Le club de golf Inverness pourrait faire place à un projet de développement immobilier.

Vente du Club de golf Inverness: des citoyens accentuent la pression sur la Ville

Lac-Brome — Après avoir appris que le Club de golf Inverness, à Lac-Brome, sera fermé pour la saison estivale et que son avenir est menacé, un comité de citoyens s’organise pour éviter de voir l’espace transformé en développement immobilier. Le groupe a tenu une première consultation publique, dimanche matin, pour informer les citoyens des prochaines démarches qui pourraient être entreprises afin d’éviter la construction de nouvelles demeures à cet endroit.

Près de 150 personnes étaient ainsi réunies au club de la Bonne-Humeur, situé sur le chemin Mill à Lac-Brome, pour discuter de la question. Près de deux mois après que la Ville de Lac-Brome ait annoncé que le club de golf Inverness sera fermé la prochaine saison, les rumeurs vont bon train quant à l’avenir du terrain de dix-huit trous.

Les résidents des rues environnantes craignent que le propriétaire du club de golf, Marc Fontaine — ou un promoteur qui en ferait l’acquisition —, se prévale de son droit de transformer l’endroit en quartier résidentiel.

« Il y a urgence à agir, souligne le porte-parole du comité. Demain matin, ils peuvent déposer un plan de développement et nous prendre de court », souligne le porte-parole du comité de sauvegarde Inverness, Benoît Bourgon.

Le comité a déjà rencontré à deux reprises le maire Richard Burcombe depuis le début de l’année, et bien qu’il souligne la collaboration et l’écoute du premier magistrat de la Ville, le comité souhaite maintenant mobiliser davantage la population pour accentuer la pression sur le conseil municipal.

Encadrer le développement

Si les terrains sur lesquels se trouve le club de golf Inverness sont considérés comme des zones résidentielles et récréatives, le porte-parole du comité Benoît Bourgon estime qu’il s’agit d’une erreur commise à l’époque de sa construction.

« En 1987, la commission de la protection du territoire agricole a accordé le dézonage parce qu’il s’agissait d’en faire un golf. L’administration à l’époque aurait dû s’arrimer à la décision et limiter l’usage à un golf, mais ça n’a pas été fait puisque le zonage permet le résidentiel. »

« Plusieurs résidents ont investi beaucoup d’argent dans leur résidence du fait de leur emplacement près du golf, en pensant qu’il serait toujours là. Moi-même, je n’aurais peut-être pas acheté ma résidence sachant qu’une épée de Damoclès pend au-dessus de ma tête » souligne M. Bourgon.

Pour forcer l’actuel propriétaire ou un futur promoteur à écouter l’avis des résidents environnants, le comité aimerait que la Ville de Lac-Brome vote un plan d’aménagement d’ensemble (PAE) qui permettrait de mieux encadrer l’avenir de cet espace.

« Ce qu’on propose, c’est de copier ce qui s’est fait à Bolton. La Ville pourrait ainsi exiger que les terrains soient minimalement de 40 000 mètres carrés. Évidemment ce n’est pas vendable comme ça, mais en attendant ça forcerait la négociation à armes égales », explique Benoît Bourgon, dont le comité a fait appel aux services de l’avocat spécialisé en droit municipal Louis Beauregard.

Le comité de sauvegarde Inverness répète qu’il ne souhaite pas empêcher le propriétaire de vendre le terrain de golf ni de la diviser en lotissements. Selon M. Bourgon, les résidents seraient prêts à accepter un projet de développement immobilier si une lisière suffisante est sauvegardée à proximité de leur propriété.

Inquiétudes

La conseillère municipale du secteur, Lucy Gagnon, et le maire de Lac-Brome, Richard Burcombe, étaient présents à la rencontre dimanche matin pour écouter les inquiétudes des citoyens.

Malgré les appels des résidents présents et du comité, M. Burcombe a refusé de reconnaître « l’urgence de la situation » comme le répétaient les membres du comité.

« La Ville a déjà tous les outils en main. Si un promoteur dépose un plan, nous avons notre mot à dire sur tout, même le nombre de lumières dans les rues et l’espace entre eux. J’ai rencontré Marc Fontaine vendredi dernier et il m’a dit qu’il ignore s’il va vendre le terrain comme tel ou s’il va en faire un développement. Il n’y a pas de décision arrêtée » témoigne-t-il.

Du même souffle, M. Burcombe souligne que l’actuel propriétaire s’est engagé à entretenir le terrain de golf cet été pour éviter que son état se détériore. Même si le système d’arrosage sera vendu, le gazon devrait tout de même être coupé à 10 centimètres.

Richard Burcombe ne souhaitait pas répondre à la place des conseillers quant à la possibilité de voter une modification au zonage.