Outre l'oval de 250 mètres, le vaste bâtiment projeté à Bromont regrouperait notamment une salle multifonctionnelle ainsi que des gymnases omnisports.

Vélodrome couvert: Bromont en tête de peloton

Alors que trois projets de vélodrome intérieur rivalisent au Québec, celui de Bromont est bien positionné pour franchir le fil d'arrivée devant ses concurrents montréalais et trifluvien.
Le directeur général du Centre national, Nicolas Legault
Sans vouloir pêcher par excès de confiance, le directeur général du Centre national de cyclisme de Bromont (CNCB), Nicolas Legault, estime que le projet de longue haleine est « plus que jamais » en voie de se concrétiser. « On a fait nos devoirs au cours des derniers mois pour bonifier notre projet. On a des signaux très positifs de la communauté, des athlètes et du gouvernement, a-t-il indiqué. Les astres semblent vraiment bien alignés. » 
À l'origine, les coûts pour couvrir l'ovale de Bromont étaient estimés à 5,2 millions. La version finale du projet, datant de la semaine dernière, a porté le budget à environ 8 millions. 
« Le projet est de plus grande envergure parce qu'il cadre mieux avec la réalité de la région, a fait valoir le dirigeant du CNCB. En couvrant notre vélodrome, on veut faire un complexe qui répond à l'ensemble des besoins des générations représentées à Bromont, en plus de permettre aux athlètes québécois en cyclisme de se développer. » 
Ainsi, en plus de l'ovale de 250 mètres, deux gymnases omnisports (racquetball et badminton, entre autres), une piste d'athlétisme de 200 mètres ainsi qu'une section pour la pratique du BMX seraient notamment aménagées dans le vaste bâtiment. La construction d'une salle multifonctionnelle est aussi prévue. L'immeuble pourrait accueillir 1200 personnes, dont 660 aux abords du vélodrome. Le but est d'y tenir des foires commerciales ainsi que des événements communautaires. Le CNCB voudrait également y rapatrier ses bureaux de même que ceux d'entraîneurs élite de la Fédération québécoise des sports cyclistes (FQSC) et de Cyclisme Canada. « Ça va devenir le pôle d'excellence », a imagé Nicolas Legault. 
Une étude de marché, réalisée par la firme DAA Stratégies, fait état que l'arrivée du vélodrome intérieur à Bromont engendrerait des retombées économiques annuelles avoisinant 2,5 millions de dollars dans la région, a indiqué M. Legault. L'ajout de ces infrastructures permettrait d'ajouter une dizaine d'emplois à temps plein aux 43 postes créés par l'organisation depuis cinq ans.
Multiples appuis
Jusqu'ici, le parcours du projet de vélodrome porté par le CNCB a été parsemé d'embûches. Québec a refusé en février 2016 sa demande de subvention de 2,6 M$ auprès du ministère de l'Éducation, dans le cadre du Programme de soutien aux installations sportives et récréatives - phase III. La quatrième mouture du programme, qui doit être lancée sous peu, disposera d'une enveloppe de 100 millions, le double de la précédente. Le Centre national devrait déposer une requête d'aide financière de l'ordre de 2 millions. 
Bien que « rien ne soit joué », Bromont a déjà une longueur d'avance sur ses concurrents, a mentionné à La Voix de l'Est le directeur général de la FQSC, Louis Barbeau. Ce dernier et Pierre Lafontaine, chef de la direction de Cyclisme Canada, ont rencontré début février de hauts fonctionnaires pour réitérer qu'il est incontournable que le Québec se dote d'un vélodrome intérieur d'envergure internationale. 
Les projets de Montréal, Trois-Rivières et Bromont ont alors été présentés au directeur du Fonds pour le développement du sport et de l'activité physique, Normand Fauchon, au sous-ministre adjoint aux Sports, Robert Bédard et au conseiller en sport, Albert Marier. Les trois hommes ont alors fait valoir que Bromont est en position de tête. « [Les représentants du gouvernement] nous ont dit que le projet qui les intéresse le plus, qui a le plus de chances de succès et qu'ils veulent prioriser, c'est Bromont. Le premier critère qui a été pris en compte est le coût. Le second est l'implication du milieu. Le fait que les infrastructures existent déjà là-bas pèse aussi dans la balance. (...) Et il ne fait pas oublier que Québec a déjà mis 1,9 M$ [dans le centre national] en 2001, alors ça s'inscrit dans une continuité. »
Rappelons que le plus récent budget pour le projet montréalais était de l'ordre de 20 millions $, alors que la construction d'un vélodrome couvert à Trois-Rivières, une idée lancée par l'ingénieur Michel Jean au printemps 2016, nécessiterait l'injection de 8 à 12 millions. 
Moment charnière
Les jours à venir seront cruciaux pour la progression du projet de vélodrome bromontois. Le plan d'affaires final a été présenté aux élus municipaux il y a quelques jours. La Ville s'était engagée à soutenir l'initiative à hauteur d'un million. Le CNCB souhaite que ce montant soit doublé (23% du budget global). Les élus devront trancher, lundi. Un point en ce sens sera à l'ordre du jour de la séance ordinaire du conseil, nous a-t-on confirmé. 
Cette décision aura un effet domino sur la suite des choses, a illustré Louis Barbeau. « Compte tenu de l'avancement du dossier et des indications que le gouvernement du Québec nous a données, à ce stade-ci, si la Ville s'engage à soutenir financièrement le projet du Centre national, la [FQSC] va le supporter en tant que projet prioritaire », a-t-il fait valoir. 
Selon M. Barbeau, si tout se déroule rondement, le rêve qui s'est évanoui il y a 27 ans avec la démolition du vélodrome de Montréal pourrait devenir réalité à Bromont « d'ici le printemps 2019 ».