L’autopartage, le covoiturage et le transport à la demande sont quelques-unes des options préconisées dans le projet de mobilité durable, a indiqué le directeur général adjoint à la MRC Brome-Missisquoi, Francis Dorion.
L’autopartage, le covoiturage et le transport à la demande sont quelques-unes des options préconisées dans le projet de mobilité durable, a indiqué le directeur général adjoint à la MRC Brome-Missisquoi, Francis Dorion.

Vaste projet de mobilité durable dans la région

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
Les résidents et visiteurs de la MRC Brome-Missisquoi et de la région auront bientôt accès à une panoplie de moyens de transport, notamment l’autopartage et le covoiturage. Si tout se déroule comme prévu, cette vaste gamme de services sera disponible d’ici le début de 2021, via une plateforme numérique unique.

Bromont a instauré ce projet de mobilité durable et demeure en tête de peloton pour son déploiement.

«Quand on parle de pénurie de main-d’oeuvre, le transport est la pierre angulaire pour attirer les gens. Il y a aussi les touristes qui veulent se déplacer dans notre municipalité et dans les villes avoisinantes sans prendre leur voiture. On mise aussi sur la mobilité durable pour réduire la production de gaz à effet de serre. Bromont ne peut pas passer à côté de ça. C’est un rendez-vous qu’il ne faut pas manquer», a indiqué en entrevue le maire de Bromont, Louis Villeneuve.

En plus de mettre en place de nouveaux services, tant Bromont que la MRC Brome-Missisquoi se doteront d’une plateforme qui regroupera l’ensemble de l’offre dans tout le réseau. Ce virage technologique simplifiera grandement la gestion des opérations en matière de transport, notamment en ce qui a trait à la réservation, la répartition et la facturation des services.

«On doit arriver au 21e siècle. Actuellement, tout est fait manuellement», a fait valoir le directeur général adjoint à la MRC, Francis Dorion.

Simplicité

L’objectif premier du projet demeure de s’assurer de répondre aux besoins des usagers et de leur simplifier la tâche, a mentionné M. Dorion. «On veut que les différents services soient interconnectés.»

À titre d’exemple, un utilisateur du transport collectif de la MRC Brome-Missisquoi et un autobus de Limocar doit actuellement faire deux réservations séparément. «C’est fastidieux. On doit créer un pont», a dit M. Dorion.

Bromont et la MRC ont fait appel au consultant Pierre Vinet pour dénicher la meilleure interface, qui se veut un agrégateur, et évaluer les options de mobilité durable à préconiser. Le lancement d’un appel d’offres pour le développement du logiciel est imminent, a spécifié Francis Dorion.

«Au plus tard, d’ici l’automne, on devrait accorder le contrat à une firme spécialisée.» La plateforme devrait être en vigueur «vers la fin de 2020».

Projet régional

En plus de Brome-Missisquoi, plusieurs autres MRC sont impliquées dans le projet d’interface numérique de mobilité: celles de la Haute-Yamaska, de Coaticook, du Haut-Saint-François, Memphrémagog et des Sources. Les MRC du Granit et du Val-Saint-François pourraient se greffer sous peu, a souligné le DG adjoint.

«On veut utiliser toute la force du réseau de transport existant en Estrie, en plus de le bonifier. C’est un projet d’envergure qui permettra à la région en entier de se démarquer», a fait valoir M. Dorion.

Jumelages

Le réseau de transport collectif existant sera en quelque sorte la colonne vertébrale du projet, auquel se grefferont plusieurs modes de transport alternatifs: les principaux sont le covoiturage, l’autopartage et le transport à la demande.

«On a besoin d’un panier de services. On ne peut pas réussir avec une seule flèche dans le carquois», a imagé Pierre Vinet. Faire les bons choix pour répondre aux besoins de la clientèle et assurer la viabilité de chaque portion de l’initiative globale demeure toutefois un défi de taille, a-t-il concédé.

La modernisation du transport rémunéré de personnes, via le projet de loi 17 qui doit entrer en vigueur à l’automne 2020, devrait ouvrir un «éventail de possibilités», a indiqué le consultant. Le jumelage du transport de biens et de personnes est une piste à envisager, selon M. Vinet.

«Si on a une infrastructure de transport collectif, peut-être que ce serait intéressant d’examiner cette option. Ça permettrait d’avoir une certaine rentabilité en région», a-t-il dit, faisant le parallèle avec le service de livraison Uber Eats.

Les joueurs dans le créneau du transport à la demande devraient aussi en bénéficier. «On pourra alors prendre les gens chez eux et les amener au stationnement incitatif à Bromont», a cité en exemple le consultant, précisant que ces navettes seraient principalement en activité durant les heures de pointe.

Il n’est toutefois pas question de mettre de côté les trois compagnies de taxi qui desservent le territoire de Brome-Missisquoi, a spécifié Francis Dorion.

Par ailleurs, les autres transporteurs privés devraient être accrédités par Québec. Le suivi de l’entretien des véhicules serait aussi très strict. «La sécurité des usagers ne sera jamais laissée au hasard», a dit M. le DG adjoint.

Autopartage et covoiturage

Jusqu’ici, l’autopartage a fait surtout ses preuves dans un contexte urbain. Pierre Vinet est d’avis que cette option peut être viable en région. Il préconise l’approche de la plateforme Turo.

«L’idée, c’est d’investir le moins possible en utilisant les véhicules des citoyens déjà répartis sur le territoire. On sait qu’en moyenne, une automobile est inactive 95% du temps. Durant cette période, les gens peuvent inscrire leur voiture sur la plateforme et elle trouvera preneur.»

Le covoiturage est une piste de solution pour contrer la pénurie de main-d’oeuvre, notamment dans les endroits regroupant plusieurs entreprises. Le parc scientifique de Bromont est un bon exemple, a mentionné Pierre Vinet.

«Des compagnies comme GE Aviation, IBM et plusieurs autres ont tout intérêt à travailler ensemble plutôt qu’en silo pour amener des travailleurs chez eux. C’est exactement ce que le covoiturage bien structuré peut faire.»