La municipalité de Frelishgburg souhaite créer un poste de directeur général adjoint, pour appuyer sa directrice générale actuelle, indique le maire Jean Lévesque.

Valse des directeurs généraux dans la région

La région comptera d’ici quelques semaines plusieurs nouveaux directeurs généraux. Alors que certains quittent pour la retraite, d’autres ont choisi de se séparer à l’amiable de la municipalité qui les embauchait. Mais dénicher le gestionnaire idéal n’est pas une mince affaire.

La semaine dernière, La Voix de l’Est rapportait que Sainte-Cécile-de-Milton était de retour en mode recrutement, sept semaines après avoir embauché Richard Constantineau à la direction générale. Arrivé en poste le 1er octobre dernier, celui-ci était le cinquième à occuper la fonction au cours des quatre dernières années, sans compter ceux qui ont assuré l’intérim. Une mésentente sur les méthodes de travail entre M. Constantineau et le maire Paul Sarrazin explique ce départ subit.

Une vision divergente de la manière dont la municipalité doit être administrée ainsi qu’un manque de confiance réciproque sont aussi ce qui a mené au départ du directeur général de Farnham, François Giasson, en septembre dernier. Une entente à l’amiable confidentielle a marqué la fin d’emploi du directeur général en date du 14 septembre dernier. Farnham a reçu une cinquantaine de candidatures pour le remplacer, ce qui réjouit le maire Patrick Melchior. « Tout le monde veut venir à Farnham ! » lance l’élu, qui croit être en mesure d’embaucher quelqu’un sous peu.

La bonne entente est « essentielle » entre un directeur général et le conseil municipal, particulièrement avec son maire, estime le directeur général de l’Association des directeurs généraux des municipalités du Québec, Jean Matte. « Ça a une incidence directe sur l’efficacité, la coordination et l’avancement des dossiers municipaux », croit-il.

« Je crois qu’un maire et son directeur général doivent être comme les deux doigts de la main, croit pour sa part Guy Gravel, maire d’Abercorn. Comme je ne suis pas toujours présent à la municipalité, mon directeur général agit comme les yeux et les oreilles du conseil municipal. »

L’image correspond plus ou moins au rôle du premier fonctionnaire d’une ville. « En réalité, le directeur général a pour rôle de mettre en place les projets décidés par le conseil municipal, et ce, dans le respect des lois. Il doit aussi veiller à l’application des règlements adoptés par les élus », indique M. Matte.

Le directeur général peut toutefois y aller de ses propres initiatives. La latitude accordée au premier fonctionnaire d’une municipalité dépend de la taille de celle-ci et du conseil municipal, nuance M. Matte. « Plus une municipalité est grande, plus les projets sont complexes. À ce moment-là, il est possible que le conseil donne plus de latitude à sa direction générale. N’oublions pas que dans les petites municipalités, les directeurs généraux occupent parfois les fonctions de trésorier et de secrétaire-greffier en plus. »

Assurer la relève

La municipalité d’Abercorn a récemment diffusé une offre d’emploi pour remplacer son directeur général actuel, Patrick Goineau, qui quittera ses fonctions à la fin de l’année.

« Comme nous sommes une petite municipalité, le poste de directeur général est à deux jours par semaine, précise le maire Guy Gravel. Maintenant, M. Goineau veut profiter pleinement de sa retraite. »

Son successeur, qui n’a pas encore été embauché, conservera le même horaire. « On étudie la possibilité de monter ça à trois jours, selon notre budget », poursuit l’élu, ajoutant qu’Abercorn était ouverte à partager son futur directeur général avec une autre municipalité aux besoins similaires.

C’est aussi pour remplacer sa directrice générale qui partira à la retraite à la fin décembre que la MRC de Rouville est en mode recrutement. Susie Dubois quittera ses fonctions au terme de son contrat de trois ans, mais pas avant qu’on ne lui ait trouvé un successeur. Bien que plusieurs candidatures aient été déposées, le conseil des maires n’a pas encore entériné d’embauche, a-t-elle fait valoir.

Pour sa part, la municipalité de Frelishgburg souhaite créer un poste de directeur général adjoint, dont l’offre d’emploi a été publiée dans les pages de La Voix de l’Est, la semaine dernière.

La personne qui sera embauchée soutiendra la directrice générale actuelle, Anne Pouleur, dans l’exercice de ses fonctions. Lorsque celle-ci prendra sa retraite, dans quelques années, la personne occupant le poste d’adjoint pourra prendre la relève, indique le maire Jean Lévesque, qui voit dans l’initiative une manière de préparer l’avenir. « On aura besoin de relève, mais pas immédiatement. Ce n’est pas problématique, mais on préfère être prêt afin de ne pas être mal pris au moment venu », reconnaît l’élu, ajoutant que la relation entre le conseil et la directrice générale est très cordiale.

Pas de parcours déterminé

Recruter la perle rare n’est toutefois pas une mince affaire, ajoute M. Lévesque. « Ce qui est difficile, c’est qu’il n’existe pas de formation spécifique pour devenir directeur général. La personne que l’on cherche doit avoir plusieurs compétences dans plusieurs domaines, reconnaît-il. Ce n’est pas évident de trouver quelqu’un. »

Il n’existe en effet aucun parcours déterminé pour devenir directeur général dans le secteur municipal, confirme Jean Matte. « La plupart de nos membres ont un diplôme universitaire, remarque-t-il toutefois. Auparavant, beaucoup d’ingénieurs et d’avocats devenaient directeurs généraux et, si on en voit encore aujourd’hui, on a remarqué que des gens diplômés en urbanisme, en administration ou même en loisirs accèdent à cette fonction. »

Plutôt qu’un diplôme, ce sont des qualités et des compétences qui feront d’une personne une bonne candidate pour devenir directeur général, croit le dg de l’ADGMQ. « Ça prend quelqu’un qui a beaucoup d’écoute, qui est dynamique et qui est à l’aise avec le travail d’équipe, énumère M. Matte. Aussi, ça prend une personne qui a à la fois du leadership et qui est capable de mobiliser ses collègues. »