Le commerce appartenant à Simon Campeau avait fait l’objet d’une opération policière le 28 août.

Vente de cannabis: l’accusé pensait agir légalement

Le jeune homme arrêté en août dernier pour avoir ouvert une boutique de vente de cannabis rue Principale, à Granby, croyait agir en conformité avec la loi.

« Je pensais agir légalement », a déclaré Simon Campeau du box des accusés, vendredi, au palais de justice de Granby.

Détenu depuis deux mois, le Granbyen de 22 ans a plaidé coupable aux accusations de vente et de possession de cannabis dans le but de vendre.

Témoignant lors des observations sur la peine, il a indiqué s’être fait miroiter que son commerce, le 710 CRC, lui permettrait de renflouer ses finances. Un document juridique lui ayant été remis stipulait d’ailleurs que l’entreprise était légale.

Pensée magique

Malheureusement, ce n’était pas le cas et l’endroit a fait l’objet d’une descente policière, le 28 août. Les agents ont alors mis la main sur près de 957 grammes de cannabis sous diverses formes incluant feuilles séchées, résine, bonbons, mélange à gâteau, gélules, graines et huile.

« M. Campeau a fait preuve de pensée magique ou d’aveuglement volontaire », a soutenu Me Simon Lacoste, du directeur des poursuites criminelles et pénales.

Le procureur a rappelé qu’à son arrestation, l’accusé était en attente de sentence pour des infractions similaires.

« Après sa première accusation, il aurait dû se tenir aussi loin que possible de cette substance, mais le message n’est pas passé », a dit Me Lacoste, qui recommande une peine de 15 à 18 mois de prison.

« Il ne faut pas banaliser le trafic de drogue, même si le cannabis est une drogue “douce” et légale sous certaines conditions. »

Changer son avenir

À la défense, Me Nathalie Roy a mentionné que son client avait amorcé une réhabilitation en détention et qu’il veut « changer son avenir ».

« Ce n’est pas une personne criminalisée, il a cessé de consommer du cannabis et ne veut pas recommencer. »

M. Campeau a également connu un séjour éprouvant en prison et « il ne veut pas y retourner ». Il est aussi très jeune, a rapidement fait des aveux, exprimé des remords et n’a pas d’antécédent judiciaire.

Pour ces raisons, Me Roy suggère une peine de 90 jours de prison à purger de façon discontinue ainsi qu’une probation de trois ans assortie de plusieurs interdictions. Dont celle, évidemment, de se tenir loin du cannabis et des personnes qui en consomment.

La juge Julie Beauchesne, de la Cour du Québec, doit rendre sa sentence en novembre.