Luc Lagimonière s’est présenté au lutrin comme le «sans-abri de Saint-Paul-d’Abbotsford», une situation dont il tient la municipalité responsable.

Animosité

C’est un scénario similaire qui s’est reproduit mardi soir. Or, comme le dossier ne semble pas avoir connu de développement depuis août, l’animosité était palpable de la part de certains citoyens présents.

Visiblement en colère et gonflé à bloc, Luc Lagimonière s’est présenté au lutrin comme le « sans-abri de Saint-Paul-d’Abbotsford », une situation dont il tient la municipalité responsable.

Le citoyen n’a pas mâché ses mots, utilisant plusieurs expressions potentiellement diffamatoires pour laisser entendre que ses voisins et lui-même avaient été victimes d’une connivence entre l’entreprise et le conseil municipal, qui à son avis avait volontairement maintenu les résidents dans l’ignorance au moment de procéder au changement de zonage du secteur pour le doter d’un usage commercial, et ce, afin de permettre à NRC Industries de les « mettre à la rue comme des minables ».

Le maire Robert Vyncke a vivement rejeté ce blâme. « Le travail du changement de zonage a été fait à livre ouvert », a-t-il rappelé, réitérant que le tout s’inscrivait dans la refonte globale des règlements de zonage de la municipalité.

« Je peux comprendre votre colère. On vous a entendu il y a quelques mois et mes paroles étaient des paroles de soutien. Mais on ne se laissera pas insulter de la sorte. Il n’y a eu aucun arrangement avec qui que ce soit dans cette affaire-là. On serait très mal venus de faire ça, ce serait illégal et surtout, ce n’est pas dans nos valeurs », a poursuivi l’élu.

M. Lagimonière ne s’est pas laissé démonter par cette rebuffade. « On est 29 familles. Parmi nos familles, il y a des jeunes enfants, des personnes âgées, des personnes malades. Certains pensent au suicide, sont en dépression ou font de l’anxiété. Moi, je ne dors que trois ou quatre heures par nuit à cause de ça. Je n’ai plus de fonds de pension. On n’a jamais été mis au courant de ce qui s’est passé dans notre dos ! Ça mérite un recours collectif ! » a-t-il ragé.

« On n’a rien fait dans le dos de personne, a rétorqué M. Vyncke. Si je me foutais réellement des citoyens comme vous le prétendez, je ne vous aurais pas laissé parler, surtout avec autant d’insultes. Je ne vous ai pas interrompu parce que j’ai du respect et de la compassion par rapport au drame que vous vivez. »

Exonération de taxes demandée

Très émue, Renée Fortin a ensuite pris la parole pour y aller d’une demande spéciale aux élus. « Comme nos propriétés n’ont plus de valeur, sans leur terrain, serait-ce possible de nous exonérer de la taxe foncière ? , a-t-elle plaidé. On ne sait pas ce qui nous attend... »

M. Vyncke s’est montré compatissant face à cette requête, mais a tout de même rappelé qu’il s’agit là d’une procédure complexe qui ne dépend pas que de la municipalité et qui a des implications légales. « Je vais commander au conseil de se pencher sur la situation. Si on peut vous venir en aide d’une façon ou d’une autre, on le fera », a-t-il répondu.

En fin de journée, l’avocat représentant Industries NRC dans cette affaire, Me Olivier Normandin, n’avait pas retourné l’appel logé à son bureau mercredi matin.